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Madriers et bétons de chanvre et chaux Tradical

Madriers et béton de chanvre

Gevimex développe l’utilisation du béton de Chanvre en Suisse, aussi bien en rénovation que dans le neuf et allie systématiquement la performance thermique de l’ouvrage à la valeur technique de l’ensemble des solutions retenues. Sans oublier le volet esthétique qui compte fondamentalement, car être au confort dans son intérieur s’avère être la partie tangible d’un projet réussi.

Visite chantier du Peneysen qui allie au procédé de construction classique de la Suisse le potentiel du béton de chanvre.

 

Interview de Gilles Pelat-Finet, Gevimex, par BCB, le 15 04 2020

 

BCB : Décrivez-nous ce projet…

Gevimex : La construction concerne un chalet en R+2 de 330 m², avec une desserte des étages par ascenseur. Et le principe constructif est celui du madrier. On n’est pas en ossature bois + remplissage. On est vraiment dans le montage des parois en plein avec un système de madriers de 12 cm d’épaisseur qui fait structure porteuse et parois principales constituant le volume du bâtiment.

 

BCB : Quel est le principe de construction en madrier ?

Gevimex : Le plan final détaille chaque pièce qui constitue l’ouvrage. Tout est découpé en atelier à partir de dessins sous Autocad. On peut dire qu’il s’agit d’une préfabrication.

Le jour J, l’ensemble a été amené sur site avec un semi-remorque avec grue. Le montage s’est fait en 2 jours (2 x 8 h), toiture comprise.

 

BCB : Vous précisez le jour J, quelle était la condition pour la mise en place ?

Gevimex : Le Rdc est en béton armé. Il constitue le socle sur lequel l’ensemble de la construction en madrier va reposer. Donc cette base doit être utilisable selon le timing habituel des ouvrages en béton armé. Et la dalle qui fait la jonction entre le Rdc et la partie R+1/R+2 est en encorbellement du mur béton du Rdc afin que le chalet soit à fleur de l’isolation Béton de Chanvre qui le recouvrira par l’extérieur.

 

BCB : Quelle différence entre ce type de construction et ce nous pratiquons en France avec nos ossature bois porteuses ?

Gevimex : En Suisse, le madrier est le principe de construction habituel. Donc sur ce support, on ajoute des isolants en intérieur en fonction de la performance thermique recherchée. Et puis un grand avantage, le madrier constitue la finition extérieure directement.

 

BCB : Pouvez-vous nous détailler ce qu’est un madrier ?

Gevimex : Le montage des parois verticales se fait par chevillage avec des chevilles en bois tous les 1 m 50. Les madriers font 18 cm ou 20 cm de hauteur selon l’emplacement par 12 cm d’épaisseur. Ils sont équarris avec un rainurage pour recevoir ces chevilles bois. Chaque pièce de madrier est conçue pour faire 20 kg, 40 kg ou 60 kg. De fait, tout se monte à la main, comme un lego.

 

Pour la toiture, on est sur des grands formats totalement différents. Panne faîtière de 17 m de long, pannes, poutres planchers…sont manipulées avec une grue. Ces dernières pièces font 16 cm d’épaisseur par 45 cm de haut, pour correspondre à l’épaisseur des planchers justement.

 

Autre aspect de la performance, les poutres des planchers sont mises en place à l’avancement des niveaux et fixées dans les madriers.

 

Tout le bois est séché en atelier avec un niveau d’hygrométrie de 22 %, point fondamental pour limiter les variations dimensionnelles. Pour un tel ouvrage elles sont de l’ordre de 1,2 à 1,4 cm. C’est à la fois peu et beaucoup pour ce qui concerne tous les ouvrants, toutes les jonctions par exemple.

 

« Le séchage du bois, il faut être très vigilant sur ce point »

 

BCB : Pourquoi les pièces de bois de la toiture sont si imposantes ?

Gevimex : La toiture joue un rôle essentiel pour préserver les ouvrages. En hiver, on peut avoir jusqu’à 1,5 m de neige au sol. Donc on a besoin d’une avancée de toiture de 1,8 à 2 m pour protéger l’édifice, y compris de la pluie.

 

« D’être hors d’eau et hors neige participe activement de la longévité des matériaux ».

 

BCB : Vous avez utilisé de très nombreuses solutions techniques, est-ce que vous pouvez nous donner les grandes lignes du déroulé ?

Gevimex :

  1. Rdc en béton comme évoqué
  2. Montage des Madriers
  3. Pose des fenêtres sur mesure en châtaigniers. À noter qu’il faut façonner le dormant de la fenêtre avec 1 angle pour créer une embrasure à 30 °, ce qui augmente la quantité de lumière en éclairage naturel. Cette embrasure sert également de guide pour la projection du béton de chanvre.
  4. Contre les madriers des murs, pose de la laine de bois compressée en 12 cm d’épaisseur
  5. Projection mécanique du Béton de Chanvre Tradical® en application doublage intérieur, en 8 cm d’épaisseur, sur les 2 niveaux (avec un matériel Euromair).
  6. Projection du Béton de Chanvre Tradical® en extérieur sur le Rdc, en 14 cm d’épaisseur, une fois la toiture terminée.

 

Pour les phases 4 & 5, cette pose est faite avant la mise en place des cloisons de distribution.

Tant la laine de bois compressée que le béton de chanvre sont appliqués en continu pour avoir une isolation réellement répartie. Pas de fractionnement de l’ouvrage isolant, parce que c’est ainsi que l’on crée les ponts thermiques, source de perte d’efficacité.

 

« On a ici 500 m² de béton de chanvre en 8 cm d’épaisseur, uniquement sur les parois donnant sur l’extérieur ».

 

BCB : Pourquoi cette solution hybride madrier/laine de bois compressée/béton de chanvre ?

Gevimex : On apporte une partie de la résistance thermique avec la laine de bois ; on apporte l’autre partie avec le béton de chanvre qui en plus est tellement efficace pour neutraliser les variations de températures et réguler l’hygrométrie intérieur, source de confort et de qualité de l’air.. Techniquement, avec ce système global, j’évite la présence d’un pare-vapeur qui serait contre productif.

En complément de cette paroi type très performante, du fait du grand nombre de fenêtres, on peut fonctionner avec un renouvellement naturel de l’air. Pas de ventilation mécanique pour l’essentiel de l’ouvrage, sauf dans les parties WC, qui n’ont pas d’ouvrant.

 

« Sur ce chalet, on a un U global de 0,21 W/(m2.K) »

 

 

BCB : Est-ce qu’il n’y a pas une difficulté à gérer la liaison des composants de votre solution hybride ?

Gevimex : La jonction laine de bois compressée/madrier se fait avec un système de chevilles plastiques + vis à bois. La fixation entre la laine de bois compressée et le béton de chanvre se fait après la projection du béton de chanvre afin de ne pas entraver l’avancement ou générer des désordres. La fixation que j’utilise est gainée dans un PER pour isoler le clou et limiter le pont thermique. Donc tout est maîtrisé et avec du rendement.

Projection mécanique du Béton de Chanvre Tradical® en 8 cm d’épaisseur

BCB : Vous êtes également un spécialiste de solutions décoratives haut de gamme, et vous avez joué à plein cette carte dans ce projet…

Gevimex : on a mis en place du stucco vénitien dans les salles de bain, mais surtout on a utilisé un enduit mince à la chaux Tradical® Décor pour faire la finition sur le béton de chanvre Tradical®.

L’intérêt est qu’on peut le teinter dans la masse et superposer les 2 couches nécessaires assez rapidement, manuellement, panneau par panneau. Cet enduit naturel est totalement adapté pour recouvrir le béton de chanvre ayant une bonne qualité de planéité. Point essentiel également, sa parfaite compatibilité au niveau perméance…

On hérite de la longévité du matériau chaux aérienne et autre aspect non négligeable, on amène un contrepoint au bois par ce rendu « pierre »l. On crée une esthétique intérieure équilibré entre végétal et minéral. On rompt l’omniprésence du bois sur ce type de construction.

finition enduit à la chaux Tradical® Décor

La finition enduit à la chaux Tradical® Décor appliquée directement sur le béton de chanvre

enduit intérieur à la chaux Tradical® Décor

Tradical® Décor apporte sa minéralité en contrepoint de l’ambiance bois pour composer une esthétique enrichie

« On a ainsi défini des solutions pour faire vivre nos clients dans des ambiances extrêmement qualitatives ».

 

FICHE CHANTIER

  • Lieu : Château d’Oex / Suisse
  • Altitude : 1050 m
  • Durée du chantier : 15 mois
  • Date livraison : 2019
  • MOA : privée
  • MOE : Gevimex Trading S.A.: Gilles Pellat Finet et Laurence Aubert de Bournet Grand rue,7 – 1660 Château d’Oex – email : gevimex@gmail.com
Chalet en Suisse associant madriers et béton de chanvre

Chalet en Suisse associant madriers et béton de chanvre


Applications :

  • Doublage Béton de Chanvre Tradical® avec la chaux Tradical® Thermo + Chanvribat®
    • Intérieur en 8 cm d’épaisseur  sur les niveaux 1 et 2, et en 5 cm en Rdc
    • Extérieur en 14 cm d’épaisseur, sur le Rdc en béton armé
  • Tradical® Décor sur les 500 m² de Béton de Chanvre Tradical®, intérieur et extérieur en Rdc

 

Chauffage

  • Cheminée avec insert, avec prise d’air au nord.
  • Réglage des températures simplifié avec un thermostat par étage
  • Planchers frêne massif thermo chauffé

 

ECS

  • Panneaux solaires pour assurer 30 % de la consommation sanitaire.

 

Décoration sdb

  • Douche à l’italienne avec un receveur constitué d’un seul bloc de pierre usinée en 4 cm d’épaisseur avec la pente adaptée
  • Mur stucco vénitien

 

Éclairage global

  • Indirect, par LED avec une consommation réduite

 

Configuration générale

  • En plus des pièces à vivre, 5 chambres, 5 salles de bains, 1 cave, 1 garage 1 buanderie, 1 système de chauffage pompe à chaleur enterré sous le chalet.
  • Ascenseur pour desservir les niv 0, 1 et 2

 

 

Crédit photo et film : ©GEVIMEX Trading S.A.

 

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L'entreprise Roste en trois générations

Portrait express : entreprise Roste

Romain Roste a démarré en tant qu’apprentis dans l’entreprise de son père, qu’il a reprise pour devenir de facto le plus jeune chef d’entreprise à 22 ans, Bruno Roste (le père) en devenant salarié à 57 ans. Cela s’appelle PRÉVOIR et TRANSMETTRE. L’entreprise Roste en est ainsi à sa 3ème génération.  

 

Interview de Bruno et Romain Roste, entreprise Roste,  par BCB, le 10 04 2020
Dans les rôles principaux : Bruno le père, Romain le fils. 

 

Bruno Roste avait déjà son entreprise de maçonnerie très jeune. Il avait démarré son apprentissage à 15 ans et demi. Avec à la clé un CAP en 77, date d’ouverture du CFA Pont Ste Marie dans l’Aube. Avec comme ligne d’enseignement correspondant à son intérêt professionnel : le savoir-faire appliqué au patrimoine des particuliers.

 

BCB : Raconter nous l’évolution de l’entreprise Roste, qui est aussi une histoire de famille… 

Bruno Roste : Dans les années 70/75, la structure comprenait 3 personnes (1 dirigeant et 2 salariés)

À l’époque où mon père travaillait dans le bâtiment, lui aussi et pour la 1ère génération Roste, après la guerre, c’était le ciment qui était le matériau de tous les jours.

Quand j’ai pris la suite, nous avons évolué vers un autre type de marché avec des rénovations de maisons pans de bois par exemple, avec l’utilisation de briques à l’ancienne ; on réalise également des réagencements d’intérieur, des reprise en sous-œuvre…

 

« Notre crédo : travailler avec des produits authentiques »

Notre équipe s’est agrandie avec l’intégration d’un apprenti, parce que transmettre est essentiel. Et nous nous sommes orientés vers des chantiers de taille raisonnable pour pouvoir les gérer sans sous-traitance.

 

En ce moment, comme chantier type par exemple, nous rénovons une maison à Bar s/Seine avec réparation du soubassement, des pans de bois et réfection de la façade.

 

« Tous les chantiers sont différents et uniques.
Nous n’intervenons plus dans le neuf depuis 15 ans ».

 

BCB : Au-delà du cœur de métier, vous avez porté votre attention sur l’aspect gestion…  

BR : C’est vrai, j’évoque notre métier de maçon, mais en fait la partie administrative est très importante, et sur ce point j’ai été vigilant quant aux compétences à acquérir. Car dans l’entreprise de mon père, je me rappelle que c’était presque un handicap, alors que tout le monde était très pro et compétent sur le terrain. Donc j’ai acquis les connaissances nécessaires dans ce domaine. Et cela m’a permis d’être en plus de mon activité d’entrepreneur, trésorier et administrateur depuis vingt ans à la Capeb de l’Aube. Structure qui s’est engagé très vite à apporter à ses adhérents toutes les connaissances requises au niveau comptabilité par exemple avec les formations adaptées à la maîtrise des outils informatiques.

 

BCB : Quelles sont les orientations prises pour l’entreprise Roste 3ème génération ?

B&RR : Romain détient à ce jour 25% des parts de l’entreprise et deviendra majoritaire prochainement. Donc la transition se fait progressivement avec la volonté de rester sur une échelle artisanale pour que cela tourne bien. On reste sur un fonctionnement avec Zéro sous-traitant. On fonctionne par le bouche à oreille et on dispose à ce jour de 9 mois de projets déjà calés.

 

« Notre offre : c’est un chantier pour la vie »

BCB : Nouveau dirigeant signifie peut être nouvelles envies ou nouvelles compétences ?

B&RR : L’entreprise a élargi ses compétences au travers de formations spécifiques permettant d’acquérir la Qualification CIP Patrimoine qui met en valeur le savoir des maçons dans le bâti ancien. Nous y avons notamment préparé et présenté 3 dossiers concernant des ouvrages antérieurs à 1940 devant un jury de spécialistes comprenant l’ABF de l’Aube et un délégué de la Fondation du Patrimoine.

 

RR : J’ai un CAP maçon et un bac pro « intervention dans le patrimoine bâti », que j’ai complétés par des cours sur la gestion d’entreprise. En plus de ces diplômes de l’IUMP, j’ai fait connaissance dans cet institut de Gilbert Riccordo, meilleur ouvrier de France en fumisterie. Gilbert m’a fait découvrir les escaliers en voûte sarrasine dont il est un des spécialistes, en 2014. Et  cela s’est concrétisé notamment par un chantier en 2018 avec la réalisation d’un escalier à double révolution pour desservir d’un côté une chambre et de l’autre un grenier…Mon apprentissage porte ses fruits.

À la sortie de l’IUMP, j’ai rejoint l’entreprise

 

BCB : les chantiers présentés montrent d’autres centres d’intérêt… 

B&RR : On a d’autres envies, et cela s’est concrétisé avec une formation « four à pain » donnée par une association à Fontenay sous-bois, pour apprendre à faire le cœur d’un four à pain. Et on met occasionnellement en application ce savoir passionnant. Nous présentons ces compétences lors de salons, et on peut répondre à des demandes comme vous le constatez. Et pour l’anecdote sur ce type d’ouvrage, on fait procéder à une extension d’assurance car le four à pain est considéré comme un four industriel…!

 

BCB : Quelle sera votre prochaine actualité chantier ? 

B&RR : On intervient sur une longère où l’on remplace le torchis entre pans de bois par du béton de chanvre. Pour une écurie de château, on crée de nouvelles parois à l’identique de la partie construite pour fermer une partie ouverte du bâtiment…

 

Dans tous les cas de figure, on s’applique des règles strictes de restauration pour qu’il n’y ait pas de problèmes de chantier. Et pour cela on accorde une part importante à l’analyse des pathologies ; on détecte les désordres, les causes, pour apporter des réponses qui vont durer dans le temps. Et sur notre région, entre les ouvrages en silex, le bois des structures, la gestion des remontées capillaires et la conservation de la perméance des parois, l’habitat patrimonial nous fournit toutes les occasions possibles pour déployer notre maîtrise de nos matériaux de prédilections que sont les briques, la chaux, les torchis et les bétons de chanvre.

 

« On se développe pour toujours se distinguer sur notre marché »

 

L’entreprise Roste

 

Crédit photo : ©entreprise Roste

 

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mortier plâtre et chaux briques et pans de bois

La longère et sa nouvelle entrée

La rénovation de cette longère a été l’occasion de créer un nouvel accès au bâtiment, du fait de réagencements intérieurs. Ou comment intégrer une partie neuve dans le respect du lieu, en termes de proportions et de matériaux. 

Interview de Bruno et Romain Roste, entreprise Roste,  par BCB, le 10 04 2020

 

BCB : Ici on est sur un chantier  à multiples facettes… 

Bruno et Romain Roste : C’est une longère magnifique mais qui se trouvait dans un tout autre état. Elle était recouverte d’un enduit, dégradé. On a tout enlevé pour revenir à la structure pans de bois, pour la laisser apparente, avec tout ce que cela implique de réparation, nettoyage, rejointoiement ou remaçonnage et remplissage, notamment 40 à 50 m² de briques 2,5 x 11 x 22 cm entre pans de bois, avec Tradical® Bâtir + sable.

 

BCB : En dehors de cet aspect « entretien classique » du patrimoine, le propriétaire des lieux vous a demandé la création d’un nouvel accès ? 

B&RR : Oui, sous forme d’entrée en renfoncement par rapport à la façade. Une sorte de vestibule dehors/dedans avec sa petite table et ses 2 chaises pour être dehors, protégé de la pluie ou du soleil. Cette partie-là se trouve en fait à l’emplacement de l’ancien garage. Entre les 2 poteaux bois pré-existant.

On a donc créé les 3 pans de murs en briques creuses de 20 cm que l’on a enduits avec un mortier plâtre chaux traditionnel. À savoir du plâtre gros, de la chaux aérienne Tradical® H98 + du sable de St Flo, dans les proportions standard 3+2+1 volumes. Avec une application en 2 cm d’épaisseur en moyenne. Tout l’objectif était de réaliser cette partie neuve en parfaite intégration avec l’esthétique du bâtiment.

Mortier plâtre + chaux aérienne Tradical® H98 + sable

Mortier plâtre chaux avec plâtre gros + chaux aérienne Tradical® H98 + sable

 

BCB : un enduit au plâtre chaux en extérieur, ce n’est pas risqué ? 

B&RR : Ici, pas du tout parce qu’en fait on est dans un renfoncement, donc le mortier est bien protégé.

La nouvelle entrée inscrite dans la trame du bâti, avec ses 3 entrées et son enduit de plâtre chaux

 

FICHE CHANTIER

  • Lieu : VERRIERES (10390-FR)
  • Entreprise Roste : 31 Rue des Deux Châteaux, 10270 Fresnoy-le-Château, France | Site internet https://www.bruno-roste.com/
  • Application :
    • maçonnage des briques à la chaux avec Tradical® Bâtir + sable local
    • mortier plâtre et chaux avec plâtre gros + Chaux aérienne Tradical® H98 + sable de St Flo


Crédit photo
: ©entreprise Roste


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garage pans de bois briques et chaux

Le garage et sa longère

Il ne s’agit aucunement d’une fable, mais de la création d’un garage sur le principe constructif de la longère attenante. Du grand art.

Interview de Romain et Bruno Roste, entreprise Roste,  par BCB, le 10 04 2020

 

BCB : Il s’agit ici encore d’une réalisation qui sort des logiques habituelles ?

R&BR : L’objectif du propriétaire était de réaliser un garage prenant pour modèle l’habitation principale afin de créer une continuité esthétique. De fait on a repris tout ce qui caractérise la longère modèle : des pans de bois et des briques

 

BCB : En fait vous avez construit ce garage comme s’il s’agissait d’une habitation !

R&BR : Exactement, en démarrant par la fondation avec une dalle béton sur laquelle nous avons posé des blocs de pierre de 50 x 50 cm pour soutenir les poteaux de la structure principale. Le charpentier a livré des pans de bois de récupération, tous en chêne.

 

BCB : Vous avez également fait du réemploi pour le soubassement ?

R&BR : Le soubassement a été fait avec des briques de récupération également, que nous avons nettoyées avant de les maçonner à la chaux avec Tradical® Bâtir + brique pilée + sable. Pour le remplissage des pans de bois nous avons procédé classiquement avec cette fois-ci des briques neuves, dont la pose est à l’identique de celle de la longère. Le joint est de 1 cm.

 

BCB : Le ressenti de la qualité est dû au traitement soigné des grandes portes…

R&BR : Les portes en bois massifs de 8 cm d’épaisseur sont en effets dessinées de sorte qu’une fois fermées, elles sont affleurantes, Cet ouvrage qui a la capacité d’accueillir 4 véhicules cache complètement sa fonction grâce à cette astuce qui fait littéralement disparaître ces ouvertures, alors qu’habituellement elles ont tendances à être visuellement trop présentes. L’ouvrage est réussi du fait de son mimétisme avec l’habitation jouxtante. Il y a une belle continuité.

 

FICHE CHANTIER

  • Lieu : VERRIERES (10390-FR)
  • Entreprise Roste : 31 Rue des Deux Châteaux, 10270 Fresnoy-le-Château, France | Site internet : https://www.bruno-roste.com/
  • Application :
    • maçonnage à la chaux avec Tradical® Bâtir + sable local
    • soubassement Tradical® Bâtir + brique pilée + sable local


Crédit photo
: ©entreprise Roste


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Four à pain entreprise Roste avec les chaux et bétons de chanvre Tradical

Du four à chaux au four à pain

On a l’habitude d’adjoindre à « chaux aérienne » l’application « badigeon ». Dans cette réalisation, l’entreprise Roste démontre avec vista que ce matériau est adapté à bien des ouvrages. Et particulièrement dans le cadre de haute température. Donc hourder des briques pour constituer la chapelle d’un four à pain était tout simplement logique.

Suivre le pas à pas chantier pour ce qui devient une véritable pièce supplémentaire, mais tournée vers l’extérieur.

 

 Interview de Romain et Bruno Roste, entreprise Roste,  par BCB, le 10 04 2020

 

BCB : Vous nous emmenez sur ce projet là encore sur une de vos spécialités, la fabrication d’un four à pain.

R&BR : Le projet consiste en la création complète dans le porche, d’une cuisine d’été. La demande initiale incluant un barbecue seul, a évolué avec l’ajout d’un four à pain sur notre proposition, validée. Les 2 éléments se complétant parfaitement dans leur fonctionnement.

L’ouvrage qui accueille le projet est constitué de 2 murs en L, couverts par une charpente et toiture traditionnelles. Pour le projet complet, la structure accueillant le four et le barbecue et pour le plan de travail attenant, nous avons commandé 3000 briques artisanales soit 8 palettes, en plusieurs formats 6 x 11 x 22 cm / 4,5 x 11 x 22 cm et 3,5 x 11 x 22 cm. Par contre, la voûte du four est constituée de briques réfractaires industrielles qui renvoient davantage la chaleur que les briques traditionnelles.

 

Les différentes phases de la construction du four à pain

 

1-Création du soubassement et des poteaux

soubassement et poteaux - Four Roste

soubassement et poteaux – Four Roste

 

2-Création d’une nouvelle dalle béton qui est à 90 cm du sol, destiné à recevoir le four

Nouvelle dalle béton pour recevoir le four Roste

Nouvelle dalle béton pour recevoir le four Roste

 

3-Pose du 1er rang de briques 20 x 20 cm pour constituer la sole. Elles sont juste posées à sec sur de la brique pilée pour se dilater à la cuisson sans générer de contrainte mécanique.

Pose du 1er rang de brique - Four Roste

Pose du 1er rang de briques – Four Roste

 

4-Le volume du four est généré par une forme en demi-poire qui s’inscrit dans une longueur de 1.6 m, sur une largeur de 1.2 m pour une hauteur de 48 cm.

 

5-En suivant la forme du socle, création d’un gabarit en sable avec une finition plâtrée de 2 à 3 mm pour servir de support de forme aux briques qui vont constituer la chapelle.

 

6-Mise en place de  la 1ère voûte de la chapelle Les briques réfractaires s’appuient sur le gabarit et sont maçonnées avec la chaux aérienne Tradical® H 98 + sable fin + chamotte, avec un joint très fin. On démarre en posant les briques par la base, et on finit par la clé de voûte. Création d’un épis qui facilite la pose à la jonction des surfaces. Les briques sont bord à bord. Cette 1ère couche est d’une épaisseur de 22 cm

1ère voûte en briques réfractaires maçonnées avec Tradical H 98 + sable

 

7-Mise en place de la 2ème couche de briques de terre cuite traditionnelles de 22 cm. Le but est d’ajouter de l’inertie. L’épaisseur totale est de 45 cm..

2ème couche de briques traditionnelles maçonnées avec Tradical® PF 80 + sable

2ème couche de briques traditionnelles maçonnées avec Tradical® H 98 + sable

 

8-Après la fonction inertie, on constitue la fonction isolation du four avec la réalisation d’une forme de 20 cm d’épaisseur en Béton de Chanvre Tradical® appliquée sur la 2ème couche de brique de terre cuite. L’ensemble (les 2 épaisseurs de briques + le béton de chanvre) fait une épaisseur globale de 74 cm.

L’inertie du four combinée à ce système d’isolation retarde le refroidissement qui se fait sur 90 h. À partir du moment où on atteint la température adaptée, on retire les braises, et on fait cuire le pain. On dispose ainsi de 3 à 4 jours de cuisson sans avoir à alimenter le four.

 

9-En partie haute et face avant, création de l’enveloppe du four puis de l’avaloir en avant de 30 cm qui capte les fumées du four pour les diriger vers la hotte et le conduit de cheminée.

vue de l'enveloppe du four et de l'avaloir

vue de l’enveloppe du four et de l’avaloir

 

10-Mise en place d’un thermomètre sur la paroi pour indiquer la température du four. On monte en température, on enlève les braises. On ferme les portes pour que la chaleur s’uniformise. Les braises peuvent être réutilisée pour la barbecue d’à côté.

 

11-Pour compléter l’ouvrage nous avons conçu un plan de travail accolé au mur en retour. Les jambages sont en briques et pierres, et supportent une dalle en béton blanc. Dessus est intégrée une plaque de marbre pour accueillir le fruit de la cuisson. L’évier est en pierre de récupération.

Vue globale du four à pain, du barbecue et du plan de travail – Réalisation entreprise Roste


FICHE CHANTIER

  • Lieu : COURTENOT (10260-FR)
  • Entreprise Roste : 31 Rue des Deux Châteaux, 10270 Fresnoy-le-Château, France | Site internet : https://www.bruno-roste.com/
  • Tuilerie ROYER Soulaine Dhuys  : 8 Route de Joinville, 10200 Soulaines-Dhuys, France | Site internet :  https://www.latuilerieroyer.fr/
  • Applications :
    • Les briques de la chapelle sont hourdées avec la chaux aérienne Tradical® H 98
    • Le reste de l’ouvrage dont l’avaloir et les conduits de cheminées, est maçonné avec la chaux Tradical® Bâtir + sable


Crédit photo
: ©entreprise Roste


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les maçons de Troyes

Les 120 ans de la scop les maçons de Troyes

La scop Les maçons de Troyes date de 1898. Une telle longévité est unique, et pour partie liée à son modèle social. Ces éléments nous ont donné envie de découvrir les grandes lignes de son parcours avec Gilbert Gallet, son actuel gérant.

Interview de Gilbert Gallet, actuel gérant de la scop, par BCB, le 14 02 2020

 

BCB : 120 ans d’existence, le parcours est exceptionnel, mais il a surement été mouvementé !

G. Gallet : Les Maçons de Troyes, c’est une société coopérative dont les locaux se situaient originellement à Troyes. Il s’agit peut-être de la plus vieille scop de France. On y privilégiait la construction, en bâtissant des usines, des maisons d’habitation bourgeoises…en pierre et brique. Après-guerre par contre, nous ne sommes plus sur ce type de marché, nous faisons essentiellement de la rénovation.

Pour l’histoire, notre structure comme bien d’autres a subi les conséquences de la seconde guerre mondiale, certains de nos ouvriers ont ainsi été réquisitionnés pour construire les bunkers en Normandie. Notre scop a malgré tout survécu aux 2 guerres.

BCB : Sur quels types de chantiers intervenez-vous ?

G. Gallet : La structure comprenait à ses débuts jusqu’à 60 salariés. De nos jours, 10 personnes œuvrent en rénovation, restauration et ponctuellement en neuf.

Notre rayon d’action nous fait rester dans le département de l’Aube. Avec des chantiers techniques demandant des applications de béton de chanvre, remplissage de pans de bois, enduit terre, restauration de torchis et badigeons.

Pendant longtemps nous avons restauré jusqu’à 3 à 4 églises par an, de nos jours on intervient en moyenne sur un ouvrage de ce type sur une année. Et bien sûr nous disposons des qualifications requises avec notamment la Qualibat 2181 et 2182 pour la taille de pierre et la restauration du patrimoine.

Sur les 10 dernières années, on peut recenser la restauration de maisons pans de bois dans le centre ancien de la ville de Troyes (dpt de l’Aube), y compris le bâtiment d’entrée de l’espace Argence, quelques églises (à Buchères, Pouy-sur-Vannes, Feuges…), et beaucoup de chantier avec les particuliers…

 

BCB : Depuis 1898, pourquoi ce « format SCOP » ?

G. Gallet : Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement.

Les valeurs fondamentales des coopératives sont la prise en charge et la responsabilité personnelle et mutuelle, la démocratie, l’égalité, l’équité et la solidarité. Fidèles à l’esprit des fondateurs, les membres des coopératives adhèrent à une éthique fondée sur l’honnêteté, la transparence, la responsabilité sociale et l’altruisme.

Plus de 120 ans d’existence pour cette entreprise SCOP, gérée par Gilbert GALLET, composée de 10 compagnons soucieux d’acquérir pour les uns, transmettre pour les autres, les gestes techniques de leurs aînés.

C’est un choix de société dans tous les sens du terme. Il en découle un partage des connaissances, des bénéfices, pas de transmission de père en fils mais entre professionnels qui se relaient. Ainsi, chaque nouveau gérant qui est élu tous les quatre ans par les sociétaires, apporte sa propre démarche pour renouveler ou compléter les orientations, les choix antérieurs.

Tous les sociétaires ont accès aux comptes et possèdent une part du capital. Ils contribuent à son augmentation tous les ans au travers d’un pourcentage du salaire qui y est attribué. En regard de cet investissement qui permet de constituer une réserve, chaque salarié dispose d’un intéressement.

 

Toutes les conditions sont réunies pour l’implication de chacun, aussi bien dans la conduite et réussite des chantiers que dans la vie de l’entreprise et donc sa pérennité.

 

 

Pour aller plus loin 

ENTREPRISE : Les Maçons de Troyes – 150, route d’Auxerre – 10120 Saint-André-les-Vergers | site web : http://www.les-macons-de-troyes.fr/

 

A lire aussi sur notre site
l’interview concernant la restauration d’une longère par les maçons de Troyes
https://www.bcb-tradical.com/la-chaux-pour-une-longere-auboise/

 

Pour tout contact
Yannic Santandreu, Responsable Technique Tradical®, tél : 06 76 45 09 15 / mail : yannic.santandreu@lhoist.com

béton de chanvre pour le collège Lucie Aubrac (77)

Collège de Lucie Aubrac – Montevrain (77)

Pour ce nouveau collège de 26 classes, construit dans l’éco-quartier de Montévrain, les logements de fonction bénéficient de l’utilisation du béton de chanvre, dont les qualités uniques assurent simultanément le remplissage des parois et l’isolation thermodynamique été/hiver, de l’ouvrage.

 

Interview de Sébastien Burin, entreprise Burin-Penet, par BCB Tradical® / Février 2020

 

Pour répondre à l’appel d’offre, différentes équipes se sont constituées. La construction a été attribuée à l’entreprise générale Verdoïa. Pour la partie concernant les logements de fonction, ce sont les échanges fructueux avec les sous-traitants  qui ont permis d’assurer la pleine efficacité des différents phasages.

 

La concertation entre Verdoïa, le charpentier Poulingues et l’entreprise Burin-Penet, pour le béton de chanvre, a permis d’optimiser la structure bois pour aller vers plus de rapidité quant à la constitution des parois béton de chanvre. L’ossature qui s’appuie sur une dalle Rdc en béton et des poteaux béton, est conçue pour recevoir des panneaux hauteur d’étage en intérieur et une finition extérieure constituée d’un bardage en zinc. La jonction mur/toiture est également optimisée pour une rapidité de pose sur site. La charpente façonnée en atelier, a été livrée sur place par camion grue avec assemblage des différents éléments à l’avancement.

A lire également : Se protéger du feu avec les bétons de chanvre tradical

L’objectif étant de réduire le coût global du système structure+isolation et de raccourcir les délais. Les logements ont été réalisés en dernière partie de chantier et leur réception a pu coïncider avec la date de livraison de la partie collège

 

La mise en œuvre s’est fait par travée. L’entreprise Burin-Penet a projeté ainsi le béton de chanvre par aire de mur, en étage puis Rdc. Une partie finie, l’échafaudage était déplacé sur la zone contiguë. La collaboration avec Verdoïa qui gérait l’aspect échafaudage a permis de gagner en efficacité. Dans ce même but, Burin-Penet est intervenu avec 2 machines à projeter le béton de chanvre pour les 3/4 du chantier. Ce qui a permis de traiter les 600 m² de béton de chanvre en une vingtaine de jours.

 

Suivre le portfolio réalisé par l’entreprise Burin-Penet

FICHE CHANTIER

 

Collège Lucie Aubrac

  • Lieu : Montévrain (77)
  • Superficie : 7547 m²
  • 26 classes
  • 300 élèves dans un 1er temps puis rapidement 800 élèves seront scolarisés sur ce site.
  • Démarche HQE certifiée, passeport bâtiment durable de niveau excellent

 

MAITRISE D’OUVRAGE

  • Conseil départemental Seine-et-Marne (77)

 

MAÎTRISE D’ŒUVRE

 

ENTREPRISE GÉNÉRALE

  • Verdoïa, filiale de VINCI Construction France

 

CHARPENTIER

  • Poulingues, Zone d’activité n°3, lieu-dit de la Carrellerie – 27210 Beuzeville

 

ENTREPRISE BÉTON DE CHANVRE

 

APPLICATIONS Béton de Chanvre

Mur isolant en béton de chanvre Tradical® :

  • Chaux Tradical® Thermo + chanvre
  • Surface : 600 m² environ
  • Épaisseur : 30 cm soit un R= 4 m².K/W (avec l = 0,076 W/m.k certifié)

 

Crédits photos : ©Burin-Penet

 

Pour tout contact :

Xavier Héron, Conseiller Technique Tradical®, tél : 06 37 79 13 62 / mail : xavier.heron@lhoist.com

BCB Tradical, votre expert dans la fabrication d’enduit chaux chanvre

Damien Blaise architecte

Portait d’architecte : Damien Blaise

Damien Blaise est l’architecte du projet de l’école maternelle de la Roseraie. Il y utilise le béton de chanvre sur les façades sud.

 

Interview de Damien Blaise BCB Tradical® / Février 2020

 

 

BCB : Quels sont les facteurs qui déterminent vos choix ?

Damien Blaise  « J’essaye de mettre le matériau le plus adapté à chaque partie d’un projet, pour être cohérent avec le site, ses contraintes et ses atouts et les objectifs en matière de performance énergétique et de couts de construction. Je n’ai pas de matériau privilégié »

 

« On sait que les bâtiments ont des durées de vie variables, suivant leur destination. Je privilégie la valeur d’usage : donc pas de place pour les derniers gadgets, il faut que l’ouvrage soit facile à utiliser faire fonctionner et à entretenir réparer. Il y a de la place pour le béton banché, les murs de paille, le chanvre, la pierre, le bois , le métal… »

 

«Il s’agit d’utiliser le meilleur matériau pour ses qualités de mise en œuvre, ses qualités économiques, de confort, d’aspect et de pérennité »

 

« Le bois par exemple, même si faire le choix d’une maison bois dans le sud-est n’est pas de la première évidence, je m’y suis intéressé très tôt, avant même qu’il ne prenne sa place sur le marché. Parce qu’on dispose là d’une solution légère, qui évite les surcharges et permet un chantier rapide, à haut niveau de précision. C’est ainsi idéal pour faire une extension…»

 

« Il n’y a pas de solution parfaite, mais notre métier consiste à créer de la valeur ajoutée en synthétisant toutes les données d’un projet (programme, budget, contexte règlementaire, planning,…) ».

A lire également : Yves Perret, construire et nourrir l’imaginaire

BCB : Quelle est l’origine de cette passion pour la matière ?

Damien Blaise : Je suis un amoureux de la chaux !  Ce qui m’a conduit à faire un stage (théorie et pratique) à l’Ecole d’Avignon pour redécouvrir toute les qualités de la chaux et le potentiel global de ce matériau qui tient une place essentielle dans notre patrimoine. À ma liste, il faut donc ajouter la chaux !

 

 

  • Damien Blaise architecte
    25 Rue Fontange – 13006 Marseille | site web : www.damienblaise.com
    Équipements | Hôtellerie | Industrie | Logement | Mobilier

 

A lire : Tout savoir sur l’enduit chaux chanvre

enduit à la chaux extérieur

Une nouvelle vie pour le collège de Lourdoueix

Le projet de restauration du Petit Séminaire

L’ancien collège de Lourdoueix Saint-Michel, qui représentait un concept nouveau dans l’éducation des jeunes à la fin du XIXè s., est en cours de restauration. Fondé en 1845, il comprend un ensemble de bâtiments intégrant une chapelle dont les onze verrières ont fait l’objet d’un inventaire   (https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM36002679).

Cette chapelle restaurée devient un centre culturel multifonction. Tandis que le corps principal est transformé en gîte de groupes.

 

Une entreprise spécialiste du patrimoine pour réaliser les travaux

Sur ce bâtiment qui est resté désaffecté depuis les années 70 environ, L’entreprise P.Ducrot est en charge des travaux de façades et de démolition de l’intérieur. Celui-ci faisant l’objet d’une refonte complète. À noter que peu d’interventions furent requises pour la toiture qui avait bien traversée le temps et donc jouée pleinement son rôle de mise hors d’eau de l’ouvrage.

 

Des surfaces d'un seul tenant

Ancien collège : des surfaces d’un seul tenant

La grande difficulté pour la restitution des enduits de façade réside dans le fait que les surfaces sont d’un seul tenant, sans la possibilité d’arrêter l’ouvrage sur une modénature. Le décroutage se fait donc sur une surface d’environ 150 m², soit environ 3 travées sur 3 niveaux. Pour assurer la mise en œuvre d’un enduit traditionnel à la chaux sans trace de reprise en cours d’ouvrage ou entre chaque phases de 150 m², l’entreprise a mis en place un système de pose par projection mécanique avec 2  machines le combiné du maçon de la société 3CM.

 

L’enduit traditionnel à la chaux

Le corps d’enduit est réalisé avec la chaux Tradical® Bâtir + un sable de carrière. L’enduit de finition lui se fait avec Tradical® PF 80 + un sable dont la courbe granulométrique est recomposé sur site pour disposer d’une courbe granulométrique parfaite, avec un mélange de sable de carrière 0/4 + un sable roulé alluvionnaire 0/2 légèrement teinté + une petite part de fine complété par une coloration Tradical® Premium Naturel spécifiquement définie pour ce chantier.

 

<img class="wp-image-14819 size-full" src="https://www.bcb-tradical.com/wp-content/uploads/2019/11/lourdoueix-02.jpg" alt="1ère tranche restaurée à la chaux aérienne » width= »787″ height= »487″ /> 1ère tranche restaurée à la chaux aérienne

Une application de l’enduit de chaux par projection machine avec un rendement optimisé    

Pour optimiser le temps chantier, chaque machine est positionnée de part et d’autre de la tranche de façade à enduire. Ainsi chaque équipe converge vers le centre du tronçon à réaliser pour converger en son centre. Les 7 personnes requises pour ce type d’opération, réalisent 150 m² par jour, soit 75 m² par équipe. Le principe de projection mécanique du corps d’enduit et de la finition à la chaux est réitéré sur l’ensemble de la construction.
Les façades de la chapelle sont enduites selon le même process pour former un tout homogène

 

enduit chaux aérienne pour la chapelle

enduit chaux aérienne pour la chapelle – Lourdoueix

 

Les abords du site ne sont pas oubliés et feront l’objet d’une deuxième campagne dédiée à leurs aménagements.

 

Fiche chantier

1/LIEU : Commune de Lourdoueix Saint-Michel (03),

2/MAÎTRISE D’OUVRAGE : Commune de Lourdoueix Saint-Michel (dpt 36)

3/ENTREPRISE : sarl P Ducrot – 03600 Commentry – sarlducrot.com

4/APPLICATIONS : Enduits traditionnels à la chaux

  • Corps d’enduit : chaux Tradical® Bâtir + sable – mise en œuvre par projection mécanique
  • Enduit de finition : chaux Tradical® PF 80, application machine – mise en œuvre par projection mécanique

 

Crédits photos : BCB Tradical® et P. Ducrot

 

Pour tout contact :

BCB Tradical, votre expert dans la fabrication d’enduit chaux chanvre et en béton de chanvre

Maison béton de chanvre

La liberté de créer avec le béton de chanvre

C’est la 3è maison que réalise Nicolas Canton. Il nous relate ce chantier : contexte, proposition, son choix de construire en béton de chanvre, et ses pistes d’amélioration.

Intervention de Nicolas Canton lors de la 9ème Rencontre Tradical® qui se tenait à Bordeaux en Juin 2019,  restitué par BCB

 

Nicolas Canton (NC) : Il s’agit d’un projet de maison ossature bois + béton de chanvre, qui va être livré en Juillet/Septembre 2019. On en est actuellement au stade des finitions. C’est un projet réalisé avec Céline Finzinger architecte qui est basée dans le Lot. L’entreprise de maçonnerie qui a fait la projection du béton de Chanvre est celle de Quentin Benoit, Arpège Rénovation.

 

Le projet architectural

NC : On se situe en petite périphérie de Nérac, dans un contexte assez libre finalement. La cliente a le terrain le mieux orienté  et le mieux placé. Sa demande de départ : « me construire une villa moderne, blanche ». Elle nous avait montré des exemples de villas californiennes des années 80/90. De par le contexte, de par la demande, on était assez libre de proposer une architecture peu impactée par le contexte, pour une fois.

Il me tient à cœur de prouver qu’on peut développer une architecture écologique dotée d’une esthétique contemporaine. Alors qu’usuellement elle a été dans son esthétique et son contenu très connotée. Dans ce projet, on démontre que tout en assurant les performances énergétiques attendues, l’architecture écologique n’est pas incompatible avec une certaine liberté formelle.

 

Le contexte paysagé

NC : À l’est, non loin de l’implantation de la maison, on trouve quelques lacs artificiels qui ont une dizaine d’années. L’objectif est d’en intégrer la vue, et pour cela on a orienté la maison vers les lacs. Le bâti est en fond de parcelle, calé dans l’angle nord-ouest.

 

Programme du projet

NC : On a intégré dans le projet, un abri voiture et un local jardin. La maison est constitué d’un RDC qui est très rectangulaire, très simple parce qu’en Lot-et-Garonne, les sols sont argileux et limitent de fait au maximum la complexité des fondations pour essayer d’être économiquement viable.

L’étage lui est tourné pour offrir une vue vers lacs

Le programme de la maison était assez classique, conçu pour une personne seule avec une chambre d’ami à l’étage. Mais dans ma démarche d’architecte, du fait qu’on fait des maisons de plus en plus petites au regard du coût au m², j’essaye de jouer sur les volumes pout créer le sentiment qu’on vit dans un grand espace.

Ici, le RDC est scindé en 2 parties avec d’un côté le séjour, la cuisine et le salon/salle à manger. Le tout disposant de grandes baies vitrées à chaque fois. La partie plus privative comprenant la buanderie, les toilettes, la chambre de la cliente, et la salle de bain.

Dès qu’on entre dans la maison, on peut accéder à l’escalier qui monte à l’étage. Avec d’abord une chambre d’ami, puis une passerelle, qui créer justement un cheminement intérieur et la sensation de volume, on arrive au bout sur une mezzanine dont le cadrage donne sur les lacs.

 

Budget

NC : Le coût est toujours un point important. Sur ce projet-là, on est à 2000 € HT du m². Il faut toutefois préciser que la propriétaire a fait des choix de finitions ou de solutions haut de gamme sur certains points. Elle a opté pour des brise-soleils orientables, des douches en béton ciré, un poêle à granulés très haut de gamme…Cela impacte sur le budget global bien sûr.

À noter que pour la précédente maison ossature bois + béton de chanvre que j’ai réalisée, on était autour de 1850 € HT le m².

 

Pourquoi le béton de chanvre ?

NC : Je ne reviens pas sur toutes les qualités du Béton de chanvre (thermique, acoustique, hygrique), avec un véritable plus lorsque la finition intérieure est un enduit. Cette combinaison apporte une vrai confort en supprimant l’effet paroi froide. C’est ce qui contribue à la sensation de bien-être.

« Ce qui m’intéresse dans ce matériau chaux+chanvre, du point de vue architectural, c’est le fait que c’est la synthèse entre les avantages de la maçonnerie et de la construction bois ».

Qui dit construction bois, dit structure légère, bien isolée. On répond à la RT 2012 au niveau confort d’hiver, mais dans les faits, le confort d’été pose problème. La construction bois permet de construire rapidement, avec une structure légère.

Mais pas de réponse quand on est dans le sud avec les températures que l’on subit, du fait de son manque d’inertie. (Les canicules de Juillet/Août se sont invitées depuis, ndlr).

À l’inverse la maçonnerie bénéficie d’une forte inertie et est intéressante pour le confort d’été.

 

NC : Je pense que la RT 2012 pour les régions du sud a réglé le confort d’hiver, dès lors qu’on utilise des matériaux de qualité, mais l’enjeu maintenant est le confort d’été.

Donc le béton de chanvre avec l’ossature bois permet de combiner ces 2 aspects positifs et d’avoir à la fois une isolation qui est assez bonne et une inertie assez bonne.

On dispose de fait d’un fonctionnement de climatisation naturelle que j’obtiens communément avec des murs de moins de 30 cm d’épaisseur.

 

NC : Le deuxième point que je voulais évoquer concernant l’avantage de la synthèse entre le principe de l’ossature bois et de la « maçonnerie », l’ossature bois permet la préfabrication, ce que ne permet pas la maçonnerie, et donc une grande liberté structurelle à des coûts relativement réduits. Si on avait voulu faire la même chose avec de la maçonnerie cela aurait été très compliqué. 

La simplification du système constructif

NC : Le dernier point qui m’intéresse avec la combinaison ossature bois + béton de chanvre réside en la simplification du système constructif. Aujourd’hui dans les maisons dites conventionnelles, on se retrouve avec une multitude de couches : parement, vide techniques pour les réseaux, le frein vapeur, l’isolation avec la structure, le pare pluie, des lattes de ventilation, le bardage. Dans ces conditions, on multiplie les matériaux qui composent un ensemble dont on ne connait pas la durée de vie. On multiplie également les interventions de différents corps d’état sur les chantiers. Conséquence, on ne peut pas maîtriser réellement le planning chantier dont le phasage devient complexe ou très contraignant. Le béton de chanvre comparativement m’est apparu comme « rustique » c’est-à-dire, qu’avec on procède de manière très simple.

 

« Je suis attaché à l’idée de donner plusieurs fonctions à un même matériau plutôt que multiplier le nombre de matériaux dont on ne maîtrise pas le fonctionnement à long terme ».

 

Les différents atouts du béton de chanvre

NC : Dans le cas du béton de chanvre, les enduits intérieur et extérieur vont régler l’étanchéité à l’eau et  à l’air, tout en assurant le rôle de finition, en une seule mise en œuvre. Donc à priori on a une maison performante plus longtemps.

Avec le système béton de chanvre, on retrouve la valorisation des savoir-faire manuels des entreprises. Ce matériau permet des formes libres. Donc tout est à inventer, On retrouve la valeur du geste de l’artisan.

Autre aspect important pour moi qui ai une appétence pour les maisons à ossature bois, je constate que l’aspect bardage bois et son entretien sont des facteurs qui rebutent les clients. Ici on dispose d’une excellente finition avec les enduits à la chaux, ce qui lève ce type de barrière…

 

Technique de mise en œuvre

NC : Dans un projet précédent, j’ai utilisé différentes techniques. Pour une partie de l’ouvrage, l’ossature bois était déportée côté intérieur pour recevoir des panneaux hauteur d’étage, avec une projection du béton de chanvre par l’extérieur. Pour une autre partie de la maison, j’avais procédé à l’inverse avec une ossature déporté côté extérieur recevant des panneaux fibre de bois pour le contreventement et projection par l’intérieur avec un bardage en finition extérieure et un enduit en finition intérieure.

Ici, on a utilisé le principe de l’ossature noyée, parce que la cliente ne voulait pas de bardage bois.

Elle voulait des enduits chaux aérienne côtés extérieur et intérieur. Ce qui n’est pas sans difficulté au niveau coffrage.

 

Si on reprend le déroulé du chantier, on a :

  • Une fondation béton armé,
  • Le montage de la structure par le charpentier,
  • Une mise hors d’eau de la maison pour pouvoir placer tous les réseaux (interventions électricien et du plombier)
  • Dans les murs, pose anticipée des supports pour les éléments lourds.

J’ai d’ailleurs créé un mémo technique (qui a très bien fonctionné) pour les artisans, rappelant les règles de base sur les points à respecter pour la pose des gaines, le traitement des sorties à l’horizontale des gaines techniques, le recouvrement minimum par le béton de chanvre….

 

La projection du béton de chanvre

NC : Dans cette phase, la préparation du chantier pour la projection du BCT est essentielle. Plutôt que créer un coffrage qui aurait coûté très cher, on a utilisé le pare pluie comme coffrage. On a d’abord projeté coté intérieur, sur 20 cm. On a ensuite enlevé le pare pluie pour projeté côté extérieur les 8 cm restant sur le béton de chanvre posé précédemment. Cette technique nous a évité le temps du coffrage.

On est passé aux enduits de finition assez vite à l’extérieur. Hors d’eau et hors d’air, on a réalisé les cloisons et les plafonds avant de faire les finitions intérieures.

On a fini par le sol avec du béton de chanvre également sur la dalle de vide sanitaire. Étalé sur 10 cm en voie sèche.

En conclusion

NC : Il faut être très attentif, bien voir avec les artisans les changements d’habitude à gérer, surtout au niveau du charpentier. Pour les lots techniques, les modes opératoires consistent en de simples aménagements. Il faut bien réfléchir au calendrier en amont, et le mettre en place avec les artisans. A l’arrivée, on dispose d’un planning qui se rapproche de celui de la rénovation, pour la procédure des différentes étapes.

 

Aller vers la préfabrication

NC : En fait il faut aller au-delà des limites de cette mise en œuvre. Outre l’aspect préparation qui peut être important, on est tributaire des conditions météorologiques qui peuvent générer du retard. La gestion de l’humidité sur chantier est un paramètre non négligeable. Le tout peut être assez complexe. Sans parler du coût.

L’ensemble de ces aspects m’incite à aller vers la préfabrication : il n’y a pas de difficultés particulières à assembler les parois entre elles. La question pour moi, elle va se poser sur les finitions. Parce qu’on profite vraiment du confort généré par le béton de chanvre quand on est en enduit côté intérieur.

 

À suivre sur la prochaine maison…

 

Fiche Chantier

  • Lieu : Nérac (47600)
  • Maîtrise d’ouvrage : privée
  • Surface : 115 m²
  • Architectes
    • Nicola Canton architecte : Pichotte – 47600 Le Fréchou – mail : ncanton@hotmail.fr
    • Céline Finzinger : Le-Tiers-Lieu / 60 Bd. Aristide Briand / 46300 Gourdon – finzinger.com
  • Entreprise pour le béton de chanvre : Arpège Rénovation

 

Crédits photos
  • ©. Finzinger et N. Canton

 

Application

Béton de Chanvre Tradical® en application Mur avec Tradical® Thermo + Chanvribat®

  • Masse volumique 280 kg/m3
  • Ce couple chaux+chanvre est validé et conforme aux exigences performantielles des règles professionnelles d’exécution des ouvrages en béton de chanvre
  • Le béton de chanvre Tradical® Thermo+Chavribat® dispose d’un l certifié et d’un classement de réaction au feu B-s1, d0. Recouvert d’un enduit, la paroi globale est A1, (incombustible).
  • Chanvribat® est une chènevotte labellisée Granulat Chanvre Bâtiment
  • Tradical® Thermo est une chaux de classe FL A 3,5, conforme à la norme des chaux de construction NF EN 459

 

Pour aller plus loin

Frank de Barros, Conseiller technique Tradical®, tél : 06 71 93 81 32 / Mail : frank.de.barros@lhoist.com

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