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savoir-faire enduits et joints à la chaux

Joints et Enduits à la Chaux : Le Guide Pratique

Guide pratique pour l’application des ENDUITS ET JOINTS À LA CHAUX

Samuel Legablier est un artisan qui place la transmission des savoir-faire au cœur de son quotidien. Il est sur le terrain depuis 25 ans. Et son itinéraire l’a amené à rencontrer de nombreux auto-entrepreneurs pour lesquels il a conçu ce guide des enduits et joints à la chaux. Cet ouvrage donne une méthode de travail pour les chantiers. Si les dosages et les classifications sont disponibles dans bien des documents, il manque l’essentiel : la méthodologie pour réussir sa rénovation. Par où commencer, comment et pourquoi faire. Samuel Legablier a consacré 3 ans de son temps pour vous guider pas à pas.

 

Interview de Samuel Legablier, par BCB, en Juin 2021.

 

BCB : Pourquoi vous êtes-vous lancez dans l’aventure de la création d’un guide pratique sur les enduits et les joints à la chaux ?

Samuel Legablier : J’ai toujours aimé enseigner, je suis dans la transmission des savoirs. Et au fur et à mesure que je progressai dans mon activité d’artisan, j’ai constaté que beaucoup de gens voulaient mettre la main à la pâte, pour tout ou partie des travaux de rénovation à réaliser chez eux. Ces mêmes personnes me faisaient la réflexion de ne pas trouver de livre intéressant sur la chaux aérienne. Ce constat m’a surpris parce qu’il existe de nombreuses publications dans le domaine. Mais pas ou peu qui expliquent dans le détail la façon de faire, le geste, l’application sur le chantier.

Par ailleurs, j’ai l’habitude de conseiller mes clients sur leur chantier. Ce qui m’a permis au fil du temps de bien cerner les informations qui sont utiles pour réussir son ouvrage.

 

BCB : Est-ce que vous êtes un artisan formulateur ?

Samuel Legablier : Je ne fais pas d’assemblage pour réaliser un liant par exemple. J’utilise l’offre du marché dans ce domaine. Je détaille justement la bonne chaux à utiliser, les volumes par rapport aux sables et en fonction des types de supports et applications. J’en reste à cette approche précise pour éclairer l’auto-entrepreneur par rapport à l’offre multiple du marché de la chaux aérienne.

À contrario, pour le sable, je précise les enjeux de sa qualité dans un mortier. Il faut être vigilant sur ce qui le compose et ce à quoi il est destiné. Car la durabilité de l’ouvrage en dépend aussi.

 

BCB : Comment avez-vous structuré les sujets si nombreux dans le domaine des enduits et joints en rénovation ?

Samuel Legablier : un constat s’impose, je me suis rendu compte que les bases n’étaient pas maîtrisées. À savoir que faire une gâchée liant + sable + eau posait déjà problème. Ainsi j’ai listé les difficultés pour ensuite les répertorier. J’ai aussi noté la façon de m’organiser sur chantier pour chaque intervention, pendant 3 ans. Je prenais systématiquement des photos des différentes phases. J’ai également beaucoup questionné mes interlocuteurs auto-entrepreneurs.

 

BCB : Que ressort-il de toutes ces observations ?

Samuel Legablier : Un point est essentiel avant même d’aborder le sujet des compétences pour réaliser un ouvrage : il s’agit de l’organisation chantier. Sujet souvent non maîtrisé par l’auto-entrepreneur qui l’amène à traiter des applications sans tenir compte que d’autres phases auraient dues être traitées au préalable (pose de gaines électriques par exemple, donc saignées à reboucher, scellement des boîtiers électriques …).

Je développe aussi des chapitres concernant la lecture de l’existant, Quel est l’état des lieux, que nous indique-t-il, que dois-je envisager comme réparation préalable ? Comment gérer le sujet de l’humidité des parois ? L’analyse initiale est essentielle car elle conditionne une partie des interventions. Par exemple : il y a des des fissures sur ce mur, dans quelle mesure la paroi est impactée ? Et si besoin, comment dois-je la réparer ?

Tous ces points du début du chantier sont très importants à maîtriser. Ils conditionnent la tenue dans le temps de l’ouvrage et la réussite esthétique des enduits et joints envisagés. Cela nécessite de passer par des cases intermédiaires qu’on n’envisageait pas forcément du fait qu’en tant que béotien, on ne dispose pas de l’expérience requise, du coup d’œil qui permet de lister ce qu’il faut faire, et dans quel ordre.

Après seulement dans ce livre, j’aborde la confection des mortiers pour faire les enduits et les joints à la chaux aérienne.

 

BCB : Vous évoquez l’humidité dans le bâti, c’est un sujet complexe ?

Samuel Legablier : Le sujet est difficile car les origines sont multifactorielles. La présence d’humidité est rarement due à un seul phénomène. L’architecture et l’ingénierie peuvent être concernées. A l’échelle des maisons par exemple, si vous avez correctement rénové vos murs, le problème peut s’avérer provenir du drainage des abords. Si la technique employée est défaillante, l’eau sera ramenée au pied des parois et générera de gros désordres. D’où la création d’un chapitre spécifique à cet aspect du chantier (p54) qui est souvent occulté…

Avant le grand saut, c’est-à-dire me lancer dans l’impression de mon ouvrage, je l’ai testé auprès de plusieurs personnes pour disposer d’un retour critique. Ce qui m’a permis de peaufiner certains contenus, pour que la compréhension soit totale. C’est un bel exercice de communication qui m’a également apporté dans ma manière d’exprimer mes idées !

 

Le livre aborde l’ensemble des sujets en plaçant le pourquoi et le comment comme ligne directrice des explications. Quelles chaux pour quelle nature de support, quelle dureté ? Calculer le nombre de sacs de chaux aérienne pour son chantier. Préparer une gâchée en manuelle ou en bétonnière. Réussir le mélange dans sa bétonnière. Les gestes pour poser un mortier, en fonctions des outils à employer, et des applications, du gobetis à la finition. Par où commencer son mur ? Traiter les angles sortants / rentrants…

Ce sont tous ces aspects là et tant d’autres détails qui ne sont pas abordés dans la littérature du bâti, trop orientée réglementation, que Samuel Legablier aborde au travers d’explications associant schémas et photos didactiques.

Vous serez prêts pour vous lancer concrètement dans votre projet de rénovation.

 

A découvrir sur le site de Samuel : autour de la chaux

BCB Tradical, votre spécialiste de la chaux aérienne et de l’enduit à la chaux.

Vos contacts

Recyclerie Ibos par Hanuman architectes

Recyclerie en béton de chanvre à Ibos, une réalisation de l’agence HanUMAN

PORTRAIT D’UN ARCHITECTE QUI CONSTRUIT POUR RÉPONDRE AUX BESOINS FONDAMENTAUX DE L’HOMME

L’agence HanUMAN architecture et urbanisme a élaboré le nouveau concept recyclerie/déchetterie de la Communauté de Commune de Tarbes, situé à Ibos (65). Morgan Guillot évoque son parcours et ses engagements pour une architecture orientée vers le biosourcé et l’autonomie.

Interview de Morgan Guillot architecte par BCB, Février 2021.

 

 

LE CHOIX INITIAL DE LA CONSTRUCTION BOIS ET BIO

 

BCB : Évoquons brièvement votre activité. Vous êtes engagé dans la construction bois et bio. C’est un choix des origines, ou cette démarche s’est imposée au fil du temps ?

Morgan Guillot : Depuis ma période étudiant en fait. Il n’y avait pas encore de formation sur la construction bois, à Bordeaux. En conséquence, j’ai interrompu un certain temps mes études pour aller me former chez un constructeur bois. J’avais déjà cette volonté-là.

Ensuite, j’ai travaillé personnellement sur les questions de l’autonomie. Cela fait maintenant 13 ans.

 

 

LE SUJET FONDAMENTAL DE L’AUTONOMIE DES BÂTIMENTS

 

BCB : Vous évoquez l’aspect autonomie. Comment l’abordez-vous ?

Morgan Guillot : L’objectif est que les personnes soient autonomes. Et le rapport à mes compétences est de pouvoir le faire passer par l’architecture. Dans notre agence, nous nous basons sur la notion des besoins fondamentaux développés par Marshall Rosenberg en particulier, qui énonce justement les différents critères de ces besoins fondamentaux.

On considère souvent la question de l’autonomie autour des besoins de survie : manger, respirer, se mettre en sécurité, se protéger au niveau des températures, boire…Ce sont certains de ces aspects, mais il y en a beaucoup d’autres qui peuvent être encore plus importants pour la vie. Ils sont d’ordre psycho-socio-affectif. L’architecture peut contribuer à cette autonomie et créer du lien social.

Cette démarche appliquée au complexe recyclerie + déchetterie génère la création d’un tiers lieu, un espace à vivre, que le public pourra s’approprier. Cela permet de faire de la cohésion sociale, de faciliter le mouvement des personnes, leurs rencontres, pour créer une dynamique. Il y a le bâtiment et l’autonomie du bâtiment. Et cette articulation entre le lieu et son fonctionnement pour une autonomie se traite sur de nombreux points. Prenons l’exemple de la consommation de l’eau : comment va-t-on la récupérer dans un premier temps, puis la potabiliser dans un second temps ?

Globalement il est compliqué de mettre en œuvre cette autonomie dans les ERP. Mais c’est un beau défi.

 

BCB : A contrario, l’autonomie sur l’habitat individuel serait plus à facile à mettre en place ?

Morgan Guillot : Le sujet est plus facile à amener auprès du particulier à condition que la maitrise d’ouvrage soit déjà dans cette démarche d’habitat autonome. Sinon on retombe sur la nécessité d’un temps long pour aborder le sujet et convaincre. Donc on pourrait réussir du fait de moins de contraintes au niveau conception, mais là, c’est davantage le facteur humain qui apporte des freins peut-être difficilement surmontables.

Donc on en revient au fait que la commande publique autorise pour partie seulement la conception d’ouvrage autonome. Et c’est déjà bien. Pour partie parce l’autonomie pure n’est pas possible au regard des stratégies de politique économique qui sont là pour faire fonctionner la société. Nous sommes ici dans un rapport collectif, et c’est normal ; nous sommes dans une collectivisation des ressources. Donc même si on rend un bâtiment autonome en énergie avec du photovoltaïque par exemple, dans tous les cas on va le maintenir branché sur les réseaux pour qu’il y ait une redistribution. C’est compréhensible à l’échelle du collectif.

 

 

PRENDRE EN COMPTE LES BESOINS FONDAMENTAUX

 

BCB : Pouvez-vous préciser votre démarche relative aux besoins fondamentaux ?

Morgan Guillot : Pour un bâtiment environnemental ou quel que soit la solution à la question environnementale, nous définissons les besoins fondamentaux et ceux pour lesquels on peut se priver.

Par exemple en ce moment je suis sur un projet de logements qui s’adaptent aux saisons. Nous sommes dans le sud-ouest, avec un climat source de confort, avec des hivers doux. On pourrait peut-être réussir à vivre pendant les 2 mois les plus froids dans un espace restreint et vivre dans des espaces plus généreux le reste de l’année !

J’établis mon modèle de référence par rapport aux maisons en Sibérie où en fait vous avez un plan carré avec 4 pièces, une dans chaque angle. Il y a un angle ou la pièce est plus grande, les 4 pièces servent pendant les mois propices. Et en hiver par grand froid, les habitants ne vivent que dans une pièce. Je ne dis pas qu’il faut procéder à l’identique. Mais on pourrait s’en inspirer et vivre en hiver dans un espace plus cocon, « au coin du feu », et profiter de l’ensemble de la surface habitable le reste de l’année.

Ce serait une 1ère réponse vis-à-vis du respect environnemental : réduire ses besoins à un niveau acceptable, qui pourrait être différent pour chacun. Mais ce serait déjà une avancée avant même de trouver des solutions technologiques.

 

 

FAIRE CHANGER LE REGARD PORTÉ SUR LES MATÉRIAUX NATURELS

 

BCB : Est-ce que votre démarche architecturale trouve un écho favorable ?

MG : La période covid a révélé, au-delà des problématiques économiques, la non-volonté de faire autrement. Il y a une forme de scepticisme qui amène à un positionnement « je croie ou je ne crois pas en l’utilisation des matériaux naturels », « je crois ou je ne crois pas à l’impact économique ». La croyance en quelque chose prend le dessus sur l’approche rationnelle. Ainsi ces derniers mois, j’ai été confronté à cette attitude au contact de certains MOA.

Mais pour être positif, et malgré cette difficulté du quotidien, depuis un an, nous avons atteint notre objectif d’avoir 100% de projets environnementaux, 100% biosourcé.

 

« Depuis un an, nous avons atteint notre objectif d’avoir 100% de projets environnementaux, 100% biosourcé ».

 

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Recyclerie en béton de chanvre_Ibos ©HanUMAN

Bois et béton de chanvre pour un nouveau concept de Recyclerie

Le SYMAT de Tarbes fait le choix d’un nouveau type de bâtiment Recyclerie en béton de chanvre pour renforcer son action de valorisation des déchets.

A Ibos, dans les Hautes-Pyrénées (65) un bâtiment d’une nouvelle génération est maintenant opérationnel. Il s’agit d’une recyclerie/déchetterie qui procure à la Symat, Syndicat Mixte de Collecte des Déchets, les moyens d’une politique de valorisation des déchets pour privilégier la notion de seconde vie des objets. Le site intègre :

  • Une déchetterie à plat

  • Une recyclerie pour y déposer tous ce qui peut renaître (jouets, vélos, meubles, électroménager, livres vêtements…)

  • Un atelier de petites réparations

  • Une boutique espace de vente des objets recyclés (500 m²)

Rencontre avec Agnès Lazarevitch qui a piloté le projet pour la maîtrise d’ouvrage

 

Interview de Agnès Lazarevitch, maîtrise d’ouvrage publique, par BCB, février 2021

 

 

FAIRE QUE LE DÉCHET DEVIENNE RESSOURCE

 

BCB : Comment est né le concept recyclerie + déchetterie ?

Agnès Lazarevitch :  Cela fait longtemps que le Symat intervient sur 2 grands axes en plus de sa mission initiale de collecte, à savoir :

  • Réduction de la masse de déchets à la base
  • Augmentation du réemploi.

Ces orientations ont induit d’une part la création d’une taxe incitative qui a été mise en place en 2018, elle commence à porter ses fruits, et d’autre part la valorisation du réemploi. Cet aspect-là se fait via le principe de la recyclerie.

L’ensemble du fonctionnement prend du temps pour se mettre en place.

Pour le concept, c’est le fruit d’échange entre différents spécialistes. Un programmiste pour structurer le projet, avec le concours d’associations qui œuvrent dans des domaines aussi divers que l’insertion ou la récupération.

Ce travail global a fait germer l’idée de regrouper déchetterie et recyclerie, parce que la proximité des deux nous semblait devoir inciter davantage au réemploi. Le parcours est construit de sorte que les personnes qui viendront à la déchetterie, passeront devant la recyclerie et se diront peut-être « il y a des objets que je peux déposer là »…Donc l’organisation du lieu déchetterie + recyclerie, outre le fait qu’elle complète un maillage au sud-ouest de l’agglomération tarbaise, doit pouvoir générer, on l’espère, de nouveaux comportements.

 

BCB : Quelle méthodologie avez-vous suivi pour élaborer l’outil recyclerie + déchetterie ?

Agnès Lazarevitch : à partir du moment où nous avons défini les objectifs, il a fallu passer par la phase opérationnelle : trouver un maître d’œuvre, déposer les permis, trouver les entreprises. Le Symat est sur ce projet depuis 4 à 5 ans

 

BCB : Sur quel financement avez-vous pu compter pour un tel projet ?

Agnès Lazarevitch : Nous avons bénéficié de financements apportés par le département des Hautes-Pyrénées, la région Occitanie, et l’ADEME, pour le pôle Recyclerie/Déchetterie.

 

BCB : Comment vous êtes-vous projeté pour définir des objectifs de fonctionnement ?

Agnès Lazarevitch : Nous bénéficions d’un modèle de référence avec la recyclerie des Forges, au nord_est de Tarbes. Nous allons également nous appuyer sur le savoir-faire de l’association Récup’action qui y œuvre déjà. Cette structure s’occupe de réinsertion et va gérer également la recyclerie de Ibos. Donc ce partenaire expérimenté nous a permis de faire des prévisions réalistes quant au volume de produits qui sera traité.

Pour ce qui est de la déchèterie, nous sommes aller chercher des exemples un peu plus loin puisque c’est la première de ce type dans les Hautes Pyrénées

 

 

CRÉER UNE IMAGE FLATTEUSE DU RÉEMPLOI

 

BCB : Le projet sélectionné présente une morphologie inhabituelle dans le monde du déchet.

Agnès Lazarevitch : Pour valoriser l’action de recycler, nous avons voulu rompre avec l’image habituelle du déchet.

Pour être plus incitatif sur la recyclerie d’Ibos, l’idée était de compter sur une image valorisante du site et du bâtiment. Donc de modifier l’idée qu’on se fait des objets usagés. D’où la création d’un bel espace très lumineux, très clair avec une grande vitrine. On est dans la fierté de l’exposition, il s’agit ici d’un travail de mise en valeur de la possibilité du réemploi et de son résultat.

« Il s’agit ici d’un travail de mise en valeur de la possibilité du réemploi »

Et le choix de faire une déchetterie à plat contribue grandement à la conception d’un ouvrage plus facile d’utilisation pour les usagers. On espère que nos choix porteront leurs fruits.

 

 

LA PHASE DE CONCEPTION DE LA RECYCLERIE/DÉCHETTERIE

 

BCB : Est-ce que l’utilisation de matériaux biosourcés pour construire le site était acté dès l’origine ?

Agnès Lazarevitch : Nous avions dans le programme cette volonté d’image, cependant nous étions restés sur un système constructif classique pour ce type de bâtiment.

Nous avons lancé une consultation de maîtrise d’œuvre, et l’agence HanUMAN a été initialement retenue par rapport à sa réponse à notre programme et non par rapport aux matériaux envisagés. Le projet a évolué et nous avons suivi les suggestions du maître d’œuvre, qui nous a orienté vers l’emploi de matériaux biosourcés pour construire l’ouvrage recyclerie/déchetterie. Et nous avons complètement adhéré à ce parti pris du fait de l’évidente convergence avec nos objectifs généraux.

 

Le béton de chanvre envisagé et retenu, est constitué de chènevotte issue de la tige de la plante chanvre, donc on est dans l’optimisation des ressources d’un matériau, ce qui s’apparente à la notion de recyclage. De plus c’est un matériau biosourcé. Donc, Il y a bien une double cohérence avec notre démarche.

Autre point en faveur du béton de chaux chanvre : sa performance au niveau confort d’été : caractéristique essentielle pour notre région.

 

BCB : Cette évolution du système constructif a dû impacter les budgets ?

Agnès Lazarevitch : Le coût s’est avéré plus important. Mais nous avons accepté cette évolution pour disposer d’un bâtiment plus démonstratif et construit en adéquation avec notre démarche de réduction de l’impact environnemental.

 

BOIS, CHAUX, CHANVRE SONT LES MATÉRIAUX PHARES DU PROGRAMME RECYCLERIE/DÉCHETTERIE

 

Ossature bois porteuse recevant le béton de chanvre ©HanUMAN architectes

Ossature bois porteuse recevant le béton de chanvre ©HanUMAN architectes


BCB : Quels écueils avez-vous rencontrés en optant pour la solution béton de chanvre ?

Agnès Lazarevitch : Les points délicats concernaient la préparation, le calage des détails avec les différentes entreprises. Celles-ci ne connaissant pas ce matériau, il a fallu repréciser la chronologie des opérations, la notion d’épaisseurs de recouvrement par exemple…Ce calage effectué, le chantier a parfaitement fonctionné.

Béton de chanvre Tradical®_Recyclerie Ibos en cours de projection ©HanUMAN

Béton de chanvre Tradical®_Recyclerie Ibos en cours de projection ©HanUMAN

Vue intérieure béton de chanvre Tradical®_Recyclerie Ibos ©HanUMAN

Vue intérieure béton de chanvre Tradical®_Recyclerie Ibos ©HanUMAN


BCB : La charpente joue un rôle important sur ce projet, techniquement et esthétiquement.

Agnès Lazarevitch : L’architecte a dessiné le projet, le charpentier l’a rendu exécutable. Et on a gardé toute la charpente intérieure complètement visible, même si le béton de chanvre recouvre un certain nombre d’éléments structurant. L’ossature bois génère un cadre sensible et chaleureux.


BCB : Est-ce que ce bâtiment va être dupliqué à moyen terme ?

AL : Notre bâtiment est spécifique au point que même son environnement immédiat a été aménagé dans une démarche valorisant le réemploi. Ainsi pour les sols et VRD, nous avons mis en place des matériaux concassés et de ce fait retenu une entreprise qui disposait d’une plate-forme de concassage, elle-même récupérant les matériaux. L’aménagement du site s’est fait sur le principe de notre démarche du réemploi.

Il nous paraît important de valoriser ce programme dans sa globalité – typologie du bâtiment / matériaux de constructions et d’aménagement, mode de fonctionnement – sur toute action de communication que nous serons amenés à mettre en place. Nous sommes tout à fait ouverts à le faire visiter. Et d’ores et déjà, dans ce cadre, nous avons valorisé la filière chanvre auprès du Directeur Général de la Caisse des Dépôts.

 

L’ANIMATION DE LA RECYCLERIE EST LA CLÉ DE LA RÉUSSITE POUR FAIRE CHANGER LES COMPORTEMENTS

 

BCB : Vous avez mentionné la présence et l’expertise de l’association Récup’action dans le domaine du recyclage. Pouvez-vous nous précisez son futur rôle ?

Agnès Lazarevitch : La recyclerie sera gérée par cette association. Nous nous appuierons sur un programme pédagogique dont l’objectif essentiel sera d’expliquer les bénéfices du réemploi. Il faut absolument éviter la démarche  » voyez comme ce n’est pas bien de jeter comme vous le faites ! ».

Donc nous avons missionné le bureau d’études EUGENE afin de concevoir une signalétique pédagogique pour expliquer la philosophie de la recyclerie, le circuit du don, le réemploi, etc…le recyclage. En démontrant d’une part que cela concerne tout le monde, et d’autre part que l’amélioration globale  » vers moins de déchets » passe par une réduction à la base et par le réemploi.

Au-delà de la vente d’objet réemployé et de l’insertion, l’association organisera, en partenariat avec le Symat, des événements : conférences, expositions qui feront connaître la recyclerie autrement.

Nos ambassadeurs du tri utiliseront également cet espace pour animer des ateliers en direction des scolaires par exemple. Des visites s’organiseront dans ce sens.

« En fait c’est aspect pédagogique est bien notre 3ème objectif »

 

BCB : le bâtiment lui-même est un élément pédagogique ?

Agnès Lazarevitch : Dans cette optique, j’avais proposé qu’on plante du chanvre dans le jardin intérieur. Ce serait un moyen efficace pour expliquer comment est obtenu un des constituants du bâtiment. On verra cela tranquillement après l’ouverture du site.

Globalement, cet ouvrage est exceptionnel pour illustrer la démarche intellectuelle qui mène de l’emploi au réemploi. Avec comme conséquence la réduction concrète de l’impact environnemental. À la fois part son mode constructif et les services proposés.

« Globalement, cet ouvrage est exceptionnel pour illustrer la démarche intellectuelle qui mène de l’emploi au réemploi ».

 

Recyclerie Ibos Signature

LE SYMAT

1/Le siège

Symat | 115 rue de l’Adour – 65460 Bours | http://www.symat.fr/

  • Président : Rémi Carmouze
  • Directrice : Sandrine Roux

 

2/Sa composition

Le SYMAT est un établissement public de coopération intercommunale qui collecte les déchets ménagers, le papier et les emballages de près de 141 000 personnes sur 118 communes des Hautes-Pyrénées. 37 délégués et 37 suppléants sont désignés par ses adhérents avec les Communauté d’Agglomération ou de Communes de  :

  • Tarbes Lourdes Pyrénées,
  • Val d’Arros pour 7 de ses communes.
  • La Haute-Bigorre

 

3/En quelques chiffres

  • 69000 t de déchets collectés en 2018 qui se répartissent comme suit :
  • 34 % Recyclage
  • 30 % Incinération
  • 27% Enfouissement
  • 8 % Valorisation de la matière

 

Fiche chantier Recyclerie Déchetterie Ibos

  • MOA : Symat
  • MOE : HanUMAN architecture et urbanisme | 5 Rue Teulère, 33000 Bordeaux, France | http://www.hanuman-architecture.fr/
  • Charpente / Structure bois : Dasilva | 12 rue Larregain – 64140 Lons
  • Parois verticales isolantes en béton de chanvre :
  • Industriel du béton de chanvre : BCB Tradical®, groupe Lhoist
    • Béton de chanvre Tradical® Mur Isolant avec la chaux Tradical® Thermo + la chènevotte Chanvribat®
    • Le couple chaux chanvre Tradical® Thermo + Chanvribat® est validé par Construire en chanvre et conforme aux exigences performancielles des Règles Professionnelles d’exécution des ouvrages en béton de chanvre
    • Tradical® Thermo est une chaux de classe FL A 3,5 . Selon la norme européenne des chaux de construction NF EN 459
    • Chanvribat® est un chanvre labellisé Granulat Chanvre Construction
    • Ce couple chaux chanvre bénéficie d’une résistance au feu EI 240, la meilleure possible et d’un PV Lepir 2 validé pour 60 mn. Ces éléments confèrent au Béton de Chanvre Tradical® un véritable rôle de sécurité incendie

 

Article complémentaire

Pour aller plus loin

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©HanUMAN architectes

Intégration de l'extension au bâti initial - Avec détail des menuiseries

Enveloppe globale en béton de chanvre pour un patrimoine performant

Murs/Sol/Toiture en béton de chanvre pour la rénovation/extension d’un ancien relais de chasse

 

Cette rénovation/extension au Boulai dans l’Anjou, bénéficie de l’intervention de l’entreprise Pi-Œuvre qui réalise essentiellement des chantiers du patrimoine en employant des matériaux naturels et/ou biosourcés, de la chaux aerienne au béton de chanvre. Elle a pu intervenir ici sur un projet qui place le béton de chanvre au cœur de l’efficacité de l’ouvrage puisque l’enveloppe globale est faite de ce matériau. Découvrir ici les grandes phases de la mise en œuvre du Béton de Chanvre Tradical®.

Interview de Anthony Stéphan de l’entreprise Pi-Œuvre, par BCB en Février 2021

 

UN CHANTIER EN PARTIE PARTICIPATIF

 

BCB : Sur ce chantier, on combine la présence de néophytes et de professionnels.

Antony Stéphan : On est sur un fonctionnement spécifique par rapport à ce que nous avons l’habitude de traiter. Avec une maîtrise d’ouvrage qui a géré l’avant projection du béton de chanvre en piquetant les murs par exemple et en réalisant le dressage du béton de chanvre, une fois celui-ci projeté. C’est un mélange « participatif/pro » qui au final a correctement fonctionné, nous étions présent de toute façon pour corriger ce qui devait l’être pour que la réalisation soit qualitative.

 

 

UNE RÉNOVATION/CRÉATION QUI BÉNÉFICIE D’UNE ISOLATION GLOBALE ET HOMOGÈNE DE SON ENVELOPPE BÂTIE

 

BCB : Ce chantier a une configuration particulière. Vous intervenez autant sur la partie ancienne que sur la partie neuve avec la même solution d’isolation biosourcée

AS : L’intérêt majeur est qu’effectivement toute l’enveloppe est isolée avec le béton de chanvre, à savoir : les murs, le sol et la nouvelle toiture. Seule la toiture existante en bon état est restée telle avec cependant une isolation des combles perdus par voie sèche.

Le doublage des murs existants est réalisé dans une épaisseur de 15 cm, alors que les murs neufs de l’extension sont en 28 cm d’épaisseur.

Et en terme de rendement, le chantier s’est déroulé sur 12 jours pour appliquer et dresser ou régler les 75 m3 tout compris des applications murs/toiture/sol.

ossature bois de l'extension

Le Boulai – Vue de la charpente de l’extension

 

LE PHASAGE DU CHANTIER BÉTON DE CHANVRE

 

BCB : Quel a été l’ordre de réalisation des différentes applications béton de chanvre ?

AS : Nous avons commencé par les murs anciens, avec une projection par l’intérieur. D’abord à l’étage, puis au niveau rez-de-chaussée.

La phase suivante nous a permis d’isoler la nouvelle toiture de l’extension, toujours en projection mécanique.

Nous avons réalisé ensuite les murs en béton de chanvre de l’extension, par l’extérieur, pour finir par la dalle rdc filant sur les parties neuves et anciennes.

 

1/LE DOUBLAGE ISOLANT INTÉRIEUR EN BÉTON DE CHANVRE

 

BCB : Le chantier étant participatif, est-ce que cela cela a généré un mode opératoire différent pour vous ?

AS : Nous avons réceptionné les murs totalement décroûtés, prêts pour une projection directement sur les moellons. Il a fallu toutefois compléter la protection de l’ouvrage en certains points.

 

BCB : Comment vous gérez le dressage des murs ?

AS : Nous avons mis au point un système de kit pour régler les plans. Ce kit est noyé ensuite dans la projection. Ce système est facile à mettre en œuvre et pourrait même être utilisé par des personnes qui n’ont pas forcément les compétences pour cette phase de travaux.

On met en place ce kit dès notre arrivée. Si possible comme ici pour l’intégralité des supports verticaux, et non à l’avancement. Nous gérons ainsi tous les plans avant la projection et disposons des guides de dressage qui nous facilitent le réglage de l’ouvrage.

 

BCB : La protection des locaux est également importante pour éviter les salissures, comment procédez-vous ?

AS : Nous réglons les différentes protections à la suite de la pose des guides. Sur un bâti ancien, les murs maçonnés sont fréquemment déformés. Donc on utilise un laser pour implanter nos repères de projection. Cela nous permet à la fois de restituer des plans et simultanément de faire la mise en place des protections nécessaires (sol et plafond) à la bonne distance.

Projection mécanique du doublage béton de chanvre Tradical

Projection mécanique du doublage béton de chanvre Tradical

 

2/LA TOITURE ISOLANTE BÉTON DE CHANVRE DE L’EXTENSION NEUVE

 

BCB : Comment avez-vous géré la jonction toiture/mur ? Elle est en continu ou il y a un décrochage entre le mur et la toiture ?

AS : Il y a une petite discontinuité. Le fond de coffrage est aussi la finition de la sous face de la toiture, il est en douglas poncé. Il a été mis en place jusqu’au nu des parois verticales. Donc le béton de chanvre remonte sur ces planches. C’est la seule rupture entre le béton de chanvre toiture et le béton de chanvre mur, soit 22 mm de planche de douglas. Mais la perte sera limitée du fait que le bois participera à la continuité hygrique.

 

BCB : Est-ce que vous avez pu réemployer l’excédent de chaux chanvre issu de la réalisation des murs et doublage ?

AS : L’intérêt d’une isolation globale, outre l’homogénéité du fonctionnement thermique, c’est la possibilité de réemployer l’excédent de béton de chanvre issu du dressement des parois. On recycle en toiture par déversement le mélange le moins chargé en chaux (issu du rebond lors de la projection). L’autre partie de l’excédent (issu du dressement) sera utilisé en chape, mélangé à raison de quelques pour-cents afin de conserver les ratios chaux/chanvre de l’application. Donc pas de perte de matière et de performances.

Remplissage béton de chanvre de la Toiture

Le Boulai – Détail du remplissage béton de chanvre de la Toiture

 

 

3/LES MURS ISOLANTS EN BÉTON DE CHANVRE, POUR LA PARTIE NEUVE

 

BCB :  Pour l’extension vous aviez une configuration multi-supports ?

AS : Le mur ouest est un reliquat de la configuration antérieure de la maison, la MOA a conservé ce mur de moellons. Là, on a fait du doublage. En revanche pour les murs est et nord, il s’agit bien de mur en plein.

Nous avons dû changer le programme initial du fait de la configuration de la charpente. Nous avons donc fait une projection par l’extérieur et non par l’intérieur comme prévue. Cela fait partie des aléas chantier. Et l’ossature, au lieu d’être noyée, s’est retrouvée en configuration déportée côté intérieur.

Donc nous avons posé un coffrage à l’intérieur au nu de l’ossature pour réaliser notre projection de 28 cm d’épaisseur par l’extérieur. Pour les fermes et les grosses pièces de bois, nous avons renforcé l’accroche avec un lattis métallique.

 

BCB : Quel type de support avez-vous utilisé pour faire votre coffrage ?

AS : Côté intérieur nous avons mis en place un frein vapeur en guise de polyane parce il y a des zones où il va rester, non pas pour sa fonction de frein vapeur mais en tant que protection, pour éviter tout risque de poussière de chaux dans le système de galandage des 2 grandes ouvertures donnant sur l’extérieur.

Par-dessus ce frein vapeur, on a mis un banchage de contreplaqué pour faire le fond de coffrage, vissé à même l’ossature à l’intérieur.

L’ensemble des murs de l’extension va recevoir un enduit traditionnel à la chaux, à la fois sur les parties murs de moellons et sur les murs de béton de chanvre

Vue des murs est et nord en béton de chanvre - Le Boulai

Vue des murs est et nord en béton de chanvre – Le Boulai

 

4/LA DALLE ISOLANTE EN BÉTON DE CHANVRE POUR LES PARTIES NEUVES ET RÉNOVÉES

 

BCB : La dalle béton de chanvre a été mise en place sur l’extension et la partie ancienne ?

AS : Oui, nous avons projeté le béton de chanvre sur l’ensemble de la surface au sol. Donc dans la partie ancienne, le sol avait été préalablement décaissé avec la suppression du carrelage et de la dalle béton initialement présents. Puis un hérisson ventilé a été mis en œuvre sur l’ensemble de la surface au sol.

 

BCB : Pour cette phase là, vous avez pu réemployer l’excédent du béton de chanvre issu du dressement du doublage des murs ?

AS : Avec une partie du béton de chanvre issu du dressement des parois, nous avons ratissé une 1ère couche de 2 cm sur l’intégralité du hérisson. Puis nous avons projeté le mélange béton de chanvre dosage chape en 13 cm d’épaisseur sur une centaine de m², pour constituer une dalle isolante d’une épaisseur totale de 15 cm.

Sur l’extension la chape béton de chanvre reçoit une chape de chaux. Alors que sur la partie ancienne, la finition se fait avec un système lambourdes + parquet bois.

Projection mécanique pour la chape béton de chanvre

Projection mécanique pour la chape béton de chanvre Tradical

 

FINITION DES MURS EN BÉTON DE CHANVRE

 

BCB : Sur le béton de chanvre, en intérieur est appliqué un enduit à la chaux traditionnel Tradical® Bâtir + sable local de teinte ocrée du plus bel effet. Les angles des embrasures de fenêtres sont arrondis et apportent un grand confort visuel

Vue intérieure de la finition sur le doublage béton de chanvre Tradical

Vue intérieure de la finition sur le doublage béton de chanvre Tradical

LE MOT DE LA FIN

 

BCB : Est-ce que ce chantier était plus technique que d’habitude ou fait-il partie des classiques ?

AS : Techniquement il n’y avait pas de points particuliers, malgré les ajustements opérés sur certains aspects.

Mais c’est un chantier très intéressant parce qu’on a rarement une approche globale avec Murs / Sol / Toiture en béton de chanvre. Plus de 80 % de nos chantiers concernent les murs. Quelquefois on a un couple mur/sol ou mur/toiture. Il est rare d’avoir toute l’enveloppe, alors que c’est dans cette configuration que le résident va bénéficier d’un fonctionnement le plus performant.

 

 

FICHE CHANTIER LE BOULAI – ISOLATION BÉTON DE CHANVRE

  • Lieu : Le Boulai (49 – FR)
  • Durée du chantier : 12 mois
  • Date livraison : 2021
  • MOA : privée
  • Maîtrise d’Œuvre : JM Naumovic

 

Application biosourcée

Béton de chanvre Tradical® en application DOUBLAGE & MURS ISOLANTS / CHAPE ISOLANTE / TOITURE ISOLANTE : avec la chaux Tradical® Thermo + la chènevotte Chanvribat®

  • Doublage isolant : 180 m² en 15 cm d’épaisseur
  • Murs neufs isolant : 57 m² en 28 cm d’épaisseur
  • Chape isolante : 120 m² en 15 cm d’épaisseur
  • Toiture isolante : 90 m² en 28 cm d’épaisseur
    • Le couple chaux chanvre Tradical® Thermo + Chanvribat® est validé par Construire en chanvre et conforme aux exigences performancielles des Règles Professionnelles d’exécution des ouvrages en béton de chanvre
    • Tradical® Thermo est une chaux de classe FL A 3,5 . Selon la norme européenne des chaux de construction NF EN 459
    • Chanvribat® est un chanvre labellisé Granulat Chanvre Construction
    • Ce couple chaux chanvre bénéficie d’une résistance au feu EI 240, la meilleure possible. Elle confère au Béton de Chanvre Tradical® un véritable rôle de sécurité incendie

 

Application enduit traditionnel

  • Enduit Intérieur à la chaux Tradical® Bâtir + sable local
  • Enduit Extérieur à la chaux : Tradical® PF 80 + sable local
    • Tradical® Bâtir est une chaux de classe FL A 3,5. Selon la norme européenne des chaux de construction NF EN 459
    • Tradical® PF 80 est une chaux de classe FL A 2 . Selon la norme européenne des chaux de construction NF EN 459

 

Crédits photos 

  • ©Pi-Œuvre et BCB

 

POUR ALLER PLUS LOIN

isolation chanvre

Pi-Œuvre – Spécialiste de l’isolation chaux chanvre

Pi-Œuvre, un savoir-faire orienté patrimoine et isolation naturelle

Nous profitons du reportage concernant le chantier de l’Ancien Relais de Chasse du Boulai pour revenir sur le parcours de l’entreprise Pi-Œuvre et ses 18 années d’activité consacrées au patrimoine et aux solutions d’isolation naturelle biosourcées, avec l’interview d’Anthony Stephan, l’un des acteurs de cette structure.

Rencontre avec l’entreprise Pi-Œuvre, en Mars 2021

Pi-Œuvre, entreprise spécialisée Patrimoine et isolation biosourcée

BCB : D’une manière générale, présentez-nous un petit historique de la structure Pi-Œuvre ?

Anthony Stéphan : Nous avons démarré notre activité en 2013, autour de 3 grands axes. La partie dédiée maçonnerie du bâti ancien est de mon ressort. Enduit / Aménagement / Décoration / Finition haut de gamme, concernent Raphaël Giralt, mon binôme. Et le 3ème domaine du béton de chanvre, est à l’origine de la mutualisation de nos compétences. Il fait le lien entre la chaux pour Raphaël et le bâti ancien me concernant. Donc notre cœur d’activité est la maçonnerie du bâti ancien et l’isolation naturelle avec des matériaux biosourcés.

 

BCB : Et avant l’aventure Pi-Œuvre ?

AS : Raphaël Giralt et moi-même nous trouvons dans le bâtiment suite à nos reconversions professionnelles. De mon côté, j’ai suivi une formation de maçon pour le bâti ancien. Je me dirigeai vers le MH et j’étais intéressé par l’écoconstruction. Et j’ai commencé ma nouvelle vie professionnelle au sein de l’entreprise Batiéthic qui démarrait son activité basée sur le béton de chanvre projeté. Donc je suis tombé dedans dès le départ.
Et pour Raphaël Giralt, sa reconversion l’a amené au travail de la chaux aérienne et au chanvre également.

 

BCB : Vous avez prochainement un chantier à faire avec de la chaux vive.

AS : Effectivement, c »est un manoir du XVIIIe, l’intégralité est à restaurer. Dont une grande partie des murs à colombage à l’étage et un rdc en brique et silex. Les colombages pour la majorité vont être repris en béton de chanvre. A la demande de l’architecte, nous allons éteindre de la chaux vive pour confectionner une « chaux en pâte maison ». A partir de là nous formulerons nos enduits traditionnels pour les finitions intérieure et extérieure. De même que pour le badigeon posé à fresco et qui sera issu de la préparation de la chaux en pâte.

 

BCB : Pour cet édifice classé, vous disposez d’une qualification spécifique ?

Nous disposons d’une qualification CIP Patrimoine qui est un Certificat d’Identification Professionnel sur la maçonnerie du bâti ancien et donc d’une reconnaissance de nos capacités à intervenir sur le patrimoine. La taille de notre entreprise n’est pas adaptée pour disposer d’une qualification Monuments Historiques. Mais nous sommes reconnus à ce niveau-là. Pi-Œuvre a été la 1ère entreprise à obtenir ce certificat en Normandie quand cette qualification s’est mise en place.

 

BCB : Quels chantiers remarquables jalonnent votre parcours pro ?

AS : Il y a plusieurs types de chantiers que nous pouvons mettre en avant. De la restauration du patrimoine jusqu’à la décoration. Et qui représentent bien nos 3 domaines de prédilection : maçonnerie, biosourcé et finition décorative.

 

En patrimoine, me viennent à l’esprit 3 belles références très différentes les unes des autres au niveau des compétences en jeu. A savoir :

  • Restauration des façades d’un château du 17è, dans le Perche, avec la restauration de 1000 m² de façade, enduit et pierre de taille
Château du 17è dans le Perche, état initial

Château du 17è dans le Perche, état initial

Restauration par Pi-Œuvre d'un château du 17è dans le Perche

Restauration par Pi-Œuvre d’un château du 17è dans le Perche

  • Rénovation complète d’une maison du moyen-âge, à colombage

    Avec aménagement de chambres à coucher et salles de bains en lieu et place des caves initialement existantes. La grande difficulté résidait en la création d’un vide sanitaire. Nous avons pu le réaliser avec notre système spécifique de faible hauteur. Ce système intégre la mise en place d’un plancher suspendu hors sol avec pose d’un parquet pour la finition. L’ouvrage est complété par un enduit chaux anti-salpêtre sur les murs et un doublage isolant des parois avec du béton de chanvre

 

  • Très belle maison de maître de 1870, restaurée pendant le confinement en Picardie.

    Ses façades sont faites de briques rouges alternées avec des briques blanches. L’ouvrage a été repeint à maintes reprises, détériorant du coup ses briques. Nous avons ré-enduit l’ensemble avec des enduits chaux sable et restitué l’esthétique de l’ouvrage avec un badigeon. Cette finition posée à fresco reprend le code couleur des matériaux d’origine.

 

« Nous faisons aussi des murs objets, nous y déployons alors notre créativité ».

C’est la force du béton de chanvre que de pouvoir s’adapter à toute sorte de forme. Arrêtons de travailler sur des murs rectilignes ! Autrement, autant mettre de la plaque !

  • Et cela se concrétise sur un chantier par la création de murs en demi-cylindre. En accompagnement d’un poêle de section circulaire placé au centre de cet espace aux formes inhabituelles, réalisées en béton de chanvre projeté

Plus ponctuellement, nous faisons également de la décoration intégrant des formes organiques à même le mur.

  • Exemple ici d’un mur sur lequel nous avons créé de faux bouleaux, comme s’il y avait une forêt dans le mur
Faux bouleaux à la chaux pour un décor mural

crédit photo©Pi-Œuvre

isolation chanvre pi-oeuvre

crédit photo©Pi-Œuvre

 

« C’est la force du béton de chanvre que de pouvoir s’adapter à toute sorte de forme ».

 

Pour aller plus loin 

Restauration du Fort du Moulin sur l'Île de Port Cros

Le Fort du Moulin, restauration du patrimoine de Port-Cros

Restauration à la chaux du patrimoine historique de Port-Cros.

La restauration du patrimoine de Port-Cros continue avec la livraison du Fort du Moulin (Île de Port Cros dans le Var /83 – FR). L’entreprise Arléa Patrimoine est intervenue sur l’ensemble des 3 phases du chantier, depuis 2017. Avec dans un premier temps la restauration de la tour, dans un second temps les remparts de la forteresse, puis enfin l’intervention dans l’enceinte avec la restauration d’un bâtiment.

Le fort du Moulin est un des 4 forts de l’île destiné à l’origine à sécuriser la rade d’Hyères. Construit sous Richelieu, cet ouvrage classé Monument Historique présentait un état de dégradation très important nécessitant une restauration urgente et complète.

Interview de Christophe Valstar, dirigeant de Arléa Patrimoine, par BCB, en octobre 2020

 

RESTAURATION DE LA TOUR DOMINANT LA MER SUR 360°

 

BCB : L’embase de la tour a demandé un soin particulier pour restituer son intégrité.

Christophe Valstar (Arléa Patrimoine) : Il y a eu un déchaussement de la plaque rocheuse Tout le rempart étaient en désaplomb, en porte à faux sur 1 m. Une entreprise spécialisée a mis des pieux dans la roche, purgé la roche. Puis l’entreprise Garelli a fait une grosse pièce en béton sur ces tirants pris dans la roche

 

 

RÉPARATION DE LA L’ASSISE DE LA TOUR

 

BCB : Comment avez-vous habillé cette reprise de fondation en béton armé ?

CV : Nous avons reconstitué un parement avec maçonnage de pierre et enduit à la chaux pour recouvrir cette nouvelle assise. Dans un premier temps il a fallu refaire une assise plate dans la roche, que l’on a coupé sur 30 cm. Nous avons ainsi constitué une embase plane nous servant d’appui pour démarrer le maçonnage. Dans un deuxième temps, nous avons mis en place des gabarits métallique pour reconstituer le galbe de la forme générale du soubassement de la tour.

recréation de l'assise de la tour du Fort du Moulin - Port Cros

recréation de l’assise de la tour du Fort du Moulin – Port Cros

 

BCB : Vous avez-eu à traiter le point délicat de la jonction avec la partie supérieure

CV : Nous avons remaçonné jusqu’au-dessus de la nouvelle assise pour faire la jonction avec la partie supérieure de la paroi. On a placé des agrafes en inox à l’avancement du montage du parement afin de le solidariser mécaniquement avec le support. On a procédé de même mais longitudinalement avec des baguettes inox prises dans le parement. L’ensemble des renforts jouent du coup aussi le rôle de gabarit restituant la forme tronconique de l’assise de l’ouvrage. L’ensemble du parement pierre est recouvert par 5 à 6 cm d’un enduit traditionnel compte tenu des variations d’épaisseurs à rattraper pour se retrouver au nu de l’enduit existant.

 

BCB : Les pierres réutilisées sont celles du site ?

AP : Il n’y a que des pierres récupérées dans les massifs forestiers sur l’ile de Port Cros. Nous avons passé des journées entières de ramassage. Le tout charroyé au moyen d’une brouette à moteur, à chenille, qui permet de véhiculer 3 t de matériaux. Le terrain est difficilement praticable. Ce travail de collecte est conséquent parce qu’on est sur une ile. Le moindre matériau est déplacé 3 fois ! Cela nous impose une manutention énorme.

 

BCB : Vous avez fait une recherche de teinte pour retrouver la couleur en place 

AP : Nous avions l’avantage de connaître le site depuis quelques années, et donc de maîtriser l’aspect teintes. Ici c’est principalement de la terre de sienne.

Pour la composition, on ajoute du sable lavé pour que le mortier soit un peu plus aéré. Les sables sont trop fins au départ et on risque la fissuration quand on met de l’épaisseur comme dans notre cas. Et on met aussi du petit gravillon roulé que je trouve en carrière, ce qui nous permet de retrouver ce grain qu’on avait autrefois quand les artisans utilisaient du sable de plage. Cela donne de la texture et accroche la lumière. En tout cas, il faut être très vigilant sur la composition granulométrique quand on fait de l’épaisseur.

 

BCB : Pour la finition, c’est presque un enduit à pierre vue que vous avez fait !

CV : Il est affleurant et sa prise à la lumière est quasi identique à celle de l’enduit existant au-dessus. La chaux est préparée avec un mélange de chaux Tradical® Bâtir et de chaux aérienne Tradical® H 98, en proportion 50/50, alors que lorsqu’on maçonne, on utilise Tradical® Bâtir tel.

  • La surface enduite en soubassement représente 65 m².
  • Notre intervention portait également sur la tour au-dessus. En décroûtant l’ensemble du support, nous sommes tombés sur d’anciennes réparations, avec des pierres debout par exemple. Ponctuellement, nous avons remaillé des pierres dans le cas de gros dégâts. Cet ensemble représentait une surface de 250 m²

 

DE NOUVEAUX ENDUITS POUR LES REMPARTS

 

BCB : On voit sur la photo ci-dessous à gauche, l’état général de dégradation des enduits et même des murs, en général sur le fort. La maîtrise d’œuvre a opté pour quelle solution ?  

CV : On peut dire que le lieu était à l’abandon complet. D’où le niveau de détérioration. Au point que certaines parties ont dû être rechargées en pierres.

Notre regard habitué à voir la pierre, nous incite à restituer des ouvrages finis se rapprochant de cet état actuel, mais en « neuf ». Historiquement, tous ces bâtiments militaires étaient enduits. L’enduit était là pour protéger les murs. Donc nous avons réparé ces murs d’enceinte, côtés intérieurs comme extérieurs sur 1300 m², lors de la 2ème tranche des travaux.

En quantitatif, on a utilisé 60 big bags de sable et une vingtaine de palettes de Tradical® Bâtir et Tradical® H 98, avec une coloration du mortier à la terre de sienne.

 

BCB : les surfaces à enduire sont d’un seul tenant sans modénature pour limiter les surfaces. Comment avez-vous procédé pour éviter toute trace de reprise ?

AP : On procède différemment : on travaille à 2 compagnons par étage d’échafaudage, on avance en se passant la lance d’étage à étage. On progresse petit à petit de la gauche vers la droite, les raccords se font toujours à la verticale. Quand on fait ce type d’ouvrage, on met du monde.

Vue extérieure du rempart enduit avec les chaux Tradical®

Vue extérieure du rempart enduit avec les chaux Tradical®

 

L’ART DE LA LOGISTIQUE DANS LE CADRE DE LA RESTAURATION DU PATRIMOINE DE PORT-CROS

 

BCB : Le fait d’œuvrer sur un site insulaire apporte des contraintes logistiques ?

CV : Précédemment, j’évoquais l’utilisation de la pierre en local. Les autres matériaux, chaux et sable, proviennent du continent. On utilise un sable bien particulier car il permet déjà de s’approcher de la teinte finale que l’on veut obtenir. Il s’agit du sable de Vaugines, c’est une carrière proche d’Aix en Provence. Il est livré en 19 ou 24 t au port du Lavandou. De là, une compagnie avec laquelle on travaille depuis longtemps, prend nos big-bags, les amène sur l’ile. On décharge les big bag pour ensuite les acheminer avec notre petite brouette à moteur, à l’intérieur de l’enceinte du chantier. Donc effectivement c’est une contrainte à intégrer dans le phasage opérationnel.

 

PRÉPARER LES SUPPORTS, PUIS ENDUIRE À LA CHAUX

 

BCB : Il y a une métamorphose entre l’avant et l’après. Quelles opérations avez-vous mené avant de faire l’enduit traditionnel à la chaux en 3 couches ?

CV : Sur les moellons qui n’étaient plus protégés par un enduit, on a procédé à un lavage à grandes eaux, 2 à 3 fois, sans pression, pour enlever la poussière, les lichens, la terre…Entre chaque passage, on laisse complètement sécher. Cette seule phase nous a occupé une grande semaine.

 

Tous les enduits encore présents ont été décroûtés, soit une surface totale de 1300 m² à 5 compagnons. Avec évacuation de l’ensemble des gravats.

 

L’enduit traditionnel s’est fait dans les règles de l’art, avec des temps de séchage conséquents entre chaque couche : gobetis, puis 2 semaines de séchage, suivi du corps d’enduit avec 3 semaines de séchage, puis finition.

 

 

DE LA GESTION DES DÉCHETS LORS DE LA RESTAURATION DU PATRIMOINE DE PORT-CROS

 

BCB : Quelles sont les contraintes liées aux déchets ?

CV : Le problème des gravats est généré est dû au fait que nous intervenons au cœur d’un parc naturel, qui plus est, sur une île. Nous devons répondre à des restrictions particulières : c’est-à-dire qu’on ne peut pas réutiliser les gravats sur l’île. Écologiquement cela pourrait être vertueux, réutiliser des mortiers de chaux broyés à d’autres fin que celle d’un enduit. Mais en fait, lors du décroûtage par exemple, les morceaux tombant au sol sont pollués : en les ramassant on emporte également de la terre dans laquelle, à Port Cros, sont présentes des graines d’oxalis, qui est le petit trèfle au fleur jaune omniprésent sur l’île. Automatiquement, cela pollue les gravats qu’on ne peut pas remettre pour aménager les chemins par exemple parce qu’on va avoir cette fleur qui va proliférer.

Donc tous les gravats sont mis en bigbag, évacués par la mer, récupéré au port et amené en décharge. Une logistique obligatoire pour les matériaux remplacés.

 

 

 

RÉPARATION ET REMPLACEMENT DE PIERRES DE TAILLE

 

BCB : Dans la phase 2 de la restauration du fort, vous êtes intervenus également dans le registre de la taille de pierre pour des éléments spécifiques

CV : Certaine pierres de taille étaient très dégradées. Et il a fallu les remplacer, pour recomposer les modénatures partiellement ou complètement.

 

1.     Réparation d’une chaîne d’angle

Par exemple, certaines pierres de cette chaîne d’angle étaient tellement érodées qu’elles étaient quasiment parties en sable. Et donc là il y a eu une recherche de grain de pierre pour essayer de retrouver la même teinte, la même texture. Puis repositionnement pour une intégration à l’existant.

2.     Montage à sec d’un encadrement en pierre puis mise en place

Nous avons reproduit les encadrements d’une ouverture. On en voit ci-dessous la préparation du montage avec la mise en place à sec des différents blocs prêts pour la pose. Puis suit le maçonnage dans le muret. On voit des armatures en fibres de verre, blanches, ce sont des tiges de fil de verres, qu’on met sur les ouvrages quand on a besoin de résistance. Parce qu’ensuite sur ce mur un garde-corps sera mis en place, et on sait que tous ces murs maçonnés en pierre ont des problèmes de tenu au cisaillement. Donc on avait besoin de gagner en résistance mécanique sur ce point. Le phasage complet consistant à démonter le mur, le remonter avec une rehausse, renfort fibre de verre, une première passe d’enduit à la chaux et puis une 2ème passe d’enduit gratté pour la finition.

Le muret est remaçonné à la chaux, et l'encadrement finalisé.

Le muret est remaçonné à la chaux, et l’encadrement finalisé.

 

PRÉSERVER LA MISE HORS D’EAU DES SOLS

 

CV : La mise hors d’eau est un aspect essentiel de la durabilité des ouvrages quels qu’ils soient.

Pour les remparts du Fort du Moulin, on a ajouté des barbacanes parce que les niveaux de terres ont changé, depuis l’origine, soit des centaines d’années. Les eaux pluviales s’évacuaient difficilement à l’intérieur du fort, ce qui abimait beaucoup les murs, donc on a reproduit les barbacanes d’origine, c’est de la taille de pierre relativement précise. Il a fallu percer le rempart, et les positionner sur des points correspondant au niveau actuel des sols. On laisse les barbacane qui ne sont plus opérationnelles mais on en recréer d’autre pour assurer la fonction de mise hors d’eau des sols.

 

En réparation connexe, on a changé également des bourrelets, qui sont souvent présent sur ces constructions Vauban. Ils sont en pierre plus tendre, comme pour les encadrements. C’est de la pierre de Pondre. Nous avons changé certains éléments de modénatures en boudin, parce qu’ils étaient complètement érodés.

 

L’enduit du rempart est également refait à façon comme évoqué en d’autres points. Il faut faire attention au choix des matières premières et avec les connaissances adéquates on fait de belles choses.

 

« Il faut faire attention au choix des matières premières,
et avec les connaissances adéquates on fait de belles choses. »

Contrôle du bon fonctionnement de la nouvelle barbacane

Contrôle du bon fonctionnement de la nouvelle barbacane

 

POUR LA 3è TRANCHE DES TRAVAUX DE RESTAURATION DU PATRIMOINE DE PORT-CROS : APRES LES REMPARTS ET LES ZONES DE CHEMINEMENTS, RESTAURATION D’UN BÂTIMENT.

 

BCB : Pour le corps de bâtiment présent dans l’enceinte, vous avez été confronté au même niveau de détérioration que pour les remparts. Est-ce que les solutions techniques restent les mêmes ?

CV : Pour ce bâtiment à l’intérieur du fort. Nous sommes toujours en présence de maçonneries anciennes. Certaines parties étaient effondrées, d’autres étaient murées. Le projet nous demandait de reconstituer les ouvertures selon leur configuration initiale.

La toiture a été intégralement refaite. On la voit terminée, cheminée face à la mer. Nous avons pérennisé l’ouvrage avec des techniques modernes, mais pour préserver l’aspect ancien, la couverture est constituée de tuiles de récupération. Les souches de cheminées sont des répliques des souches existantes sur place.

Restauration à la chaux d'un bâtiment au cœur de l'enceinte du Fort du Moulin

Restauration à la chaux d’un bâtiment au cœur de l’enceinte du Fort du Moulin

Restauration des toitures du Fort du Moulin - Port Cros

Restauration des toitures du Fort du Moulin – Port Cros

 

BCB : vous avez abordé comme pour la restauration sur l’île de Ste Marguerite (06) l’utilisation du Chanvre et chaux en intérieur

CV : L’intérieur de ce bâtiment reçoit un enduit hygrothermique chanvre et chaux sur environ 300 m². L’épaisseur moyenne est de 5 à 6 cm. On reste dans une logique d’enduisage sur moellons, avec l’apport d’une correction thermique, parfaitement compatible, avec une durée de vie conséquente. De plus, c’est la solution parfaite pour compenser le fruit des murs et gommer l’irrégularité du support.

L’enduit hygrothermique chanvre reste en l’état, sans être recouvert.

 

ET LES QUALITÉS DE L’ENTREPRISE ARLÉA PATRIMOINE POUR RÉUSSIR UN TEL PROJET ?

 

BCB : D’une manière générale, comment organisez-vous votre présence pour ce type de restauration sur une île ?

CV : On part le lundi matin très tôt et on rentre le vendredi. Cela nécessite des équipes soudées pour fonctionner en harmonie. En hiver le site est désert, il peut y avoir des tempêtes, et quelquefois, on est plus nombreux que les habitants. Les conditions de travail peuvent être rude hors saison.

 

BCB : Quelles sont les qualifications de l’entreprise Arléa Patrimoine ?

CV : Pour faire des chantiers Monuments Historiques, Il faut avoir à son actif trois références de travaux similaires, 3 attestations de bonne fin de travaux. Ça vaut n’importe quelle qualification. Donc nous œuvrons dans ce cadre avec des attestations signées par des architectes du patrimoine. Il faut des références. Notre credo est de rester une entreprise de petite taille, faire des chantiers qui nous plaisent et livrer des interventions de qualités.

 

« Notre crédo est de rester une entreprise de petite taille, faire des chantiers qui nous plaisent et livrer des interventions de qualités ».

 

 

 

 

FICHE CHANTIER FORT DU MOULIN | RESTAURATION DU PATRIMOINE DE PORT-CROS

 

Les acteurs de la restauration du patrimoine de Port-Cros 

 

  • Maîtrise d’ouvrage : Parc National de Port Cros
  • Maîtrise d’œuvre : DRAC et architecte du Patrimoine
  • Entreprise : Arléa Patrimoine, société coopérative et participative – 4987 Chemin de Sainte Colombe – 06140 VENCE | http://www.arlea-patrimoine.com/

 

Applications chaux pour la restauration du patrimoine de Port-Cros 

  • Maçonnage : Tradical® Bâtir + sable
  • Enduisage : ½ Tradical® Bâtir + ½ Tradical® H98
    • Tradical® Bâtir (chaux de classe FL A 3.5) et Tradical® H 98 (chaux aérienne de classe CL 90 S) sont des chaux conforment à la norme européenne des chaux de construction NF EN 459.

 

Application enduit hygrothermique pour la restauration du patrimoine de Port-Cros 

  • Isolation : Tradical® Bâtir + Chanvribat®
    • 22 m3 mis en œuvre par projection mécanique
    • Le couple chaux chanvre Tradical® Bâtir + Chanvribat® est validé par Construire en chanvre et conforme aux exigences performantielles des Règles Professionnelles d’exécution des ouvrages en béton de chanvre
    • Tradical® Bâtir est une chaux de classe FL A 3.5 selon la norme européenne des chaux de construction NF EN 459
    • Chanvribat® est un chanvre labellisé Granulat Chanvre Construction
    • Ce couple chaux chanvre bénéficie d’une réaction au feu A2, s1-d0

 

Crédit photos : Arléa Patrimoine

 

Votre contact pour aller plus loin :

Eric Delanoë, conseiller technique Tradical®, Tél 06 76 45 09 03 , mail ericdelanoe@lhoist.com 

centrale d'acquisition de données pour Cahors ENERPAT

Monitoring du démonstrateur béton de chanvre de Cahors

L’expertise de l’INSA de Toulouse pour le monitoring du bâtiment démonstrateur de Cahors, programme ENERPAT-SUDOE

Le Laboratoire Matériaux et Durabilité des Constructions (LMDC) est rattaché à l’Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse (INSA). Il intervient en formation et recherche aussi bien dans le domaine du génie civil que dans celui du Patrimoine. Son expertise en Génie Physique et plus particulièrement dans les phénomènes de transfert thermohygrique en fait un référent incontournable sur ce sujet primordial quand on aborde la rénovation du patrimoine d’une part, et la compatibilité des systèmes isolants dans ces ouvrages d’autre part.

Rencontre avec Marina Malagoni qui intervient au LMDC pour la partie MONITORING du bâtiment démonstrateur du centre ancien de la ville de Cahors

 

Interview de Marina Malagoni – Doctorante à l’INSA de Toulouse au sein du Laboratoire Matériaux et Durabilité des Construction, par BCB, le 14 09 2020

 

LE PROGRAMME D’ECO-RENOVATION ENERPAT DE CAHORS

Il intègre des solutions respectueuses des matériaux anciens et du fonctionnement global de l’ouvrage avec une isolation qui apporte des réponses en thermique et en gestion de l’humidité. Plusieurs phases se sont succédées :

  • Recherche et sélection d’isolants à faible impact environnemental, capables d’apporter un confort thermohygrique en toute saison
  • Validation de ces solutions au travers d’études menées par un laboratoire spécialisé, connaissant déjà les matériaux envisagés.
  • Rénovation des 2 bâtiments anciens, réunifiés pour n’en faire plus qu’un seul disposant d’une nouvelle configuration intérieure en phase avec nos modes de vie actuels

D’autres phases sont à venir :

  • Après l’installation en fin d’année des premiers locataires, commencera  le monitoring du bâtiment démonstrateur. Pour un suivi des performances en temps réel durant 3 ans, et analyses des résultats pour validation des solutions.
  • Analyse du confort thermohydrique des utilisateurs par application de questionnaires. L’intérêt de cette analyse est de construire des indicateurs de confort pouvant être mis en parallèle avec les mesures climatiques effectués.
  • Développement de filières, à l’échelle locale ou régionale, à court et moyen terme, concernant aussi bien les compétences professionnelles que les matériaux. L’objectif est de disposer de tous les moyens nécessaires à la réussite de ce type d’éco-rénovation dans les futurs programmes ou projets à l’échelle de la Communauté de Commune

 

 

LE CONTEXTE CONCERNANT L’INTERVENTION DU LMDC DE L’INSA DE TOULOUSE

Le Laboratoire Matériaux et Durabilité des Constructions (LMDC) de l’INSA de Toulouse a été retenu pour les aspects recherche et développement relatifs aux matériaux d’isolation au sein du programme ENERPAT SUDOE de la Ville de Cahors.

Le choix des matériaux pour le bâtiment démonstrateur s’est fait au cours d’ateliers de co-création en présence de toutes les parties prenantes du projet. À partir de propositions du LMDC, une analyse a été menée suivant un ensemble de critères – techniques, économiques, scientifiques…- pour définir les matériaux les plus adaptés au projet d’éco-rénovation de Cahors.

Au final, le béton de chanvre a été retenu pour l’isolation intérieure des parois du bâtiment.

Ce bâtiment démonstrateur sera bientôt réceptionné. C’est dans ce cadre que nous évoquons avec Marina Malagoni les phases à suivre concernant l’intervention du LMDC.

 

 

INSTRUMENTATION DU BÂTIMENT DÉMONSTRATEUR DE CAHORS

 

BCB : Quel sera la configuration de l’instrumentation ?

Marina Malagoni : Prochainement on va mettre en place du matériel sur les niveaux 2 et 3. Une centrale d’acquisition Gantner sera placée au niv 2 dans la chambre et sera connectée en fait également pour faire des relevés sur la chambre du niv3. Les données seront relevées par connexion wifi.

Il y aura aussi au 3ème étage des capteurs autonomes de type Kimo®, qui vont être suspendus à la sous-face de la toiture. Et là il faudra faire des relevés de données sur place tous les 2 mois pour les valeurs de températures, d’humidité, de luminosité et CO2.

Implantation de la centrale d'acquisition et des capteurs, au niveau 2,par le LMDC de l'INSAT. Bâtiment / ©LMDC démonstrateur de Cahors

Implantation de la centrale d’acquisition et des capteurs, au niveau 2, par le LMDC de l’INSAT. Bâtiment démonstrateur de Cahors / ©LMDC

Implantation de la centrale d'acquisition et des capteurs, au niveau 3,par le LMDC de l'INSAT. Bâtiment / ©LMDC démonstrateur de Cahors

Implantation de la centrale d’acquisition et des capteurs, au niveau 3, par le LMDC de l’INSAT. Bâtiment démonstrateur de Cahors / ©LMDC

L’instrumentation pour recueillir les données de l’ambiance intérieure est très importante car la manière d’utiliser chaque appartement influe directement sur la qualité de vie. Quand on a des enfants qui bougent tout le temps par exemple, quand on est en présence de personnes qui restent fréquemment dans l’appartement ou qui sont très souvent dehors, les résultats sont directement impactés.

Pour l'acquisition de données concernant l'ambiance intérieure, utilisation de capteurs du type KIMO® : température, humidité, CO2 et LUX

Pour l’acquisition de données concernant l’ambiance intérieure, utilisation de capteurs du type KIMO® : température, humidité, CO2 et LUX

Pour la mesure de l'enveloppe du bâtiment, du doublage isolant béton de chanvre en surface et dans son épaisseur, la centrale Gantner est dédiée à l'acquisition des données : température, humidité et densité de flux thermique.

Pour la mesure de l’enveloppe du bâtiment, du doublage isolant béton de chanvre en surface et dans son épaisseur, la centrale Gantner est dédiée à l’acquisition des données : température, humidité, densité de flux thermique et température et humidité au centre de la pièce (température ambiante)..

 

BCB : Est-il nécessaire de connaitre le matériau béton de chanvre pour réussir les analyses à partir des résultats des relevés ?

MM : Il faut connaître le matériau bien sûr parce qu’en fonction des mélanges, en fonction des modes opératoires de mise en œuvre – projection mécanique, banchage, préfabrication…), les  propriétés mécaniques et physiques seront différentes. Afin d’avoir des repères tangibles, on a réalisé des essais en laboratoire pour connaitre les propriétés de ce matériau et on couplera ces connaissances avec l’analyse des résultats donnés par les capteurs qui seront mis en place, et on comparera.

On a réalisé également une simulation thermodynamique pour avoir un 3ème type d’analyse.

Du fait qu’on dispose de l’ensemble des propriétés du béton de chanvre, on a pu facilement insérer les valeurs dans un logiciel de simulation pour nous rendre compte du comportement du bâti, des parois etc. sur des aspects qui vont bien au-delà du seul R.

Donc connaitre le béton de chanvre est le préalable à toute expérimentation in-situ.

 

 

BÉTON DE CHANVRE : SA CARACTÉRISTIQUE ESSENTIELLE DE TAMPON HYGRIQUE

 

BCB : Comment allez-vous décrypter les relevés dont vous disposerez ?

MM : Un des grands objectifs de cette rénovation est la réduction des consommations énergétiques. Un autre concerne le confort des habitants. Par exemple on verra si on atteint 90 % de satisfaction dans le domaine thermique. Un tel niveau de résultat signifierait qu’on dispose d’une vraie qualité d’habiter.

Un autre point que nous allons suivre avec attention est celui de la durabilité des parois. Quand on pose un matériau isolant en intérieur afin de ne pas intervenir sur les façades historiques, on a souvent des problèmes de moisissures : lorsque la température extérieure diminue, l’air en contact avec la face intérieure de la paroi, qui présente une température plus basse, va condenser. On dispose alors d’une ambiance parfaite pour créer des champignons.

Si le béton de chanvre a été retenu pour isoler le bâtiment démonstrateur du centre ancien de Cahors, c’est justement pour éviter ce phénomène.

 

BCB : C’est la différence de température intérieure entre le mur ancien et l’isolant qui fait qu’il y a condensation et donc développement de moisissures puisque l’eau est enfermée et ne peut pas circuler…

MM : Effectivement pour toute activité humaine en intérieur : cuisine, douche, respiration, on libère beaucoup de vapeur d’eau. Par ailleurs, une fois qu’on isole un bâtiment, l’objectif est d’empêcher la chaleur de sortir pendant l’hiver.  En fonction du type de matériau isolant qu’on utilise, on bloque le transfert de la vapeur d’eau.

Et c’est là qu’on a un problème. On isole. Les températures à l’intérieur et à l’extérieure sont différentes. La température de surface de la paroi à l’intérieur du bâtiment est inférieure à la température de l’air intérieur. Et une fois que l’air entre en contact avec cette surface on a de la condensation.

Crédit image : Fiches Amélioration Thermique du Bâti Ancien (ATHEBA) - disponible sur : http://maisons-paysannes.org/

Crédit image : Fiches Amélioration Thermique du Bâti Ancien (ATHEBA) – disponible sur : http://maisons-paysannes.org/

Le même phénomène se produit dans les isolants multicouches, du fait de températures et de perméances différentes entre les couches.

Le béton de chanvre, lui, est intéressant parce qu’il est à la fois isolant et perméant.  Il dispose d’une très grande porosité grâce à la chènevotte constituée d’un réseau de capillaires très dense et spécifique. L’association chènevotte + chaux génère un matériau qui fait office de tampon hygrique. Celui-ci permet :

1/de gérer les fluctuations d’humidité.

  • Quand l’humidité dans la pièce augmente, le béton de chanvre absorbe l’excédent.
  • Et quand l’humidité  diminue dans la pièce le béton de chanvre en restitue.

Pour au final assurer un équilibre hygrique dans une fourchette comprise entre 50 à 60 % d’HR.

2/ de disposer d’une température de surface de la paroi intérieure très proche de la température de l’air intérieur,. Donc pas de phénomène de condensation.

En conséquence, on évite la formation de toute manifestation pathologique liée à la condensation interstitielle et donc l’apparition de moisissures. L’ensemble garantit confort thermique, hygrique et qualité de l’air.

 

BCB : Donc cela signifie qu’il faut disposer d’une paroi globale très perméantes

MM : Oui, exactement il faut qu’on garde cette propriété originale. Les parois historiques en générale sont des parois très perspirantes. Une fois qu’on isole avec des matériaux modernes, laines minérales etc., on va surement avoir des problèmes de condensation interstitielle avec apparition de moisissures, donc dégradation de la santé des habitants…

 

BCB : Si le mur est perméant, il faut que les finitions le soit également ?

MM : C’est vrai, Isolant et finition doivent disposer des mêmes atouts pour que la solution globale soit perméante

 

BCB : Que dire de la « course » à la résistance thermique (R) la plus élevée possible ?

MM : Paradoxalement, plus un matériau dispose d’un pouvoir isolant important, plus il va baisser la température de la surface en contact avec un autre matériau ou avec l’air, plus il va augmenter la possibilité de créer de la condensation.

 

BCB : Donc être très isolant n’est pas un avantage dans le bâti patrimonial ?

MM : Exactement, il faut trouver un équilibre. Le béton de chanvre est parfait pour les bâtiments historiques parce qu’il offre un couplage idéal entre isolation de qualité (10 cm suffisent pour disposer de performances thermiques intéressantes) et perspirance. Il faut laisser sortir l’humidité. Si ce point-là n’est pas assuré, on génère de futurs problèmes.

 

 

LE MONITORING DU BÂTIMENT DÉMONSTRATEUR DE CAHORS

 

BCB : Le monitoring c’est le suivi des mesures sur site,  ou c’est toute la démarche, y compris l’analyse de l’INSA

MM : Quand on utilise le terme MONITORING, on considère la phase de suivi du comportement hygrothermique de l’enveloppe du bâtiment, incluant les conditions de fonctionnement extérieur, intérieur et les transferts hygrothermique et hygrothermique à l’intérieur de la paroi.

 

BCB : Quel est la répartition des rôles avec la Ville de Cahors ?

MM : L’INSA gère toutes les phases du monitoring : recherche des emplacements pour les capteurs, pose des capteurs, câblage, traitement des données, analyses. L’ensemble des résultats étant remis à la Ville de Cahors

 

BCB : Est-ce qu’une analyse sera faîte pour relever et comprendre les écarts entre les objectifs théoriques des performances et la réalité de fonctionnement du bâtiment ?

MM : Les phénomènes physiques au niveau des parois sont très complexes et difficiles à modéliser. Et on a toujours des écarts entre les valeurs simulées et les valeurs mesurées. Un des objectif important du projet est de réduire les incertitudes de calcul, réduire les écarts pour disposer de simulations les plus fiables possible.

Cela passe par l’amélioration de la méthodologie d’un chantier d’éco-rénovation dans lequel chacun et chaque élément influent sur le résultat de la performance thermohygrique : la MOA, la MOE, les entreprises, la connaissance du bâti existant, la maîtrise des matériaux et des techniques, les mesures même du monitoring

 

BCB : Les 3 villes mettent en place un monitoring sur leur bâtiment respectif. Est-ce qu’une analyse comparative des résultats sera possible, hiérarchisant de fait la valeur des solutions techniques mises en place dans les bâtiments ?

MM : Le but n’est pas de faire des comparaisons de cette manière-là. Parce que les contextes sont très différents : Les 3 sites présentent

  • des typologies architecturales qui leurs sont propres : avec des petites surfaces pour Cahors ; pour Victoria Gasteiz, c’est un peu plus grand, alors que pour Porto, on est sur de grands volumes.
  • des systèmes constructifs différents
  • des matériaux utilisés très différents aussi.
  • des solutions d’éco-rénovation distinctes : du béton de chanvre pour Cahors, du liège pour Victoria Gasteiz et des panneaux isolants constitués de matériaux recyclés pour Porto.

 

BCB : On peut ajouter les conditions climatiques à cette liste.

MM : Oui les températures et leurs amplitudes ne sont pas comparables, idem pour les taux d’humidités.

Ne pas oublier que les habitants sont aussi différents, avec des modes de vies distincts.

 

BCB : Donc multiplicité plutôt que compétition.

MM : Les programmes en cours sont adaptés aux contextes : politique, énergétique, technique, filière professionnelle et filière matériaux. Compte tenu de l’ensemble de ces variables, le but à Cahors, Victoria Gasteiz et Porto est de valider l’éco-rénovation – les solutions et modes opératoires – en tant que démarche pour restaurer les centres anciens avec des solutions locales voir régionales.

 

BCB : Quelle communication sera faite en cours ou à l’issue du monitoring ?

MM : Il y a  d’abord les échanges entre les différents laboratoires du programme ENERPAT, entre l’INSA de Toulouse et le Grand Cahors. En parallèle nous envisageons la publication d’articles scientifiques en relation avec les thèses développées et les stages mis en place.

 

BCB : Cela laisse augurer qu’au niveau européen, il y aura moyen de concevoir l’éco-rénovation énergétique du patrimoine en intégrant des solutions en phase avec la culture et l’économie de chaque région pour privilégier les filières courtes.

MM : Pour le programme SUDOE qui nous concerne, le fait de fonctionner ainsi sur 3 villes en parallèle a permis de multiplier les pistes de travail, d’échanger sur les méthodologies pour rendre possible l’éco-rénovation.

 

« Et pour le centre ancien sur lequel nous intervenons, Cahors, c’est une belle idée que d’utiliser un matériau comme le béton de chanvre dont une des caractéristiques est d’émettre moins de CO2 que bien d’autres matériau ! »

 

On est sur un programme qui expérimente, jusque dans la phase monitoring. Cette expérimentation bénéficie d’un financement européen, indispensable, parce que les coûts de telles opérations sont importants.

 

« Le but est de concrétiser des pistes pour que l’Europe commence à pratiquer la démarche de l’éco-rénovation à l’échelle des centres anciens ».

 

 

 

FICHE CHANTIER RÉNOVATION BÉTON DE CHANVRE DU BÂTIMENT DÉMONSTRATEUR DE CAHORS

  • Lieu : angle des rues Saint James et du Petit Mot – Cahors
  • Date de début du chantier : 2018
  • Date de livraison : fin 2020

 

Les acteurs du projet Monitoring

  • MOA : Communauté d’Agglomération du Grand Cahors
  • MOE : Matthieu Delcour Architecture et Environnement, 70 rue G. Clémenceau – 46000 Cahors
  • Programme expérimental monitoring et analyses : Laboratoire des Matériaux et Durabilité des Constructions (LMDC) de l’INSA de Toulouse.
  • Fourniture de la centrale de récupération de données :

 

 

Le projet d’éco-rénovation du bâtiment démonstrateur de Cahors

Il consiste en la réunification de 2 bâtiments accolés pour disposer de surfaces plancher en phase avec notre manière d’habiter actuelle. Isolation complète avec des solutions bio-sourcées

Suppression du mur mitoyen permettant la fusion des deux immeubles

Suppression du mur mitoyen permettant la fusion des deux immeubles / photo©Ville de Cahors

La réfection totale de la toiture (reconstruction de la charpente en chêne)

La réfection totale de la toiture (reconstruction de la charpente en chêne) / photo©Ville de Cahors

 

 

Applications

1. Isolation biosourcée Béton de Chanvre Tradical® en application Doublage Intérieur

  • Produits : chaux Tradical® Thermo + chènevotte Chanvribat®
    • Le couple chaux chanvre Tradical® Thermo + Chanvribat® est validé par Construire en chanvre et conforme aux exigences performantielles des Règles Professionnelles d’exécution des ouvrages en béton de chanvre
    • Tradical® Thermo est une chaux de classe FL A 3.5 selon la norme européenne des chaux de construction NF EN 459
    • Chanvribat® est un chanvre labellisé Granulat Chanvre Construction
    • Ce couple chaux chanvre bénéficie d’une résistance au feu EI 240, la meilleure possible et qui confère au Béton de Chanvre Tradical® un véritable rôle de sécurité incendie
  • Épaisseur de l’application : Sur 12 cm d’épaisseur

 

2. Finition intérieure : enduit traditionnel à la chaux

  • Produit : chaux Tradical® Bâtir + sable local
    • Tradical® Bâtir est une chaux de classe FL A 3.5 selon la norme européenne des chaux de construction NF EN 459

 

POUR ALLER PLUS LOIN

 

VOTRE CONTACT

BCB Tradical®, votre expert en béton de chanvre et chaux aérienne.

 

ossature bois et chaux chanvre

Le béton de chanvre pour un éco-lieu dédié au bien-être

Daniel Bayol a livré sur le dernier trimestre 2019 une rénovation/construction d’un ouvrage qui combine salle multifonction et bureaux, ensemble dédié au bien-être + lieu d’habitation. Le projet utilise le biosourcé au travers de différents matériaux dont le béton de chanvre pour la partie neuve. Daniel Bayol nous relate l’aventure, parce que c’en est une, et nous rappelle qu’intervenir sur un bâti ancien est une démarche ô combien exigeante.

Interview de Daniel Bayol, DB Chanvre (Assistance à maîtrise d’Ouvrage), par BCB, le 24 07 2020
NOTA : la maîtrise d’ouvrage est privée et est mentionnée dans l’article sous les désignations MOA ou « la propriétaire ».

 

BCB : Comment ce projet d’ECO-LIEU POUR LE BIEN-ÊTRE a pu se concrétiser ?

Daniel Bayol (DB) : Tout débute par ma rencontre avec ma future cliente lors de la journée porte ouverte que j’avais organisée pour la visite de ma propre maison en cours de construction.

À partir de là, elle m’a soumis un cahier des charges pour son propre projet, à savoir la conception d’un éco-lieu associant salle de yoga et habitation. Avec la possibilité de superposer ou de juxtaposer les fonctions.

Les attendus à respecter étaient multiples : le terrain devait s’étendre sur 5000 m², disposer d’une belle vue, la maison en bioclimatique serait orientée sud sans ombre portée. En fait à ce stade, après de très nombreuses visites de sites, nous n’avons pas trouvé l’emplacement idéal.

Puis par la suite, pour aller au bout de son projet, ma cliente m’a questionné sur la possibilité de faire un tel projet en rénovation. Je l’ai rassurée sur le fait que le béton de chanvre fonctionnait aussi bien en construction que sur de l’ancien.

Et là, grâce à cette approche élargie, ma cliente a pu se projeter en visitant d’autres sites.

Pour finalement trouver sur Vidauban (83) une bastide en pierre avec un beau terrain de la surface recherchée et disposant d’un beau potentiel de constructibilité.

Etat initial de la Bastide avant rénovation avec extension

Etat initial de la Bastide avant rénovation avec extension


BCB : Quelles sont les grandes lignes de la configuration du projet ?

DB : Le site trouvé, s’en sont suivis l’achat et le dépôt d’un avant-projet qui détaille la répartition des fonctions de la maison :

  • La partie haute est dédiée à l’habitation privée
  • Le bas, jusqu’ici garage et studio, est transformé en bureaux, avec l’adjonction d’une extension pour la salle multifonction.

Plus précisément pour le Rdc, le projet intègre 2 bureaux aménagés à destination de praticiens de soins tels que masseurs, kinésithérapeutes, ostéopathes… qui pourront louer à la séance, au mois…en fonction de leur besoins réels.

Et afin d’être conforme à la réglementation, tout a été fait selon les normes ERP et PMR, pour l’accueil, la circulation, l’accès (avec rampe), les sanitaires, la salle de bain,  la sécurité.

Et accolée à ce rez-de-chaussée rénové, nous avons construit l’extension en béton de chanvre et ossatures bois. Partie essentielle du projet.

 

« De plus, je trouve que le mariage de l’ancien et du neuf fonctionne bien. Très souvent d’ailleurs, on voit que le contemporain va parfaitement avec l’ancien »

 

BCB : Comment êtes-vous passé de la demande initiale « salle de yoga » à un potentiel qui en fait une salle multifonction, tout en restant en biosourcé ?

DB : Au départ cette salle a été envisagée comme salle de yoga pour répondre à l’activité de professeur de yoga de ma cliente. Mais en fait elle a poussé plus loin sa démarche pour en faire une salle associative afin de répondre à la demande locale qui est en attente de tels dispositifs. De sorte que le lieu peut être transformé en fonction des évènements, avec une jauge limitée à 19 personnes, afin de rester en ERP catégorie 5.

Nécessairement, l’emplacement reçoit tous les équipements requis : chaises, vidéoprojecteur, écran, sonorisation. On peut ainsi passer de la configuration salle de yoga à la configuration salle de sports, salle dédiée aux activités associatives (colloques, rencontres, événements…).

 

BCB : Pourquoi le choix du béton de chanvre ?

DB : La MOA a fait le choix du Béton de chanvre parce que c’est un matériau naturel, et pour ce qu’il génère : la qualité de l’air, la gestion de l’humidité, la régulation des températures, bref tout ce que l’on connait du béton de chanvre et que j’explique depuis des années. Des qualités qui l’ont séduite et qu’elle voulait retrouver sur ce projet d’agrandissement.

De par son activité de professeur de yoga et sa sensibilité, elle accorde aussi une place essentielle au ressenti d’un lieu, et le béton de chanvre confère spécifiquement une impression de bien-être aux espaces utilisant ce matériau.

 

BCB : Est-ce que vous pouvez nous détailler la conception de l’extension en béton de chanvre.

DB : L’architecte a conçu des plans pour déposer le permis qui a été accepté assez facilement. Avec le parti pris de concevoir une toiture plate pour l’extension. On ne voulait pas imiter l’existant avec une toiture en pente. Du coup, il est prévu une végétalisation par la suite sur l’EPDM.

On a mis en place des panneaux solaires photovoltaïques qui viennent en appoint électrique pour alimenter la PAC. Elle alimente toute la salle qui est équipée d’un parquet chauffant.

Eh oui, car les gens pour le yoga sont pieds nus ou en chaussettes, donc l’hiver un tel système apporte beaucoup de confort. L’option initiale de mur chauffant n’a finalement pas été retenue car il n’y aurait pas eu suffisamment de place pour la décoration des murs. En effet, les surfaces vitrées étant importantes, la place libre en vertical est limitée.

 

BCB : Vous avez retenu différents types d’équipements annexes…

DB : La PAC électrique, en plus du parquet chauffant produit l’eau chaude sanitaire à l’étage. C’est une belle installation. Par contre, pour les 2 bureaux des praticiens, on fonctionne avec des PAC air-air plus classique afin que chacun dispose d’un fonctionnement autonome et totalement indépendant de la structure salle multifonction/habitat. La production électrique est en partie assurée par les panneaux photovoltaïques

 

BCB : Est-ce que les objectifs thermiques étaient aussi élevés que dans vos précédentes réalisations ?

DB : On a fait intervenir un thermicien pour que le projet se situe un peu au-dessus de la RT 2012, pour les aspects standards Bbio, Cep et Tic.

Mais en fait comme d’habitude on va au-delà de ces seuls enjeux. On a beaucoup réfléchi aux apports solaires. On est dans une démarche bioclimatique pour viser des performances passives.

 

BCB : La projet de la MOA fait que le terrain autour de l’habitat est pensé comme contributeur au bien-être.

DB : À l’extérieur tout a été réaménagé, avec d’une part la création de quelques emplacements de parking pour l’aspect purement pratique et d’autre part et pour l’essentiel, la configuration d’un très joli jardin. Il est constitué en parcours pédagogiques et ludiques avec une signalétique constituée de petits panneaux en bois, à l’ancienne. Parcours de senteurs, parcours botaniques avec roseraies et lavandes, fontaine, quelques endroits tapissés d’herbes pour faire des activités d’extérieur composent le décor.

 

 

BCB : Quelles sont les grandes lignes des travaux de la partie rénovation ?

DB : Ici on a retenu des solutions voie sèche, pour être en phase avec le budget disponible. En tenant compte du fait que la déconstruction est une phase coûteuse et que sur un autre plan, elle impacte largement le planning chantier.

Dans un premier temps, avant de procéder à l’isolation, il a fallu enlever l’ancienne laine de verre de 15 à 20 cm d’épaisseur, très détériorée. On a eu recours à une entreprise spécialisée dont les intervenants étaient en « tenue de cosmonaute » J. Il a fallu créer un sas dans la cage d’escalier pour protéger la maison de la dispersion de la laine de verre désagrégée, avec obligation d’utiliser l’aspirateur régulièrement dans la cage d’escalier. Cela a été fastidieux.

On a refait tous les réseaux des fluides et de l’électricité avec connexion à la nouvelle source de production d’énergie.

On a pu ensuite mettre en place l’isolation biosourcée voie sèche dans les combles perdus et sur les murs R+1.

 

BCB : Comment avez-vous traité l’interface entre la maison et l’extension ?

DB : La liaison se fait par la façade sud, qui ne disposait jusqu’alors que de 2 petites fenêtres, complétées par une porte-fenêtre.

Chronologiquement, on a d’abord ouvert le mur sud au 1er étage, petit à petit, en enlevant pierre à pierre. On les faisait tomber au sol, sur l’emplacement de l’extension, où à cet instant t n’avait été réalisé que les fondations.

Cette ouverture de 2.6 m donne à la chambre placée de ce côté, une magnifique vue sur la plaine des Maures. Du fait de l’orientation sud, on a mis en place un BSO métallique pour éviter la surchauffe. Cette grande ouverture donne sur un balcon plus bas que la toiture de l’extension. Celui-ci s’en trouve complètement masqué.

On a ensuite coulé la dalle de l’extension pour être à niveau du rdc existant. On a réalisé cette fois, l’ouverture du rdc de la façade sud, sur 4 m de largeur. Et comme cela allait générer des reports de charges conséquents sur les 60 cm de murs restants de part et d’autre, on a renforcé la structure du bâti avec la mise en place d’un IPN, avec coulage d’une poutre béton.

Cette métamorphose de la façade permet une nouvelle circulation au rdc en facilitant l’arrivée dans la grande salle multifonction.

La création de cette extension nous a imposé la création d’un nouvel escalier pour accéder à la terrasse existante de la façade Est qui, en période estivale, est à l’ombre d’un magnifique grand arbre plus que centenaire.

 

BCB : L’extension qui est  la raison d’être du projet est en béton de chanvre. Pouvez-vous nous en retracer les grands principes de construction ?

DB : On est sur un système classique pour l’ossature bois, avec des sections de 120 x 60 cm et surtout pas 140 x 45 cm. L’autre grande erreur à ne pas commettre consistant à placer des poteaux dans les angles. Pas dans le cadre d’un projet béton de chanvre, car celui-ci doit pouvoir envelopper l’ossature conformément à la règle de recouvrement spécifiée dans les règles professionnelles de ce domaine.

Pour la structure, on est sur une trame classique avec 60 cm entre chaque montant.


QUELQUES POINTS DE DÉTAILS POUR RÉUSSIR SA CONSTRUCTION EN BÉTON DE CHANVRE TRADICAL®

Préfabrication de l’ossature bois en atelier

Les panneaux des parois ont été

  • fabriqués en atelier par un charpentier
  • amenés en une seule fois sur site par camion
  • manipulés au moyen d’un chariot élévateur pour la mise en place.

Il s’agit donc d’une « préfabrication prête à projeté ». Au préalable on a procédé à la mise en place du coffrage perdu, panneaux hauteur d’étage, côté intérieur, avec mise en place de l’ensemble des réseaux des fluides.

On distingue une grande poutre lamellée collée qui porte le plancher de la terrasse du 1er étage. Sur cette poutre est également fixé une muralière avec une pente pour recevoir la charpente de la toiture sur laquelle est posé un système végétalisation/osb/epdm . Du fait des contraintes mécaniques engendrées à cet endroit, l’ensemble repose exceptionnellement sur 2 poteaux en vis-à-vis. Et particularité, du fait du risque de non-respect de l’épaisseur d’enrobage du poteau par le béton de chanvre, j’ai fait agrafer un film pare-pluie HPV pour désolidariser le béton de chanvre du poteau pour éviter un différentiel de tension continu, qui risquerait de générer des fissures dans le mur. Avec la configuration mise en place, si le bois se dilate, il n’y aura pas de conséquence sur le Béton de Chanvre.

À noter également  l’espacement de 60 cm des montants de l’ossature pour respecter le format des plaques de parement intérieur de 120 cm de large.

assemblage des modules de l'ossature bois

assemblage des modules de l’ossature bois


Contreventement de l’ossature bois et le point singulier des angles

On contrevente simplement avec des feuillards métalliques. Par ailleurs il convient d’être vigilant sur la réalisation des angles qui pourraient être réalisés avec des pièces de bois de section trop importante. Il est essentiel que le chanvre puisse enrober la structure dans les épaisseurs requises.

D’où la mise en place d’équerres métalliques pour solidariser les parois, en restant, aux angles, sur des sections de bois standard.

Détails des sections des montants et mise en place des feuillards pour le contreventement

Détails des sections des montants et mise en place des feuillards pour le contreventement


Protection anti-termites

La lisse basse bois est posée sur un film noir qui est en fait un revêtement de protection « physico-chimique létal » contre les termites. Même si le béton de chanvre est parfaitement efficace dans ce domaine, j’ai recommandé cette membrane pour anticiper l’évolution de la règlementation du fait que la carte nationale évolue chaque année. Cette fonction est  ici précisément assurée par une solution dédiée. On tient compte du devenir de la construction.

Ce dispositif est posé sur la largeur que va faire le béton de chanvre. La bande est fixée mécaniquement. Ensuite on met en place la lisse basse.

protection "physico-chimique létal" contre les termites

protection « physico-chimique létale » contre les termites


Descentes des eaux de pluie

Elles sont totalement intégrées dans l’épaisseur des murs de béton de chanvre, et donc complètement invisibles.

L’écoulement des eaux se fait par le gros tuyau coudé qui descend directement en bas du mur, dans le drain périphérique. On est sur un diamètre de 80 mm et non 100 mm, ce qui a permis de noyer ce réseau.

  • Autre détail 1 : on voit le film qui recouvre le poteau comme décrit avant, pour désolidariser mécaniquement le béton de chanvre de cette pièce. Sur ce poteau sont fixées les gaines de fils électriques connectés aux panneaux photovoltaïques qui sont sur le toit terrasse.
  • Autre détail 2 : les tableaux en fibralit qui vont recevoir directement les enduits de finition

La base du mur en béton de chanvre

On voit d’une part le tuyau des eaux de pluie qui descend pour être raccordé à une cunette périphérique en béton. On distingue aussi le soubassement en béton cellulaire qui ceinture l’embase et qui fait office de rupteur de pont thermique pour le soubassement en béton. Le béton de chanvre sera positionné partiellement dessus. À l’arrivée, ce revêtement rapporté sera au même nu que le béton de chanvre. La finition recouvrira l’ensemble. Une trame est placée à la jonction mur/embase pour éviter la fissuration du mortier de finition.

Détail de la fixation des feuillards sur l'ossature et détail de la base du mur

Détail de la fixation des feuillards sur l’ossature et détail de la base du mur


Extension façade sud

Détail des supports des brise-soleil (pièces métalliques vertes)  préfixés sur la structure bois et qui seront noyés dans le béton de chanvre, ne laissant dépasser que les tiges filetées pour la fixation des lames brise-soleil bioclimatiques.

On voit bien le détail de la pente de la toiture terrasse au niveau de l’acrotère.

On voit également les panneaux intérieurs posés collés sur l’ossature, conformément  au mode opératoire classique de ce matériau.

A ce stade, on est sur le point de démarrer la projection mécanique du béton de chanvre

Détails coffrage perdu, fixation brise-soleil et pente de la toiture terrasse

Détails coffrage perdu, fixation brise-soleil et pente de la toiture terrasse


Projection du béton de chanvre

La projection s’est faite avec un débit de 3 m3/h pour disposer d’un fonctionnement cohérent entre débit/rebond/enrobage..

Projection du béton de chanvre Tradical®, dosage application mur

Projection du béton de chanvre Tradical®, dosage application mur


Montage de l’extension

L’assemblage Mur+Toiture s’est fait sur 3 semaines, car la gestion de la jonction entre l’ancien et le neuf a demandé beaucoup d’intervention.

 

BCB : En fait, les chantiers de rénovation peuvent être compliqués !

DB : Le chantier a duré un an. Avec la déconstruction du rdc, les travaux au R+1, l’ensemble intégrant la reprise intégrale des réseaux, la modification des cloisons, l’isolation complète. Il ne faut pas voir une telle intervention sous le seul prisme de l’extension ou de la partie neuve. De fait je définis toujours un budget pour traiter l’existant, et un autre budget pour le projet.

Il faut que les maîtrises d’ouvrage en général, dès le départ, prennent conscience de ce que va être l’aventure parce qu’en fait tout est reconditionné, modifié de fond en comble. Il faut tenir compte de l’existant qui représente une forte contrainte.

« La valeur ajoutée de mon intervention, c’est justement de gérer les difficultés permanentes, de sélectionner tous les intervenants pour disposer d’une équipe cohérente et qualifiée et avec laquelle je peux garantir un résultat. »

 

FICHE CHANTIER BÉTON DE CHANVRE

  • Lieu : Vidauban (83)
  • Durée du chantier : 12 mois
  • Date livraison : 2019
  • MOA : privée
  • AMO / Maîtrise d’Œuvre : DB Chanvre – Daniel Bayol | 154 Chemin de la futaie – Vidauban 83550 – France | www.db-chanvre.com

 

Applications biosourcées 

  • Béton de chanvre Tradical® en application MUR : avec la chaux Tradical® Thermo + la chènevotte Chanvribat®
  • Ouate de cellulose dans les combles perdus et laine de bois pour les murs en R+1

 

Chauffage

  • PAC pour la salle multifonction (parquet chauffant) et le R+1 :
  • PAC air-air pour les 2 bureaux bureaux

 

Configuration générale

  • RDC (selon normes ERP et PMR) : salle multifonction / Rampe d’accès / Hall d’accueil / 2 bureaux / toilette / SdB
  • R+1 : habitation

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VOTRE CONTACT POUR ALLER PLUS LOIN

  • Eric Delanoë, Conseiller Technique Tradical®, tél. 06 76 45 09 03 / email : eric.delanoe@lhoist.com

BCB Tradical, votre expert en béton de chanvre et chaux aérienne.

Madriers et bétons de chanvre et chaux Tradical

Madriers et béton de chanvre

Gevimex développe l’utilisation du béton de Chanvre en Suisse, aussi bien en rénovation que dans le neuf et allie systématiquement la performance thermique de l’ouvrage à la valeur technique de l’ensemble des solutions retenues. Sans oublier le volet esthétique qui compte fondamentalement, car être au confort dans son intérieur s’avère être la partie tangible d’un projet réussi.

 

Visite chantier du Peneysen qui allie au procédé de construction classique de la Suisse le potentiel du béton de chanvre.

 

Interview de Gilles Pelat-Finet, Gevimex, par BCB, le 15 04 2020

 

BCB : Décrivez-nous ce projet…

Gevimex : La construction concerne un chalet en R+2 de 330 m², avec une desserte des étages par ascenseur. Et le principe constructif est celui du madrier. On n’est pas en ossature bois + remplissage. On est vraiment dans le montage des parois en plein avec un système de madriers de 12 cm d’épaisseur qui fait structure porteuse et parois principales constituant le volume du bâtiment.

 

BCB : Quel est le principe de construction en madrier ?

Gevimex : Le plan final détaille chaque pièce qui constitue l’ouvrage. Tout est découpé en atelier à partir de dessins sous Autocad. On peut dire qu’il s’agit d’une préfabrication.

Le jour J, l’ensemble a été amené sur site avec un semi-remorque avec grue. Le montage s’est fait en 2 jours (2 x 8 h), toiture comprise.

 

BCB : Vous précisez le jour J, quelle était la condition pour la mise en place ?

Gevimex : Le Rdc est en béton armé. Il constitue le socle sur lequel l’ensemble de la construction en madrier va reposer. Donc cette base doit être utilisable selon le timing habituel des ouvrages en béton armé. Et la dalle qui fait la jonction entre le Rdc et la partie R+1/R+2 est en encorbellement du mur béton du Rdc afin que le chalet soit à fleur de l’isolation béton de chanvre qui le recouvrira par l’extérieur.

 

BCB : Quelle différence entre ce type de construction et ce nous pratiquons en France avec nos ossature bois porteuses ?

Gevimex : En Suisse, le madrier est le principe de construction habituel. Donc sur ce support, on ajoute des isolants en intérieur en fonction de la performance thermique recherchée. Et puis un grand avantage, le madrier constitue la finition extérieure directement.

 

BCB : Pouvez-vous nous détailler ce qu’est un madrier ?

Gevimex : Le montage des parois verticales se fait par chevillage avec des chevilles en bois tous les 1 m 50. Les madriers font 18 cm ou 20 cm de hauteur selon l’emplacement par 12 cm d’épaisseur. Ils sont équarris avec un rainurage pour recevoir ces chevilles bois. Chaque pièce de madrier est conçue pour faire 20 kg, 40 kg ou 60 kg. De fait, tout se monte à la main, comme un lego.

 

Pour la toiture, on est sur des grands formats totalement différents. Panne faîtière de 17 m de long, pannes, poutres planchers…sont manipulées avec une grue. Ces dernières pièces font 16 cm d’épaisseur par 45 cm de haut, pour correspondre à l’épaisseur des planchers justement.

 

Autre aspect de la performance, les poutres des planchers sont mises en place à l’avancement des niveaux et fixées dans les madriers.

 

Tout le bois est séché en atelier avec un niveau d’hygrométrie de 22 %, point fondamental pour limiter les variations dimensionnelles. Pour un tel ouvrage elles sont de l’ordre de 1,2 à 1,4 cm. C’est à la fois peu et beaucoup pour ce qui concerne tous les ouvrants, toutes les jonctions par exemple.

 

« Le séchage du bois, il faut être très vigilant sur ce point »

 

BCB : Pourquoi les pièces de bois de la toiture sont si imposantes ?

Gevimex : La toiture joue un rôle essentiel pour préserver les ouvrages. En hiver, on peut avoir jusqu’à 1,5 m de neige au sol. Donc on a besoin d’une avancée de toiture de 1,8 à 2 m pour protéger l’édifice, y compris de la pluie.

 

« D’être hors d’eau et hors neige participe activement de la longévité des matériaux ».

 

BCB : Vous avez utilisé de très nombreuses solutions techniques, est-ce que vous pouvez nous donner les grandes lignes du déroulé ?

Gevimex :

  1. Rdc en béton comme évoqué
  2. Montage des Madriers
  3. Pose des fenêtres sur mesure en châtaigniers. À noter qu’il faut façonner le dormant de la fenêtre avec 1 angle pour créer une embrasure à 30 °, ce qui augmente la quantité de lumière en éclairage naturel. Cette embrasure sert également de guide pour la projection du béton de chanvre.
  4. Contre les madriers des murs, pose de la laine de bois compressée en 12 cm d’épaisseur
  5. Projection mécanique du Béton de Chanvre Tradical® en application doublage intérieur, en 8 cm d’épaisseur, sur les 2 niveaux (avec un matériel Euromair).
  6. Projection du Béton de Chanvre Tradical® en extérieur sur le Rdc, en 14 cm d’épaisseur, une fois la toiture terminée.

 

Pour les phases 4 & 5, cette pose est faite avant la mise en place des cloisons de distribution.

Tant la laine de bois compressée que le béton de chanvre sont appliqués en continu pour avoir une isolation réellement répartie. Pas de fractionnement de l’ouvrage isolant, parce que c’est ainsi que l’on crée les ponts thermiques, source de perte d’efficacité.

 

« On a ici 500 m² de béton de chanvre en 8 cm d’épaisseur, uniquement sur les parois donnant sur l’extérieur ».

 

BCB : Pourquoi cette solution hybride madrier/laine de bois compressée/béton de chanvre ?

Gevimex : On apporte une partie de la résistance thermique avec la laine de bois ; on apporte l’autre partie avec le béton de chanvre qui en plus est tellement efficace pour neutraliser les variations de températures et réguler l’hygrométrie intérieur, source de confort et de qualité de l’air.. Techniquement, avec ce système global, j’évite la présence d’un pare-vapeur qui serait contre productif.

En complément de cette paroi type très performante, du fait du grand nombre de fenêtres, on peut fonctionner avec un renouvellement naturel de l’air. Pas de ventilation mécanique pour l’essentiel de l’ouvrage, sauf dans les parties WC, qui n’ont pas d’ouvrant.

 

« Sur ce chalet, on a un U global de 0,21 W/(m2.K) »

 

 

BCB : Est-ce qu’il n’y a pas une difficulté à gérer la liaison des composants de votre solution hybride ?

Gevimex : La jonction laine de bois compressée/madrier se fait avec un système de chevilles plastiques + vis à bois. La fixation entre la laine de bois compressée et le béton de chanvre se fait après la projection du béton de chanvre afin de ne pas entraver l’avancement ou générer des désordres. La fixation que j’utilise est gainée dans un PER pour isoler le clou et limiter le pont thermique. Donc tout est maîtrisé et avec du rendement.

Projection mécanique du Béton de Chanvre Tradical® en 8 cm d’épaisseur

BCB : Vous êtes également un spécialiste de solutions décoratives haut de gamme, et vous avez joué à plein cette carte dans ce projet…

Gevimex : on a mis en place du stucco vénitien dans les salles de bain, mais surtout on a utilisé un enduit mince à la chaux Tradical® Décor pour faire la finition sur le béton de chanvre Tradical®.

L’intérêt est qu’on peut le teinter dans la masse et superposer les 2 couches nécessaires assez rapidement, manuellement, panneau par panneau. Cet enduit naturel est totalement adapté pour recouvrir le béton de chanvre ayant une bonne qualité de planéité. Point essentiel également, sa parfaite compatibilité au niveau perméance…

On hérite de la longévité du matériau chaux aérienne et autre aspect non négligeable, on amène un contrepoint au bois par ce rendu « pierre »l. On crée une esthétique intérieure équilibré entre végétal et minéral. On rompt l’omniprésence du bois sur ce type de construction.

finition enduit à la chaux Tradical® Décor

La finition enduit à la chaux Tradical® Décor appliquée directement sur le béton de chanvre

enduit intérieur à la chaux Tradical® Décor

Tradical® Décor apporte sa minéralité en contrepoint de l’ambiance bois pour composer une esthétique enrichie

« On a ainsi défini des solutions pour faire vivre nos clients dans des ambiances extrêmement qualitatives ».

 

FICHE CHANTIER

  • Lieu : Château d’Oex / Suisse
  • Altitude : 1050 m
  • Durée du chantier : 15 mois
  • Date livraison : 2019
  • MOA : privée
  • MOE : Gevimex Trading S.A.: Gilles Pellat Finet et Laurence Aubert de Bournet Grand rue,7 – 1660 Château d’Oex – email : gevimex@gmail.com
Chalet en Suisse associant madriers et béton de chanvre

Chalet en Suisse associant madriers et béton de chanvre


Applications :

  • Doublage Béton de Chanvre Tradical® avec la chaux Tradical® Thermo + Chanvribat®
    • Intérieur en 8 cm d’épaisseur  sur les niveaux 1 et 2, et en 5 cm en Rdc
    • Extérieur en 14 cm d’épaisseur, sur le Rdc en béton armé
  • Tradical® Décor sur les 500 m² de Béton de Chanvre Tradical®, intérieur et extérieur en Rdc

 

Chauffage

  • Cheminée avec insert, avec prise d’air au nord.
  • Réglage des températures simplifié avec un thermostat par étage
  • Planchers frêne massif thermo chauffé

 

ECS

  • Panneaux solaires pour assurer 30 % de la consommation sanitaire.

 

Décoration sdb

  • Douche à l’italienne avec un receveur constitué d’un seul bloc de pierre usinée en 4 cm d’épaisseur avec la pente adaptée
  • Mur stucco vénitien

 

Éclairage global

  • Indirect, par LED avec une consommation réduite

 

Configuration générale

  • En plus des pièces à vivre, 5 chambres, 5 salles de bains, 1 cave, 1 garage 1 buanderie, 1 système de chauffage pompe à chaleur enterré sous le chalet.
  • Ascenseur pour desservir les niv 0, 1 et 2

 

 

Crédit photo et film : ©GEVIMEX Trading S.A.

 

Votre contact pour aller plus loin :

L'entreprise Roste en trois générations

Portrait express : entreprise Roste

Romain Roste a démarré en tant qu’apprentis dans l’entreprise de son père, qu’il a reprise pour devenir de facto le plus jeune chef d’entreprise à 22 ans, Bruno Roste (le père) en devenant salarié à 57 ans. Cela s’appelle PRÉVOIR et TRANSMETTRE. L’entreprise Roste en est ainsi à sa 3ème génération.  

 

Interview de Bruno et Romain Roste, entreprise Roste,  par BCB, le 10 04 2020
Dans les rôles principaux : Bruno le père, Romain le fils. 

 

Bruno Roste avait déjà son entreprise de maçonnerie très jeune. Il avait démarré son apprentissage à 15 ans et demi. Avec à la clé un CAP en 77, date d’ouverture du CFA Pont Ste Marie dans l’Aube. Avec comme ligne d’enseignement correspondant à son intérêt professionnel : le savoir-faire appliqué au patrimoine des particuliers.

 

BCB : Raconter nous l’évolution de l’entreprise Roste, qui est aussi une histoire de famille… 

Bruno Roste : Dans les années 70/75, la structure comprenait 3 personnes (1 dirigeant et 2 salariés)

À l’époque où mon père travaillait dans le bâtiment, lui aussi et pour la 1ère génération Roste, après la guerre, c’était le ciment qui était le matériau de tous les jours.

Quand j’ai pris la suite, nous avons évolué vers un autre type de marché avec des rénovations de maisons pans de bois par exemple, avec l’utilisation de briques à l’ancienne ; on réalise également des réagencements d’intérieur, des reprise en sous-œuvre…

 

« Notre crédo : travailler avec des produits authentiques »

Notre équipe s’est agrandie avec l’intégration d’un apprenti, parce que transmettre est essentiel. Et nous nous sommes orientés vers des chantiers de taille raisonnable pour pouvoir les gérer sans sous-traitance.

 

En ce moment, comme chantier type par exemple, nous rénovons une maison à Bar s/Seine avec réparation du soubassement, des pans de bois et réfection de la façade.

 

« Tous les chantiers sont différents et uniques.
Nous n’intervenons plus dans le neuf depuis 15 ans ».

 

BCB : Au-delà du cœur de métier, vous avez porté votre attention sur l’aspect gestion…  

BR : C’est vrai, j’évoque notre métier de maçon, mais en fait la partie administrative est très importante, et sur ce point j’ai été vigilant quant aux compétences à acquérir. Car dans l’entreprise de mon père, je me rappelle que c’était presque un handicap, alors que tout le monde était très pro et compétent sur le terrain. Donc j’ai acquis les connaissances nécessaires dans ce domaine. Et cela m’a permis d’être en plus de mon activité d’entrepreneur, trésorier et administrateur depuis vingt ans à la Capeb de l’Aube. Structure qui s’est engagé très vite à apporter à ses adhérents toutes les connaissances requises au niveau comptabilité par exemple avec les formations adaptées à la maîtrise des outils informatiques.

 

BCB : Quelles sont les orientations prises pour l’entreprise Roste 3ème génération ?

B&RR : Romain détient à ce jour 25% des parts de l’entreprise et deviendra majoritaire prochainement. Donc la transition se fait progressivement avec la volonté de rester sur une échelle artisanale pour que cela tourne bien. On reste sur un fonctionnement avec Zéro sous-traitant. On fonctionne par le bouche à oreille et on dispose à ce jour de 9 mois de projets déjà calés.

 

« Notre offre : c’est un chantier pour la vie »

BCB : Nouveau dirigeant signifie peut être nouvelles envies ou nouvelles compétences ?

B&RR : L’entreprise a élargi ses compétences au travers de formations spécifiques permettant d’acquérir la Qualification CIP Patrimoine qui met en valeur le savoir des maçons dans le bâti ancien. Nous y avons notamment préparé et présenté 3 dossiers concernant des ouvrages antérieurs à 1940 devant un jury de spécialistes comprenant l’ABF de l’Aube et un délégué de la Fondation du Patrimoine.

 

RR : J’ai un CAP maçon et un bac pro « intervention dans le patrimoine bâti », que j’ai complétés par des cours sur la gestion d’entreprise. En plus de ces diplômes de l’IUMP, j’ai fait connaissance dans cet institut de Gilbert Riccordo, meilleur ouvrier de France en fumisterie. Gilbert m’a fait découvrir les escaliers en voûte sarrasine dont il est un des spécialistes, en 2014. Et  cela s’est concrétisé notamment par un chantier en 2018 avec la réalisation d’un escalier à double révolution pour desservir d’un côté une chambre et de l’autre un grenier…Mon apprentissage porte ses fruits.

À la sortie de l’IUMP, j’ai rejoint l’entreprise

 

BCB : les chantiers présentés montrent d’autres centres d’intérêt… 

B&RR : On a d’autres envies, et cela s’est concrétisé avec une formation « four à pain » donnée par une association à Fontenay sous-bois, pour apprendre à faire le cœur d’un four à pain. Et on met occasionnellement en application ce savoir passionnant. Nous présentons ces compétences lors de salons, et on peut répondre à des demandes comme vous le constatez. Et pour l’anecdote sur ce type d’ouvrage, on fait procéder à une extension d’assurance car le four à pain est considéré comme un four industriel…!

 

BCB : Quelle sera votre prochaine actualité chantier ? 

B&RR : On intervient sur une longère où l’on remplace le torchis entre pans de bois par du béton de chanvre. Pour une écurie de château, on crée de nouvelles parois à l’identique de la partie construite pour fermer une partie ouverte du bâtiment…

 

Dans tous les cas de figure, on s’applique des règles strictes de restauration pour qu’il n’y ait pas de problèmes de chantier. Et pour cela on accorde une part importante à l’analyse des pathologies ; on détecte les désordres, les causes, pour apporter des réponses qui vont durer dans le temps. Et sur notre région, entre les ouvrages en silex, le bois des structures, la gestion des remontées capillaires et la conservation de la perméance des parois, l’habitat patrimonial nous fournit toutes les occasions possibles pour déployer notre maîtrise de nos matériaux de prédilections que sont les briques, la chaux aérienne, les torchis et les bétons de chanvre.

 

« On se développe pour toujours se distinguer sur notre marché »

 

L’entreprise Roste

 

Crédit photo : ©entreprise Roste

 

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