Restauration d’une église des Templiers et Hospitaliers

restauration d'une église des Templiers et Hospitaliers

Bure-Les-Templiers : une entreprise spécialiste du patrimoine  pour restaurer un bâtiment emblématique d’une région

Interview de José Augusto, Chef de Chantiers de l’entreprise Girardet, le 23 10 2018 par BCB Tradical®

BCB : Dans quelles conditions êtes-vous intervenues sur cette restauration de Monument Historique ?

J Augusto : Nous sommes présents depuis 2011 sur les 3 tranches du chantier, sur des durées variables en fonction de la nature des travaux programmés. Il faut tenir compte que d’autres corps de métiers ont œuvré bien évidemment, ce qui a généré cette durée globale de 7 années de travaux. Pour notre part, la 1ère tranche s’est faite sur 3 à 4 mois, la 2ème sur presque une année et la 3ème tranche qui permet de livrer l’édifice complètement restauré s’est faite également sur une année environ.

 

BCB : Par quelle intervention avez-vous commencé ?

JA : Il était essentiel et logique de démarrer par la mise hors d’eau des murs de l’église. Le bâtiment a énormément souffert du fait que la route longeant l’ouvrage est maintenant au-dessus de la base des murs. Historiquement l’église a bien sûr été construite comme il se doit à une « altitude » supérieure à celle du passage la longeant. Mais celui-ci s’est trouvé rehaussé au fur et à mesure de ses réfections.

Donc on a mis en place un système de drain avec une cunette béton à 60 cm de profondeur et à 30 cm du mur, complété d’un remblaiement classique. L’objectif est de canaliser toute l’eau de ruissellement afin de la guider en dehors de l’assise de l’édifice. Cela va permettre une mise hors d’eau immédiate accompagné d’un assainissement progressif des murs. Dans cette phase, nous avons refait aussi les soubassements, avec de la chaux Tradical®.

 

BCB : Comment s’est déroulée la 2ème tranche qui concernait l’extérieur du bâtiment ?

JA : Avant tout, nous avons échafaudé la globalité de l’édifice, nef, toiture et clocher compris. Le tout jusqu’à 32 m de haut. Les couvreurs de notre entreprise ont procédé alors à la réfection complète de la toiture avec dépose des tuiles, mise à nu de la charpente. Il a fallu remplacer 10 à 15 % de chevrons défectueux. Ils ont utilisé des pièces en chêne pour rester en cohérence avec les bois d’origine.

 

BCB : D’ailleurs, la toiture a été fortement reconfigurée !

JA : En effet, suivant le projet de l’architecte du patrimoine, nous avons redonné sa forme initiale à la toiture. Avant réfection, elle englobait la nef et le collatéral nord, modifiant  conséquemment la forme générale du corps principal faisait penser à un toit de bâtiment agricole ou de grosse bâtisse. Maintenant, la toiture principale ne recouvre que la nef, l’ouvrage est plus dynamique. D’ailleurs, nous avons retrouvé lors du démontage des traces des anciens solins, confirmant en cela le choix de l’architecte.

Donc, les tuiles en bon état ont été reposées. Certaines défectueuses ou cassées ont été remplacées par des tuiles de réemploi de caractéristiques équivalentes. Ici de toute façon, il s’agit traditionnellement de la tuile plate de Bourgogne.

 

BCB : Pour la maçonnerie, vous avez également modifié l’état actuel !

JA : Nous avons au préalable déplacé les contreforts du collatéral, façade Nord. La demande de l’architecte du patrimoine était de redonner place à deux ouvertures initiales (XIè s.), amenant ainsi plus de clarté en intérieur. On a donc démonté ces contreforts de 1 m  x 60 cm, pierre par pierre en les numérotant. On a refait deux petites fondations pour leur nouvel emplacement. Puis nous avons procédé au remontage, en les maçonnant là aussi à la chaux Tradical® Bâtir.

 

BCB : Vous êtes restés sur une restauration classique pour les façades ?

JA : On a décroûté tous les joints. Certaines pierres furent remplacées. Puis nous avons fait un rejointoiement complet de l’ouvrage. Aussi bien pour le cœur à chevet plat que pour le clocher, le collatéral et le porche. Avec en complément l’application d’une eau forte à la chaux aérienne Tradical® H98 + ocre jaune. Ce qui a permis d’uniformiser  le rendu final à l’échelle du bâtiment. Nous avons à chaque fois fait des échantillons de couleur de joint et d’eau forte sur des surfaces d’un mètre carré afin que l’architecte du patrimoine puisse se rendre compte au mieux de l’impact des propositions et faire le choix du rendu le plus approprié.

badigeon de chaux en eau forte pour les façades

Détail du rejointoiement à la chaux

badigeon de chaux en eau forte pour les façades

badigeon de chaux en eau forte pour homogénéiser le rendu des façades

BCB : la 3ème phase elle, ne concernait que l’intérieur

JA : Oui, et là il y a eu l’intervention préalable d’une entreprise spécialisée pour faire des sondages relatifs aux matériaux, traces de couleurs et de décor : filets pour dessiner un appareillage de pierre (14è s.), décor de feuilles de laurier qui devait être présent sur toutes les ogives…L’objectif étant que l’architecte du patrimoine puisse se prononcer sur l’époque à restituer. À partir de là nous avons pu échafauder l’intégralité de l’intérieur de l’église.

Restauration d'une église des Templiers et Hospitaliers

Restauration du choeur de l’église de Bure-les-Templiers

BCB : Quels modes opératoires furent décidés et pour quels supports ?

JA : Nous avons démarrés par les voûtes de la nef, en nettoyant les plâtres et surtout en les conservant le plus possible. L’ensemble a reçu un Tradical® Pont d’Adhérence, puis un badigeon de chaux aérienne Tradical®

Dans un deuxième temps, nous avons décroûté l’ensemble des enduits très détériorés des murs de la nef. L’électricien est intervenu ici pour le rainurage des saignées du nouveau réseau électrique de l’église. Puis nous avons pu faire un enduit traditionnel à la chaux aérienne. Pour uniformiser l’enduit neuf avec les parties conservés, nous avons badigeonné les supports avec une 1ère couche de lait de chaux aérienne, que nous avons laissée sécher.
Le but étant de gommer les différences d’absorption des supports, entre neufs et anciens conservés. Et de livrer pour la 2è couche de lait de chaux aérienne un support homogène dans son comportement. Gage d’une esthétique cohérente.

Puis ensuite nous avons traité le chœur suivant la même procédure.

Badigeon de chaux aérienne ocre jaune clair dans le collatéral

Badigeon de chaux aérienne ocre jaune clair dans le collatéral

BCB : Est-ce que ce type de réalisation est courant pour l’entreprise Girardet ?

JA : L’entreprise Girardet existe depuis 1984, fondée par Yves Girardet. Au départ il y avait 4 salariés, dans les années 2000, on était 20. Et l’entreprise Girardet est passée de la rénovation de maison à la restauration du patrimoine rural vers 2005.

Nous répondons à des appels d’offre pour la restauration de chapelles, de petites églises, dans un rayon de 90 km. Cela représente 30 à 40 % de notre activité. Nous avons une qualification patrimoine et nous avons en interne les compétences pour faire la couverture, la charpente, la zinguerie, la maçonnerie et la pierre de taille. Baptiste Girardet vient de succéder à son père pour continuer l’histoire de l’entreprise et œuvrer avec la même passion.

 

Fiche chantier

  • Localité : Bure-Les-Templiers (dpt 21-France)
  • Ouvrage restauré : Église Saint-Julien
  • Caractéristique du bâtiment : inscription par arrêté du 21 juin 1927, au titre des monuments historiques, Fiche Mérimée : PA00112165
  • MOA : commune de Bure-Les-Templiers
  • MOE : Dominique Jouffroy, architecte du patrimoine
  • Restauration maçonnerie / enduit / couverture : Entreprise Girardet – 21510 Etalante
  • Livraison : 2018

 

Les produits

  • Chaux Tradical® Bâtir + sable local : pour les enduits
  • Chaux Tradical® PZ : pour les soubassements
  • Chaux aérienne éteinte Tradical® H98 : pour les badigeons et eaux fortes

 

Pour aller plus loin

 

Pour toutes précisions

  • Contact Tradical®: Jean-Michel Sementery, Conseiller Technique, tél : 06 87 44 01 27
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