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centrale d'acquisition de données pour Cahors ENERPAT

Monitoring du démonstrateur béton de chanvre de Cahors

L’expertise de l’INSA de Toulouse pour le monitoring du bâtiment démonstrateur de Cahors, programme ENERPAT-SUDOE

Le Laboratoire Matériaux et Durabilité des Constructions (LMDC) est rattaché à l’Institut National des Sciences Appliquées de Toulouse (INSA). Il intervient en formation et recherche aussi bien dans le domaine du génie civil que dans celui du Patrimoine. Son expertise en Génie Physique et plus particulièrement dans les phénomènes de transfert thermohygrique en fait un référent incontournable sur ce sujet primordial quand on aborde la rénovation du patrimoine d’une part, et la compatibilité des systèmes isolants dans ces ouvrages d’autre part.

Rencontre avec Marina Malagoni qui intervient au LMDC pour la partie MONITORING du bâtiment démonstrateur du centre ancien de la ville de Cahors

 

Interview de Marina Malagoni – Doctorante à l’INSA de Toulouse au sein du Laboratoire Matériaux et Durabilité des Construction, par BCB, le 14 09 2020

 

LE PROGRAMME D’ECO-RENOVATION ENERPAT DE CAHORS

Il intègre des solutions respectueuses des matériaux anciens et du fonctionnement global de l’ouvrage avec une isolation qui apporte des réponses en thermique et en gestion de l’humidité. Plusieurs phases se sont succédées :

  • Recherche et sélection d’isolants à faible impact environnemental, capables d’apporter un confort thermohygrique en toute saison
  • Validation de ces solutions au travers d’études menées par un laboratoire spécialisé, connaissant déjà les matériaux envisagés.
  • Rénovation des 2 bâtiments anciens, réunifiés pour n’en faire plus qu’un seul disposant d’une nouvelle configuration intérieure en phase avec nos modes de vie actuels

D’autres phases sont à venir :

  • Après l’installation en fin d’année des premiers locataires, commencera  le monitoring du bâtiment démonstrateur. Pour un suivi des performances en temps réel durant 3 ans, et analyses des résultats pour validation des solutions.
  • Analyse du confort thermohydrique des utilisateurs par application de questionnaires. L’intérêt de cette analyse est de construire des indicateurs de confort pouvant être mis en parallèle avec les mesures climatiques effectués.
  • Développement de filières, à l’échelle locale ou régionale, à court et moyen terme, concernant aussi bien les compétences professionnelles que les matériaux. L’objectif est de disposer de tous les moyens nécessaires à la réussite de ce type d’éco-rénovation dans les futurs programmes ou projets à l’échelle de la Communauté de Commune

 

 

LE CONTEXTE CONCERNANT L’INTERVENTION DU LMDC DE L’INSA DE TOULOUSE

Le Laboratoire Matériaux et Durabilité des Constructions (LMDC) de l’INSA de Toulouse a été retenu pour les aspects recherche et développement relatifs aux matériaux d’isolation au sein du programme ENERPAT SUDOE de la Ville de Cahors.

Le choix des matériaux pour le bâtiment démonstrateur s’est fait au cours d’ateliers de co-création en présence de toutes les parties prenantes du projet. À partir de propositions du LMDC, une analyse a été menée suivant un ensemble de critères – techniques, économiques, scientifiques…- pour définir les matériaux les plus adaptés au projet d’éco-rénovation de Cahors.

Au final, le béton de chanvre a été retenu pour l’isolation intérieure des parois du bâtiment.

Ce bâtiment démonstrateur sera bientôt réceptionné. C’est dans ce cadre que nous évoquons avec Marina Malagoni les phases à suivre concernant l’intervention du LMDC.

 

 

INSTRUMENTATION DU BÂTIMENT DÉMONSTRATEUR DE CAHORS

 

BCB : Quel sera la configuration de l’instrumentation ?

Marina Malagoni : Prochainement on va mettre en place du matériel sur les niveaux 2 et 3. Une centrale d’acquisition Gantner sera placée au niv 2 dans la chambre et sera connectée en fait également pour faire des relevés sur la chambre du niv3. Les données seront relevées par connexion wifi.

Il y aura aussi au 3ème étage des capteurs autonomes de type Kimo®, qui vont être suspendus à la sous-face de la toiture. Et là il faudra faire des relevés de données sur place tous les 2 mois pour les valeurs de températures, d’humidité, de luminosité et CO2.

Implantation de la centrale d'acquisition et des capteurs, au niveau 2,par le LMDC de l'INSAT. Bâtiment / ©LMDC démonstrateur de Cahors

Implantation de la centrale d’acquisition et des capteurs, au niveau 2, par le LMDC de l’INSAT. Bâtiment démonstrateur de Cahors / ©LMDC

Implantation de la centrale d'acquisition et des capteurs, au niveau 3,par le LMDC de l'INSAT. Bâtiment / ©LMDC démonstrateur de Cahors

Implantation de la centrale d’acquisition et des capteurs, au niveau 3, par le LMDC de l’INSAT. Bâtiment démonstrateur de Cahors / ©LMDC

L’instrumentation pour recueillir les données de l’ambiance intérieure est très importante car la manière d’utiliser chaque appartement influe directement sur la qualité de vie. Quand on a des enfants qui bougent tout le temps par exemple, quand on est en présence de personnes qui restent fréquemment dans l’appartement ou qui sont très souvent dehors, les résultats sont directement impactés.

Pour l'acquisition de données concernant l'ambiance intérieure, utilisation de capteurs du type KIMO® : température, humidité, CO2 et LUX

Pour l’acquisition de données concernant l’ambiance intérieure, utilisation de capteurs du type KIMO® : température, humidité, CO2 et LUX

Pour la mesure de l'enveloppe du bâtiment, du doublage isolant béton de chanvre en surface et dans son épaisseur, la centrale Gantner est dédiée à l'acquisition des données : température, humidité et densité de flux thermique.

Pour la mesure de l’enveloppe du bâtiment, du doublage isolant béton de chanvre en surface et dans son épaisseur, la centrale Gantner est dédiée à l’acquisition des données : température, humidité, densité de flux thermique et température et humidité au centre de la pièce (température ambiante)..

 

BCB : Est-il nécessaire de connaitre le matériau béton de chanvre pour réussir les analyses à partir des résultats des relevés ?

MM : Il faut connaître le matériau bien sûr parce qu’en fonction des mélanges, en fonction des modes opératoires de mise en œuvre – projection mécanique, banchage, préfabrication…), les  propriétés mécaniques et physiques seront différentes. Afin d’avoir des repères tangibles, on a réalisé des essais en laboratoire pour connaitre les propriétés de ce matériau et on couplera ces connaissances avec l’analyse des résultats donnés par les capteurs qui seront mis en place, et on comparera.

On a réalisé également une simulation thermodynamique pour avoir un 3ème type d’analyse.

Du fait qu’on dispose de l’ensemble des propriétés du béton de chanvre, on a pu facilement insérer les valeurs dans un logiciel de simulation pour nous rendre compte du comportement du bâti, des parois etc. sur des aspects qui vont bien au-delà du seul R.

Donc connaitre le béton de chanvre est le préalable à toute expérimentation in-situ.

 

 

BÉTON DE CHANVRE : SA CARACTÉRISTIQUE ESSENTIELLE DE TAMPON HYGRIQUE

 

BCB : Comment allez-vous décrypter les relevés dont vous disposerez ?

MM : Un des grands objectifs de cette rénovation est la réduction des consommations énergétiques. Un autre concerne le confort des habitants. Par exemple on verra si on atteint 90 % de satisfaction dans le domaine thermique. Un tel niveau de résultat signifierait qu’on dispose d’une vraie qualité d’habiter.

Un autre point que nous allons suivre avec attention est celui de la durabilité des parois. Quand on pose un matériau isolant en intérieur afin de ne pas intervenir sur les façades historiques, on a souvent des problèmes de moisissures : lorsque la température extérieure diminue, l’air en contact avec la face intérieure de la paroi, qui présente une température plus basse, va condenser. On dispose alors d’une ambiance parfaite pour créer des champignons.

Si le béton de chanvre a été retenu pour isoler le bâtiment démonstrateur du centre ancien de Cahors, c’est justement pour éviter ce phénomène.

 

BCB : C’est la différence de température intérieure entre le mur ancien et l’isolant qui fait qu’il y a condensation et donc développement de moisissures puisque l’eau est enfermée et ne peut pas circuler…

MM : Effectivement pour toute activité humaine en intérieur : cuisine, douche, respiration, on libère beaucoup de vapeur d’eau. Par ailleurs, une fois qu’on isole un bâtiment, l’objectif est d’empêcher la chaleur de sortir pendant l’hiver.  En fonction du type de matériau isolant qu’on utilise, on bloque le transfert de la vapeur d’eau.

Et c’est là qu’on a un problème. On isole. Les températures à l’intérieur et à l’extérieure sont différentes. La température de surface de la paroi à l’intérieur du bâtiment est inférieure à la température de l’air intérieur. Et une fois que l’air entre en contact avec cette surface on a de la condensation.

Crédit image : Fiches Amélioration Thermique du Bâti Ancien (ATHEBA) - disponible sur : http://maisons-paysannes.org/

Crédit image : Fiches Amélioration Thermique du Bâti Ancien (ATHEBA) – disponible sur : http://maisons-paysannes.org/

Le même phénomène se produit dans les isolants multicouches, du fait de températures et de perméances différentes entre les couches.

Le béton de chanvre, lui, est intéressant parce qu’il est à la fois isolant et perméant.  Il dispose d’une très grande porosité grâce à la chènevotte constituée d’un réseau de capillaires très dense et spécifique. L’association chènevotte + chaux génère un matériau qui fait office de tampon hygrique. Celui-ci permet :

1/de gérer les fluctuations d’humidité.

  • Quand l’humidité dans la pièce augmente, le béton de chanvre absorbe l’excédent.
  • Et quand l’humidité  diminue dans la pièce le béton de chanvre en restitue.

Pour au final assurer un équilibre hygrique dans une fourchette comprise entre 50 à 60 % d’HR.

2/ de disposer d’une température de surface de la paroi intérieure très proche de la température de l’air intérieur,. Donc pas de phénomène de condensation.

En conséquence, on évite la formation de toute manifestation pathologique liée à la condensation interstitielle et donc l’apparition de moisissures. L’ensemble garantit confort thermique, hygrique et qualité de l’air.

 

BCB : Donc cela signifie qu’il faut disposer d’une paroi globale très perméantes

MM : Oui, exactement il faut qu’on garde cette propriété originale. Les parois historiques en générale sont des parois très perspirantes. Une fois qu’on isole avec des matériaux modernes, laines minérales etc., on va surement avoir des problèmes de condensation interstitielle avec apparition de moisissures, donc dégradation de la santé des habitants…

 

BCB : Si le mur est perméant, il faut que les finitions le soit également ?

MM : C’est vrai, Isolant et finition doivent disposer des mêmes atouts pour que la solution globale soit perméante

 

BCB : Que dire de la « course » à la résistance thermique (R) la plus élevée possible ?

MM : Paradoxalement, plus un matériau dispose d’un pouvoir isolant important, plus il va baisser la température de la surface en contact avec un autre matériau ou avec l’air, plus il va augmenter la possibilité de créer de la condensation.

 

BCB : Donc être très isolant n’est pas un avantage dans le bâti patrimonial ?

MM : Exactement, il faut trouver un équilibre. Le béton de chanvre est parfait pour les bâtiments historiques parce qu’il offre un couplage idéal entre isolation de qualité (10 cm suffisent pour disposer de performances thermiques intéressantes) et perspirance. Il faut laisser sortir l’humidité. Si ce point-là n’est pas assuré, on génère de futurs problèmes.

 

 

LE MONITORING DU BÂTIMENT DÉMONSTRATEUR DE CAHORS

 

BCB : Le monitoring c’est le suivi des mesures sur site,  ou c’est toute la démarche, y compris l’analyse de l’INSA

MM : Quand on utilise le terme MONITORING, on considère la phase de suivi du comportement hygrothermique de l’enveloppe du bâtiment, incluant les conditions de fonctionnement extérieur, intérieur et les transferts hygrothermique et hygrothermique à l’intérieur de la paroi.

 

BCB : Quel est la répartition des rôles avec la Ville de Cahors ?

MM : L’INSA gère toutes les phases du monitoring : recherche des emplacements pour les capteurs, pose des capteurs, câblage, traitement des données, analyses. L’ensemble des résultats étant remis à la Ville de Cahors

 

BCB : Est-ce qu’une analyse sera faîte pour relever et comprendre les écarts entre les objectifs théoriques des performances et la réalité de fonctionnement du bâtiment ?

MM : Les phénomènes physiques au niveau des parois sont très complexes et difficiles à modéliser. Et on a toujours des écarts entre les valeurs simulées et les valeurs mesurées. Un des objectif important du projet est de réduire les incertitudes de calcul, réduire les écarts pour disposer de simulations les plus fiables possible.

Cela passe par l’amélioration de la méthodologie d’un chantier d’éco-rénovation dans lequel chacun et chaque élément influent sur le résultat de la performance thermohygrique : la MOA, la MOE, les entreprises, la connaissance du bâti existant, la maîtrise des matériaux et des techniques, les mesures même du monitoring

 

BCB : Les 3 villes mettent en place un monitoring sur leur bâtiment respectif. Est-ce qu’une analyse comparative des résultats sera possible, hiérarchisant de fait la valeur des solutions techniques mises en place dans les bâtiments ?

MM : Le but n’est pas de faire des comparaisons de cette manière-là. Parce que les contextes sont très différents : Les 3 sites présentent

  • des typologies architecturales qui leurs sont propres : avec des petites surfaces pour Cahors ; pour Victoria Gasteiz, c’est un peu plus grand, alors que pour Porto, on est sur de grands volumes.
  • des systèmes constructifs différents
  • des matériaux utilisés très différents aussi.
  • des solutions d’éco-rénovation distinctes : du béton de chanvre pour Cahors, du liège pour Victoria Gasteiz et des panneaux isolants constitués de matériaux recyclés pour Porto.

 

BCB : On peut ajouter les conditions climatiques à cette liste.

MM : Oui les températures et leurs amplitudes ne sont pas comparables, idem pour les taux d’humidités.

Ne pas oublier que les habitants sont aussi différents, avec des modes de vies distincts.

 

BCB : Donc multiplicité plutôt que compétition.

MM : Les programmes en cours sont adaptés aux contextes : politique, énergétique, technique, filière professionnelle et filière matériaux. Compte tenu de l’ensemble de ces variables, le but à Cahors, Victoria Gasteiz et Porto est de valider l’éco-rénovation – les solutions et modes opératoires – en tant que démarche pour restaurer les centres anciens avec des solutions locales voir régionales.

 

BCB : Quelle communication sera faite en cours ou à l’issue du monitoring ?

MM : Il y a  d’abord les échanges entre les différents laboratoires du programme ENERPAT, entre l’INSA de Toulouse et le Grand Cahors. En parallèle nous envisageons la publication d’articles scientifiques en relation avec les thèses développées et les stages mis en place.

 

BCB : Cela laisse augurer qu’au niveau européen, il y aura moyen de concevoir l’éco-rénovation énergétique du patrimoine en intégrant des solutions en phase avec la culture et l’économie de chaque région pour privilégier les filières courtes.

MM : Pour le programme SUDOE qui nous concerne, le fait de fonctionner ainsi sur 3 villes en parallèle a permis de multiplier les pistes de travail, d’échanger sur les méthodologies pour rendre possible l’éco-rénovation.

 

« Et pour le centre ancien sur lequel nous intervenons, Cahors, c’est une belle idée que d’utiliser un matériau comme le béton de chanvre dont une des caractéristiques est d’émettre moins de CO2 que bien d’autres matériau ! »

 

On est sur un programme qui expérimente, jusque dans la phase monitoring. Cette expérimentation bénéficie d’un financement européen, indispensable, parce que les coûts de telles opérations sont importants.

 

« Le but est de concrétiser des pistes pour que l’Europe commence à pratiquer la démarche de l’éco-rénovation à l’échelle des centres anciens ».

 

 

 

FICHE CHANTIER RÉNOVATION BÉTON DE CHANVRE DU BÂTIMENT DÉMONSTRATEUR DE CAHORS

  • Lieu : angle des rues Saint James et du Petit Mot – Cahors
  • Date de début du chantier : 2018
  • Date de livraison : fin 2020

 

Les acteurs du projet Monitoring

  • MOA : Communauté d’Agglomération du Grand Cahors
  • Programme expérimental monitoring et analyses : Laboratoire des Matériaux et Durabilité des Constructions (LMDC) de l’INSA de Toulouse.
  • Fourniture de la centrale de récupération de données :

 

 

Le projet d’éco-rénovation du bâtiment démonstrateur de Cahors

Il consiste en la réunification de 2 bâtiments accolés pour disposer de surfaces plancher en phase avec notre manière d’habiter actuelle. Isolation complète avec des solutions bio-sourcées

Suppression du mur mitoyen permettant la fusion des deux immeubles

Suppression du mur mitoyen permettant la fusion des deux immeubles / photo©Ville de Cahors

La réfection totale de la toiture (reconstruction de la charpente en chêne)

La réfection totale de la toiture (reconstruction de la charpente en chêne) / photo©Ville de Cahors

 

 

Applications

1. Isolation biosourcée Béton de Chanvre Tradical® en application Doublage Intérieur

  • Produits : chaux Tradical® Thermo + chènevotte Chanvribat®
    • Le couple chaux chanvre Tradical® Thermo + Chanvribat® est validé par Construire en chanvre et conforme aux exigences performantielles des Règles Professionnelles d’exécution des ouvrages en béton de chanvre
    • Tradical® Thermo est une chaux de classe FL A 3.5 selon la norme européenne des chaux de construction NF EN 459
    • Chanvribat® est un chanvre labellisé Granulat Chanvre Construction
    • Ce couple chaux chanvre bénéficie d’une résistance au feu EI 240, la meilleure possible et qui confère au Béton de Chanvre Tradical® un véritable rôle de sécurité incendie
  • Épaisseur de l’application : Sur 12 cm d’épaisseur

 

2. Finition intérieure : enduit traditionnel à la chaux

  • Produit : chaux Tradical® Bâtir + sable local
    • Tradical® Bâtir est une chaux de classe FL A 3.5 selon la norme européenne des chaux de construction NF EN 459

 

POUR ALLER PLUS LOIN

 

VOTRE CONTACT

BCB Tradical, votre expert en béton de chanvre et chaux aérienne.

 

ossature bois et chaux chanvre

Le béton de chanvre pour un éco-lieu dédié au bien-être

Daniel Bayol a livré sur le dernier trimestre 2019 une rénovation/construction d’un ouvrage qui combine salle multifonction et bureaux, ensemble dédié au bien-être + lieu d’habitation. Le projet utilise le biosourcé au travers de différents matériaux dont le béton de chanvre pour la partie neuve. Daniel Bayol nous relate l’aventure, parce que c’en est une, et nous rappelle qu’intervenir sur un bâti ancien est une démarche ô combien exigeante.

Interview de Daniel Bayol, DB Chanvre (Assistance à maîtrise d’Ouvrage), par BCB, le 24 07 2020
NOTA : la maîtrise d’ouvrage est privée et est mentionnée dans l’article sous les désignations MOA ou « la propriétaire ».

 

BCB : Comment ce projet d’ECO-LIEU POUR LE BIEN-ÊTRE a pu se concrétiser ?

Daniel Bayol (DB) : Tout débute par ma rencontre avec ma future cliente lors de la journée porte ouverte que j’avais organisée pour la visite de ma propre maison en cours de construction.

À partir de là, elle m’a soumis un cahier des charges pour son propre projet, à savoir la conception d’un éco-lieu associant salle de yoga et habitation. Avec la possibilité de superposer ou de juxtaposer les fonctions.

Les attendus à respecter étaient multiples : le terrain devait s’étendre sur 5000 m², disposer d’une belle vue, la maison en bioclimatique serait orientée sud sans ombre portée. En fait à ce stade, après de très nombreuses visites de sites, nous n’avons pas trouvé l’emplacement idéal.

Puis par la suite, pour aller au bout de son projet, ma cliente m’a questionné sur la possibilité de faire un tel projet en rénovation. Je l’ai rassurée sur le fait que le béton de chanvre fonctionnait aussi bien en construction que sur de l’ancien.

Et là, grâce à cette approche élargie, ma cliente a pu se projeter en visitant d’autres sites.

Pour finalement trouver sur Vidauban (83) une bastide en pierre avec un beau terrain de la surface recherchée et disposant d’un beau potentiel de constructibilité.

Etat initial de la Bastide avant rénovation avec extension

Etat initial de la Bastide avant rénovation avec extension


BCB : Quelles sont les grandes lignes de la configuration du projet ?

DB : Le site trouvé, s’en sont suivis l’achat et le dépôt d’un avant-projet qui détaille la répartition des fonctions de la maison :

  • La partie haute est dédiée à l’habitation privée
  • Le bas, jusqu’ici garage et studio, est transformé en bureaux, avec l’adjonction d’une extension pour la salle multifonction.

Plus précisément pour le Rdc, le projet intègre 2 bureaux aménagés à destination de praticiens de soins tels que masseurs, kinésithérapeutes, ostéopathes… qui pourront louer à la séance, au mois…en fonction de leur besoins réels.

Et afin d’être conforme à la réglementation, tout a été fait selon les normes ERP et PMR, pour l’accueil, la circulation, l’accès (avec rampe), les sanitaires, la salle de bain,  la sécurité.

Et accolée à ce rez-de-chaussée rénové, nous avons construit l’extension en béton de chanvre et ossatures bois. Partie essentielle du projet.

 

« De plus, je trouve que le mariage de l’ancien et du neuf fonctionne bien. Très souvent d’ailleurs, on voit que le contemporain va parfaitement avec l’ancien »

 

BCB : Comment êtes-vous passé de la demande initiale « salle de yoga » à un potentiel qui en fait une salle multifonction, tout en restant en biosourcé ?

DB : Au départ cette salle a été envisagée comme salle de yoga pour répondre à l’activité de professeur de yoga de ma cliente. Mais en fait elle a poussé plus loin sa démarche pour en faire une salle associative afin de répondre à la demande locale qui est en attente de tels dispositifs. De sorte que le lieu peut être transformé en fonction des évènements, avec une jauge limitée à 19 personnes, afin de rester en ERP catégorie 5.

Nécessairement, l’emplacement reçoit tous les équipements requis : chaises, vidéoprojecteur, écran, sonorisation. On peut ainsi passer de la configuration salle de yoga à la configuration salle de sports, salle dédiée aux activités associatives (colloques, rencontres, événements…).

 

BCB : Pourquoi le choix du béton de chanvre ?

DB : La MOA a fait le choix du Béton de chanvre parce que c’est un matériau naturel, et pour ce qu’il génère : la qualité de l’air, la gestion de l’humidité, la régulation des températures, bref tout ce que l’on connait du béton de chanvre et que j’explique depuis des années. Des qualités qui l’ont séduite et qu’elle voulait retrouver sur ce projet d’agrandissement.

De par son activité de professeur de yoga et sa sensibilité, elle accorde aussi une place essentielle au ressenti d’un lieu, et le béton de chanvre confère spécifiquement une impression de bien-être aux espaces utilisant ce matériau.

 

BCB : Est-ce que vous pouvez nous détailler la conception de l’extension en béton de chanvre.

DB : L’architecte a conçu des plans pour déposer le permis qui a été accepté assez facilement. Avec le parti pris de concevoir une toiture plate pour l’extension. On ne voulait pas imiter l’existant avec une toiture en pente. Du coup, il est prévu une végétalisation par la suite sur l’EPDM.

On a mis en place des panneaux solaires photovoltaïques qui viennent en appoint électrique pour alimenter la PAC. Elle alimente toute la salle qui est équipée d’un parquet chauffant.

Eh oui, car les gens pour le yoga sont pieds nus ou en chaussettes, donc l’hiver un tel système apporte beaucoup de confort. L’option initiale de mur chauffant n’a finalement pas été retenue car il n’y aurait pas eu suffisamment de place pour la décoration des murs. En effet, les surfaces vitrées étant importantes, la place libre en vertical est limitée.

 

BCB : Vous avez retenu différents types d’équipements annexes…

DB : La PAC électrique, en plus du parquet chauffant produit l’eau chaude sanitaire à l’étage. C’est une belle installation. Par contre, pour les 2 bureaux des praticiens, on fonctionne avec des PAC air-air plus classique afin que chacun dispose d’un fonctionnement autonome et totalement indépendant de la structure salle multifonction/habitat. La production électrique est en partie assurée par les panneaux photovoltaïques

 

BCB : Est-ce que les objectifs thermiques étaient aussi élevés que dans vos précédentes réalisations ?

DB : On a fait intervenir un thermicien pour que le projet se situe un peu au-dessus de la RT 2012, pour les aspects standards Bbio, Cep et Tic.

Mais en fait comme d’habitude on va au-delà de ces seuls enjeux. On a beaucoup réfléchi aux apports solaires. On est dans une démarche bioclimatique pour viser des performances passives.

 

BCB : La projet de la MOA fait que le terrain autour de l’habitat est pensé comme contributeur au bien-être.

DB : À l’extérieur tout a été réaménagé, avec d’une part la création de quelques emplacements de parking pour l’aspect purement pratique et d’autre part et pour l’essentiel, la configuration d’un très joli jardin. Il est constitué en parcours pédagogiques et ludiques avec une signalétique constituée de petits panneaux en bois, à l’ancienne. Parcours de senteurs, parcours botaniques avec roseraies et lavandes, fontaine, quelques endroits tapissés d’herbes pour faire des activités d’extérieur composent le décor.

 

 

BCB : Quelles sont les grandes lignes des travaux de la partie rénovation ?

DB : Ici on a retenu des solutions voie sèche, pour être en phase avec le budget disponible. En tenant compte du fait que la déconstruction est une phase coûteuse et que sur un autre plan, elle impacte largement le planning chantier.

Dans un premier temps, avant de procéder à l’isolation, il a fallu enlever l’ancienne laine de verre de 15 à 20 cm d’épaisseur, très détériorée. On a eu recours à une entreprise spécialisée dont les intervenants étaient en « tenue de cosmonaute » J. Il a fallu créer un sas dans la cage d’escalier pour protéger la maison de la dispersion de la laine de verre désagrégée, avec obligation d’utiliser l’aspirateur régulièrement dans la cage d’escalier. Cela a été fastidieux.

On a refait tous les réseaux des fluides et de l’électricité avec connexion à la nouvelle source de production d’énergie.

On a pu ensuite mettre en place l’isolation biosourcée voie sèche dans les combles perdus et sur les murs R+1.

 

BCB : Comment avez-vous traité l’interface entre la maison et l’extension ?

DB : La liaison se fait par la façade sud, qui ne disposait jusqu’alors que de 2 petites fenêtres, complétées par une porte-fenêtre.

Chronologiquement, on a d’abord ouvert le mur sud au 1er étage, petit à petit, en enlevant pierre à pierre. On les faisait tomber au sol, sur l’emplacement de l’extension, où à cet instant t n’avait été réalisé que les fondations.

Cette ouverture de 2.6 m donne à la chambre placée de ce côté, une magnifique vue sur la plaine des Maures. Du fait de l’orientation sud, on a mis en place un BSO métallique pour éviter la surchauffe. Cette grande ouverture donne sur un balcon plus bas que la toiture de l’extension. Celui-ci s’en trouve complètement masqué.

On a ensuite coulé la dalle de l’extension pour être à niveau du rdc existant. On a réalisé cette fois, l’ouverture du rdc de la façade sud, sur 4 m de largeur. Et comme cela allait générer des reports de charges conséquents sur les 60 cm de murs restants de part et d’autre, on a renforcé la structure du bâti avec la mise en place d’un IPN, avec coulage d’une poutre béton.

Cette métamorphose de la façade permet une nouvelle circulation au rdc en facilitant l’arrivée dans la grande salle multifonction.

La création de cette extension nous a imposé la création d’un nouvel escalier pour accéder à la terrasse existante de la façade Est qui, en période estivale, est à l’ombre d’un magnifique grand arbre plus que centenaire.

 

BCB : L’extension qui est  la raison d’être du projet est en béton de chanvre. Pouvez-vous nous en retracer les grands principes de construction ?

DB : On est sur un système classique pour l’ossature bois, avec des sections de 120 x 60 cm et surtout pas 140 x 45 cm. L’autre grande erreur à ne pas commettre consistant à placer des poteaux dans les angles. Pas dans le cadre d’un projet béton de chanvre, car celui-ci doit pouvoir envelopper l’ossature conformément à la règle de recouvrement spécifiée dans les règles professionnelles de ce domaine.

Pour la structure, on est sur une trame classique avec 60 cm entre chaque montant.


QUELQUES POINTS DE DÉTAILS POUR RÉUSSIR SA CONSTRUCTION EN BÉTON DE CHANVRE TRADICAL®

Préfabrication de l’ossature bois en atelier

Les panneaux des parois ont été

  • fabriqués en atelier par un charpentier
  • amenés en une seule fois sur site par camion
  • manipulés au moyen d’un chariot élévateur pour la mise en place.

Il s’agit donc d’une « préfabrication prête à projeté ». Au préalable on a procédé à la mise en place du coffrage perdu, panneaux hauteur d’étage, côté intérieur, avec mise en place de l’ensemble des réseaux des fluides.

On distingue une grande poutre lamellée collée qui porte le plancher de la terrasse du 1er étage. Sur cette poutre est également fixé une muralière avec une pente pour recevoir la charpente de la toiture sur laquelle est posé un système végétalisation/osb/epdm . Du fait des contraintes mécaniques engendrées à cet endroit, l’ensemble repose exceptionnellement sur 2 poteaux en vis-à-vis. Et particularité, du fait du risque de non-respect de l’épaisseur d’enrobage du poteau par le béton de chanvre, j’ai fait agrafer un film pare-pluie HPV pour désolidariser le béton de chanvre du poteau pour éviter un différentiel de tension continu, qui risquerait de générer des fissures dans le mur. Avec la configuration mise en place, si le bois se dilate, il n’y aura pas de conséquence sur le Béton de Chanvre.

À noter également  l’espacement de 60 cm des montants de l’ossature pour respecter le format des plaques de parement intérieur de 120 cm de large.

assemblage des modules de l'ossature bois

assemblage des modules de l’ossature bois


Contreventement de l’ossature bois et le point singulier des angles

On contrevente simplement avec des feuillards métalliques. Par ailleurs il convient d’être vigilant sur la réalisation des angles qui pourraient être réalisés avec des pièces de bois de section trop importante. Il est essentiel que le chanvre puisse enrober la structure dans les épaisseurs requises.

D’où la mise en place d’équerres métalliques pour solidariser les parois, en restant, aux angles, sur des sections de bois standard.

Détails des sections des montants et mise en place des feuillards pour le contreventement

Détails des sections des montants et mise en place des feuillards pour le contreventement


Protection anti-termites

La lisse basse bois est posée sur un film noir qui est en fait un revêtement de protection « physico-chimique létal » contre les termites. Même si le béton de chanvre est parfaitement efficace dans ce domaine, j’ai recommandé cette membrane pour anticiper l’évolution de la règlementation du fait que la carte nationale évolue chaque année. Cette fonction est  ici précisément assurée par une solution dédiée. On tient compte du devenir de la construction.

Ce dispositif est posé sur la largeur que va faire le béton de chanvre. La bande est fixée mécaniquement. Ensuite on met en place la lisse basse.

protection "physico-chimique létal" contre les termites

protection « physico-chimique létale » contre les termites


Descentes des eaux de pluie

Elles sont totalement intégrées dans l’épaisseur des murs de béton de chanvre, et donc complètement invisibles.

L’écoulement des eaux se fait par le gros tuyau coudé qui descend directement en bas du mur, dans le drain périphérique. On est sur un diamètre de 80 mm et non 100 mm, ce qui a permis de noyer ce réseau.

  • Autre détail 1 : on voit le film qui recouvre le poteau comme décrit avant, pour désolidariser mécaniquement le béton de chanvre de cette pièce. Sur ce poteau sont fixées les gaines de fils électriques connectés aux panneaux photovoltaïques qui sont sur le toit terrasse.
  • Autre détail 2 : les tableaux en fibralit qui vont recevoir directement les enduits de finition

La base du mur en béton de chanvre

On voit d’une part le tuyau des eaux de pluie qui descend pour être raccordé à une cunette périphérique en béton. On distingue aussi le soubassement en béton cellulaire qui ceinture l’embase et qui fait office de rupteur de pont thermique pour le soubassement en béton. Le béton de chanvre sera positionné partiellement dessus. À l’arrivée, ce revêtement rapporté sera au même nu que le béton de chanvre. La finition recouvrira l’ensemble. Une trame est placée à la jonction mur/embase pour éviter la fissuration du mortier de finition.

Détail de la fixation des feuillards sur l'ossature et détail de la base du mur

Détail de la fixation des feuillards sur l’ossature et détail de la base du mur


Extension façade sud

Détail des supports des brise-soleil (pièces métalliques vertes)  préfixés sur la structure bois et qui seront noyés dans le béton de chanvre, ne laissant dépasser que les tiges filetées pour la fixation des lames brise-soleil bioclimatiques.

On voit bien le détail de la pente de la toiture terrasse au niveau de l’acrotère.

On voit également les panneaux intérieurs posés collés sur l’ossature, conformément  au mode opératoire classique de ce matériau.

A ce stade, on est sur le point de démarrer la projection mécanique du béton de chanvre

Détails coffrage perdu, fixation brise-soleil et pente de la toiture terrasse

Détails coffrage perdu, fixation brise-soleil et pente de la toiture terrasse


Projection du béton de chanvre

La projection s’est faite avec un débit de 3 m3/h pour disposer d’un fonctionnement cohérent entre débit/rebond/enrobage..

Projection du béton de chanvre Tradical®, dosage application mur

Projection du béton de chanvre Tradical®, dosage application mur


Montage de l’extension

L’assemblage Mur+Toiture s’est fait sur 3 semaines, car la gestion de la jonction entre l’ancien et le neuf a demandé beaucoup d’intervention.

 

BCB : En fait, les chantiers de rénovation peuvent être compliqués !

DB : Le chantier a duré un an. Avec la déconstruction du rdc, les travaux au R+1, l’ensemble intégrant la reprise intégrale des réseaux, la modification des cloisons, l’isolation complète. Il ne faut pas voir une telle intervention sous le seul prisme de l’extension ou de la partie neuve. De fait je définis toujours un budget pour traiter l’existant, et un autre budget pour le projet.

Il faut que les maîtrises d’ouvrage en général, dès le départ, prennent conscience de ce que va être l’aventure parce qu’en fait tout est reconditionné, modifié de fond en comble. Il faut tenir compte de l’existant qui représente une forte contrainte.

« La valeur ajoutée de mon intervention, c’est justement de gérer les difficultés permanentes, de sélectionner tous les intervenants pour disposer d’une équipe cohérente et qualifiée et avec laquelle je peux garantir un résultat. »

 

FICHE CHANTIER BÉTON DE CHANVRE

  • Lieu : Vidauban (83)
  • Durée du chantier : 12 mois
  • Date livraison : 2019
  • MOA : privée
  • AMO / Maîtrise d’Œuvre : DB Chanvre – Daniel Bayol | 154 Chemin de la futaie – Vidauban 83550 – France | www.db-chanvre.com

 

Applications biosourcées 

  • Béton de chanvre Tradical® en application MUR : avec la chaux Tradical® Thermo + la chènevotte Chanvribat®
  • Ouate de cellulose dans les combles perdus et laine de bois pour les murs en R+1

 

Chauffage

  • PAC pour la salle multifonction (parquet chauffant) et le R+1 :
  • PAC air-air pour les 2 bureaux bureaux

 

Configuration générale

  • RDC (selon normes ERP et PMR) : salle multifonction / Rampe d’accès / Hall d’accueil / 2 bureaux / toilette / SdB
  • R+1 : habitation

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VOTRE CONTACT POUR ALLER PLUS LOIN

  • Eric Delanoë, Conseiller Technique Tradical®, tél. 06 76 45 09 03 / email : eric.delanoe@lhoist.com

BCB Tradical, votre expert en béton de chanvre et chaux aérienne.

Madriers et bétons de chanvre et chaux Tradical

Madriers et béton de chanvre

Gevimex développe l’utilisation du béton de Chanvre en Suisse, aussi bien en rénovation que dans le neuf et allie systématiquement la performance thermique de l’ouvrage à la valeur technique de l’ensemble des solutions retenues. Sans oublier le volet esthétique qui compte fondamentalement, car être au confort dans son intérieur s’avère être la partie tangible d’un projet réussi.

 

Visite chantier du Peneysen qui allie au procédé de construction classique de la Suisse le potentiel du béton de chanvre.

 

Interview de Gilles Pelat-Finet, Gevimex, par BCB, le 15 04 2020

 

BCB : Décrivez-nous ce projet…

Gevimex : La construction concerne un chalet en R+2 de 330 m², avec une desserte des étages par ascenseur. Et le principe constructif est celui du madrier. On n’est pas en ossature bois + remplissage. On est vraiment dans le montage des parois en plein avec un système de madriers de 12 cm d’épaisseur qui fait structure porteuse et parois principales constituant le volume du bâtiment.

 

BCB : Quel est le principe de construction en madrier ?

Gevimex : Le plan final détaille chaque pièce qui constitue l’ouvrage. Tout est découpé en atelier à partir de dessins sous Autocad. On peut dire qu’il s’agit d’une préfabrication.

Le jour J, l’ensemble a été amené sur site avec un semi-remorque avec grue. Le montage s’est fait en 2 jours (2 x 8 h), toiture comprise.

 

BCB : Vous précisez le jour J, quelle était la condition pour la mise en place ?

Gevimex : Le Rdc est en béton armé. Il constitue le socle sur lequel l’ensemble de la construction en madrier va reposer. Donc cette base doit être utilisable selon le timing habituel des ouvrages en béton armé. Et la dalle qui fait la jonction entre le Rdc et la partie R+1/R+2 est en encorbellement du mur béton du Rdc afin que le chalet soit à fleur de l’isolation béton de chanvre qui le recouvrira par l’extérieur.

 

BCB : Quelle différence entre ce type de construction et ce nous pratiquons en France avec nos ossature bois porteuses ?

Gevimex : En Suisse, le madrier est le principe de construction habituel. Donc sur ce support, on ajoute des isolants en intérieur en fonction de la performance thermique recherchée. Et puis un grand avantage, le madrier constitue la finition extérieure directement.

 

BCB : Pouvez-vous nous détailler ce qu’est un madrier ?

Gevimex : Le montage des parois verticales se fait par chevillage avec des chevilles en bois tous les 1 m 50. Les madriers font 18 cm ou 20 cm de hauteur selon l’emplacement par 12 cm d’épaisseur. Ils sont équarris avec un rainurage pour recevoir ces chevilles bois. Chaque pièce de madrier est conçue pour faire 20 kg, 40 kg ou 60 kg. De fait, tout se monte à la main, comme un lego.

 

Pour la toiture, on est sur des grands formats totalement différents. Panne faîtière de 17 m de long, pannes, poutres planchers…sont manipulées avec une grue. Ces dernières pièces font 16 cm d’épaisseur par 45 cm de haut, pour correspondre à l’épaisseur des planchers justement.

 

Autre aspect de la performance, les poutres des planchers sont mises en place à l’avancement des niveaux et fixées dans les madriers.

 

Tout le bois est séché en atelier avec un niveau d’hygrométrie de 22 %, point fondamental pour limiter les variations dimensionnelles. Pour un tel ouvrage elles sont de l’ordre de 1,2 à 1,4 cm. C’est à la fois peu et beaucoup pour ce qui concerne tous les ouvrants, toutes les jonctions par exemple.

 

« Le séchage du bois, il faut être très vigilant sur ce point »

 

BCB : Pourquoi les pièces de bois de la toiture sont si imposantes ?

Gevimex : La toiture joue un rôle essentiel pour préserver les ouvrages. En hiver, on peut avoir jusqu’à 1,5 m de neige au sol. Donc on a besoin d’une avancée de toiture de 1,8 à 2 m pour protéger l’édifice, y compris de la pluie.

 

« D’être hors d’eau et hors neige participe activement de la longévité des matériaux ».

 

BCB : Vous avez utilisé de très nombreuses solutions techniques, est-ce que vous pouvez nous donner les grandes lignes du déroulé ?

Gevimex :

  1. Rdc en béton comme évoqué
  2. Montage des Madriers
  3. Pose des fenêtres sur mesure en châtaigniers. À noter qu’il faut façonner le dormant de la fenêtre avec 1 angle pour créer une embrasure à 30 °, ce qui augmente la quantité de lumière en éclairage naturel. Cette embrasure sert également de guide pour la projection du béton de chanvre.
  4. Contre les madriers des murs, pose de la laine de bois compressée en 12 cm d’épaisseur
  5. Projection mécanique du Béton de Chanvre Tradical® en application doublage intérieur, en 8 cm d’épaisseur, sur les 2 niveaux (avec un matériel Euromair).
  6. Projection du Béton de Chanvre Tradical® en extérieur sur le Rdc, en 14 cm d’épaisseur, une fois la toiture terminée.

 

Pour les phases 4 & 5, cette pose est faite avant la mise en place des cloisons de distribution.

Tant la laine de bois compressée que le béton de chanvre sont appliqués en continu pour avoir une isolation réellement répartie. Pas de fractionnement de l’ouvrage isolant, parce que c’est ainsi que l’on crée les ponts thermiques, source de perte d’efficacité.

 

« On a ici 500 m² de béton de chanvre en 8 cm d’épaisseur, uniquement sur les parois donnant sur l’extérieur ».

 

BCB : Pourquoi cette solution hybride madrier/laine de bois compressée/béton de chanvre ?

Gevimex : On apporte une partie de la résistance thermique avec la laine de bois ; on apporte l’autre partie avec le béton de chanvre qui en plus est tellement efficace pour neutraliser les variations de températures et réguler l’hygrométrie intérieur, source de confort et de qualité de l’air.. Techniquement, avec ce système global, j’évite la présence d’un pare-vapeur qui serait contre productif.

En complément de cette paroi type très performante, du fait du grand nombre de fenêtres, on peut fonctionner avec un renouvellement naturel de l’air. Pas de ventilation mécanique pour l’essentiel de l’ouvrage, sauf dans les parties WC, qui n’ont pas d’ouvrant.

 

« Sur ce chalet, on a un U global de 0,21 W/(m2.K) »

 

 

BCB : Est-ce qu’il n’y a pas une difficulté à gérer la liaison des composants de votre solution hybride ?

Gevimex : La jonction laine de bois compressée/madrier se fait avec un système de chevilles plastiques + vis à bois. La fixation entre la laine de bois compressée et le béton de chanvre se fait après la projection du béton de chanvre afin de ne pas entraver l’avancement ou générer des désordres. La fixation que j’utilise est gainée dans un PER pour isoler le clou et limiter le pont thermique. Donc tout est maîtrisé et avec du rendement.

Projection mécanique du Béton de Chanvre Tradical® en 8 cm d’épaisseur

BCB : Vous êtes également un spécialiste de solutions décoratives haut de gamme, et vous avez joué à plein cette carte dans ce projet…

Gevimex : on a mis en place du stucco vénitien dans les salles de bain, mais surtout on a utilisé un enduit mince à la chaux Tradical® Décor pour faire la finition sur le béton de chanvre Tradical®.

L’intérêt est qu’on peut le teinter dans la masse et superposer les 2 couches nécessaires assez rapidement, manuellement, panneau par panneau. Cet enduit naturel est totalement adapté pour recouvrir le béton de chanvre ayant une bonne qualité de planéité. Point essentiel également, sa parfaite compatibilité au niveau perméance…

On hérite de la longévité du matériau chaux aérienne et autre aspect non négligeable, on amène un contrepoint au bois par ce rendu « pierre »l. On crée une esthétique intérieure équilibré entre végétal et minéral. On rompt l’omniprésence du bois sur ce type de construction.

finition enduit à la chaux Tradical® Décor

La finition enduit à la chaux Tradical® Décor appliquée directement sur le béton de chanvre

enduit intérieur à la chaux Tradical® Décor

Tradical® Décor apporte sa minéralité en contrepoint de l’ambiance bois pour composer une esthétique enrichie

« On a ainsi défini des solutions pour faire vivre nos clients dans des ambiances extrêmement qualitatives ».

 

FICHE CHANTIER

  • Lieu : Château d’Oex / Suisse
  • Altitude : 1050 m
  • Durée du chantier : 15 mois
  • Date livraison : 2019
  • MOA : privée
  • MOE : Gevimex Trading S.A.: Gilles Pellat Finet et Laurence Aubert de Bournet Grand rue,7 – 1660 Château d’Oex – email : gevimex@gmail.com
Chalet en Suisse associant madriers et béton de chanvre

Chalet en Suisse associant madriers et béton de chanvre


Applications :

  • Doublage Béton de Chanvre Tradical® avec la chaux Tradical® Thermo + Chanvribat®
    • Intérieur en 8 cm d’épaisseur  sur les niveaux 1 et 2, et en 5 cm en Rdc
    • Extérieur en 14 cm d’épaisseur, sur le Rdc en béton armé
  • Tradical® Décor sur les 500 m² de Béton de Chanvre Tradical®, intérieur et extérieur en Rdc

 

Chauffage

  • Cheminée avec insert, avec prise d’air au nord.
  • Réglage des températures simplifié avec un thermostat par étage
  • Planchers frêne massif thermo chauffé

 

ECS

  • Panneaux solaires pour assurer 30 % de la consommation sanitaire.

 

Décoration sdb

  • Douche à l’italienne avec un receveur constitué d’un seul bloc de pierre usinée en 4 cm d’épaisseur avec la pente adaptée
  • Mur stucco vénitien

 

Éclairage global

  • Indirect, par LED avec une consommation réduite

 

Configuration générale

  • En plus des pièces à vivre, 5 chambres, 5 salles de bains, 1 cave, 1 garage 1 buanderie, 1 système de chauffage pompe à chaleur enterré sous le chalet.
  • Ascenseur pour desservir les niv 0, 1 et 2

 

 

Crédit photo et film : ©GEVIMEX Trading S.A.

 

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L'entreprise Roste en trois générations

Portrait express : entreprise Roste

Romain Roste a démarré en tant qu’apprentis dans l’entreprise de son père, qu’il a reprise pour devenir de facto le plus jeune chef d’entreprise à 22 ans, Bruno Roste (le père) en devenant salarié à 57 ans. Cela s’appelle PRÉVOIR et TRANSMETTRE. L’entreprise Roste en est ainsi à sa 3ème génération.  

 

Interview de Bruno et Romain Roste, entreprise Roste,  par BCB, le 10 04 2020
Dans les rôles principaux : Bruno le père, Romain le fils. 

 

Bruno Roste avait déjà son entreprise de maçonnerie très jeune. Il avait démarré son apprentissage à 15 ans et demi. Avec à la clé un CAP en 77, date d’ouverture du CFA Pont Ste Marie dans l’Aube. Avec comme ligne d’enseignement correspondant à son intérêt professionnel : le savoir-faire appliqué au patrimoine des particuliers.

 

BCB : Raconter nous l’évolution de l’entreprise Roste, qui est aussi une histoire de famille… 

Bruno Roste : Dans les années 70/75, la structure comprenait 3 personnes (1 dirigeant et 2 salariés)

À l’époque où mon père travaillait dans le bâtiment, lui aussi et pour la 1ère génération Roste, après la guerre, c’était le ciment qui était le matériau de tous les jours.

Quand j’ai pris la suite, nous avons évolué vers un autre type de marché avec des rénovations de maisons pans de bois par exemple, avec l’utilisation de briques à l’ancienne ; on réalise également des réagencements d’intérieur, des reprise en sous-œuvre…

 

« Notre crédo : travailler avec des produits authentiques »

Notre équipe s’est agrandie avec l’intégration d’un apprenti, parce que transmettre est essentiel. Et nous nous sommes orientés vers des chantiers de taille raisonnable pour pouvoir les gérer sans sous-traitance.

 

En ce moment, comme chantier type par exemple, nous rénovons une maison à Bar s/Seine avec réparation du soubassement, des pans de bois et réfection de la façade.

 

« Tous les chantiers sont différents et uniques.
Nous n’intervenons plus dans le neuf depuis 15 ans ».

 

BCB : Au-delà du cœur de métier, vous avez porté votre attention sur l’aspect gestion…  

BR : C’est vrai, j’évoque notre métier de maçon, mais en fait la partie administrative est très importante, et sur ce point j’ai été vigilant quant aux compétences à acquérir. Car dans l’entreprise de mon père, je me rappelle que c’était presque un handicap, alors que tout le monde était très pro et compétent sur le terrain. Donc j’ai acquis les connaissances nécessaires dans ce domaine. Et cela m’a permis d’être en plus de mon activité d’entrepreneur, trésorier et administrateur depuis vingt ans à la Capeb de l’Aube. Structure qui s’est engagé très vite à apporter à ses adhérents toutes les connaissances requises au niveau comptabilité par exemple avec les formations adaptées à la maîtrise des outils informatiques.

 

BCB : Quelles sont les orientations prises pour l’entreprise Roste 3ème génération ?

B&RR : Romain détient à ce jour 25% des parts de l’entreprise et deviendra majoritaire prochainement. Donc la transition se fait progressivement avec la volonté de rester sur une échelle artisanale pour que cela tourne bien. On reste sur un fonctionnement avec Zéro sous-traitant. On fonctionne par le bouche à oreille et on dispose à ce jour de 9 mois de projets déjà calés.

 

« Notre offre : c’est un chantier pour la vie »

BCB : Nouveau dirigeant signifie peut être nouvelles envies ou nouvelles compétences ?

B&RR : L’entreprise a élargi ses compétences au travers de formations spécifiques permettant d’acquérir la Qualification CIP Patrimoine qui met en valeur le savoir des maçons dans le bâti ancien. Nous y avons notamment préparé et présenté 3 dossiers concernant des ouvrages antérieurs à 1940 devant un jury de spécialistes comprenant l’ABF de l’Aube et un délégué de la Fondation du Patrimoine.

 

RR : J’ai un CAP maçon et un bac pro « intervention dans le patrimoine bâti », que j’ai complétés par des cours sur la gestion d’entreprise. En plus de ces diplômes de l’IUMP, j’ai fait connaissance dans cet institut de Gilbert Riccordo, meilleur ouvrier de France en fumisterie. Gilbert m’a fait découvrir les escaliers en voûte sarrasine dont il est un des spécialistes, en 2014. Et  cela s’est concrétisé notamment par un chantier en 2018 avec la réalisation d’un escalier à double révolution pour desservir d’un côté une chambre et de l’autre un grenier…Mon apprentissage porte ses fruits.

À la sortie de l’IUMP, j’ai rejoint l’entreprise

 

BCB : les chantiers présentés montrent d’autres centres d’intérêt… 

B&RR : On a d’autres envies, et cela s’est concrétisé avec une formation « four à pain » donnée par une association à Fontenay sous-bois, pour apprendre à faire le cœur d’un four à pain. Et on met occasionnellement en application ce savoir passionnant. Nous présentons ces compétences lors de salons, et on peut répondre à des demandes comme vous le constatez. Et pour l’anecdote sur ce type d’ouvrage, on fait procéder à une extension d’assurance car le four à pain est considéré comme un four industriel…!

 

BCB : Quelle sera votre prochaine actualité chantier ? 

B&RR : On intervient sur une longère où l’on remplace le torchis entre pans de bois par du béton de chanvre. Pour une écurie de château, on crée de nouvelles parois à l’identique de la partie construite pour fermer une partie ouverte du bâtiment…

 

Dans tous les cas de figure, on s’applique des règles strictes de restauration pour qu’il n’y ait pas de problèmes de chantier. Et pour cela on accorde une part importante à l’analyse des pathologies ; on détecte les désordres, les causes, pour apporter des réponses qui vont durer dans le temps. Et sur notre région, entre les ouvrages en silex, le bois des structures, la gestion des remontées capillaires et la conservation de la perméance des parois, l’habitat patrimonial nous fournit toutes les occasions possibles pour déployer notre maîtrise de nos matériaux de prédilections que sont les briques, la chaux aérienne, les torchis et les bétons de chanvre.

 

« On se développe pour toujours se distinguer sur notre marché »

 

L’entreprise Roste

 

Crédit photo : ©entreprise Roste

 

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mortier plâtre et chaux briques et pans de bois

La longère et sa nouvelle entrée

La rénovation de cette longère a été l’occasion de créer un nouvel accès au bâtiment, du fait de réagencements intérieurs. Ou comment intégrer une partie neuve dans le respect du lieu, en termes de proportions et de matériaux.

Interview de Bruno et Romain Roste, entreprise Roste,  par BCB, le 10 04 2020

 

BCB : Ici on est sur un chantier  à multiples facettes… 

Bruno et Romain Roste : C’est une longère magnifique mais qui se trouvait dans un tout autre état. Elle était recouverte d’un enduit, dégradé. On a tout enlevé pour revenir à la structure pans de bois, pour la laisser apparente, avec tout ce que cela implique de réparation, nettoyage, rejointoiement ou remaçonnage et remplissage, notamment 40 à 50 m² de briques 2,5 x 11 x 22 cm entre pans de bois, avec Tradical® Bâtir + sable.

 

BCB : En dehors de cet aspect « entretien classique » du patrimoine, le propriétaire des lieux vous a demandé la création d’un nouvel accès ? 

B&RR : Oui, sous forme d’entrée en renfoncement par rapport à la façade. Une sorte de vestibule dehors/dedans avec sa petite table et ses 2 chaises pour être dehors, protégé de la pluie ou du soleil. Cette partie-là se trouve en fait à l’emplacement de l’ancien garage. Entre les 2 poteaux bois pré-existant.

On a donc créé les 3 pans de murs en briques creuses de 20 cm que l’on a enduits avec un mortier plâtre chaux traditionnel. À savoir du plâtre gros, de la chaux aérienne Tradical® H98 + du sable de St Flo, dans les proportions standard 3+2+1 volumes. Avec une application en 2 cm d’épaisseur en moyenne. Tout l’objectif était de réaliser cette partie neuve en parfaite intégration avec l’esthétique du bâtiment.

Mortier plâtre + chaux aérienne Tradical® H98 + sable

Mortier plâtre chaux avec plâtre gros + chaux aérienne Tradical® H98 + sable

 

BCB : un enduit au plâtre chaux en extérieur, ce n’est pas risqué ? 

B&RR : Ici, pas du tout parce qu’en fait on est dans un renfoncement, donc le mortier est bien protégé.

La nouvelle entrée inscrite dans la trame du bâti, avec ses 3 entrées et son enduit de plâtre chaux

 

FICHE CHANTIER

  • Lieu : VERRIERES (10390-FR)
  • Entreprise Roste : 31 Rue des Deux Châteaux, 10270 Fresnoy-le-Château, France | Site internet https://www.bruno-roste.com/
  • Application :
    • maçonnage des briques à la chaux avec Tradical® Bâtir + sable local
    • mortier plâtre et chaux avec plâtre gros + Chaux aérienne Tradical® H98 + sable de St Flo


Crédit photo
: ©entreprise Roste


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garage pans de bois briques et chaux

Le garage et sa longère

Il ne s’agit aucunement d’une fable, mais de la création d’un garage sur le principe constructif de la longère attenante. Du grand art.

Interview de Romain et Bruno Roste, entreprise Roste,  par BCB, le 10 04 2020

 

BCB : Il s’agit ici encore d’une réalisation qui sort des logiques habituelles ?

R&BR : L’objectif du propriétaire était de réaliser un garage prenant pour modèle l’habitation principale afin de créer une continuité esthétique. De fait on a repris tout ce qui caractérise la longère modèle : des pans de bois et des briques

 

BCB : En fait vous avez construit ce garage comme s’il s’agissait d’une habitation !

R&BR : Exactement, en démarrant par la fondation avec une dalle béton sur laquelle nous avons posé des blocs de pierre de 50 x 50 cm pour soutenir les poteaux de la structure principale. Le charpentier a livré des pans de bois de récupération, tous en chêne.

 

BCB : Vous avez également fait du réemploi pour le soubassement ?

R&BR : Le soubassement a été fait avec des briques de récupération également, que nous avons nettoyées avant de les maçonner à la chaux avec Tradical® Bâtir + brique pilée + sable. Pour le remplissage des pans de bois nous avons procédé classiquement avec cette fois-ci des briques neuves, dont la pose est à l’identique de celle de la longère. Le joint est de 1 cm.

 

BCB : Le ressenti de la qualité est dû au traitement soigné des grandes portes…

R&BR : Les portes en bois massifs de 8 cm d’épaisseur sont en effets dessinées de sorte qu’une fois fermées, elles sont affleurantes, Cet ouvrage qui a la capacité d’accueillir 4 véhicules cache complètement sa fonction grâce à cette astuce qui fait littéralement disparaître ces ouvertures, alors qu’habituellement elles ont tendances à être visuellement trop présentes. L’ouvrage est réussi du fait de son mimétisme avec l’habitation jouxtante. Il y a une belle continuité.

 

FICHE CHANTIER

  • Lieu : VERRIERES (10390-FR)
  • Entreprise Roste : 31 Rue des Deux Châteaux, 10270 Fresnoy-le-Château, France | Site internet : https://www.bruno-roste.com/
  • Application :
    • maçonnage à la chaux avec Tradical® Bâtir + sable local
    • soubassement Tradical® Bâtir + brique pilée + sable local


Crédit photo
: ©entreprise Roste


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Four à pain entreprise Roste avec les chaux et bétons de chanvre Tradical

Du four à chaux au four à pain

On a l’habitude d’adjoindre à « chaux aérienne » l’application « badigeon ». Dans cette réalisation, l’entreprise Roste démontre avec vista que ce matériau est adapté à bien des ouvrages. Et particulièrement dans le cadre de haute température. Donc hourder des briques pour constituer la chapelle d’un four à pain était tout simplement logique.

Suivre le pas à pas chantier pour ce qui devient une véritable pièce supplémentaire, mais tournée vers l’extérieur.

 

 Interview de Romain et Bruno Roste, entreprise Roste,  par BCB, le 10 04 2020

 

BCB : Vous nous emmenez sur ce projet là encore sur une de vos spécialités, la fabrication d’un four à pain.

R&BR : Le projet consiste en la création complète dans le porche, d’une cuisine d’été. La demande initiale incluant un barbecue seul, a évolué avec l’ajout d’un four à pain sur notre proposition, validée. Les 2 éléments se complétant parfaitement dans leur fonctionnement.

L’ouvrage qui accueille le projet est constitué de 2 murs en L, couverts par une charpente et toiture traditionnelles. Pour le projet complet, la structure accueillant le four et le barbecue et pour le plan de travail attenant, nous avons commandé 3000 briques artisanales soit 8 palettes, en plusieurs formats 6 x 11 x 22 cm / 4,5 x 11 x 22 cm et 3,5 x 11 x 22 cm. Par contre, la voûte du four est constituée de briques réfractaires industrielles qui renvoient davantage la chaleur que les briques traditionnelles.

 

Les différentes phases de la construction du four à pain

 

1- Création du soubassement et des poteaux

soubassement et poteaux - Four Roste

soubassement et poteaux – Four Roste

 

2-Création d’une nouvelle dalle béton qui est à 90 cm du sol, destiné à recevoir le four

Nouvelle dalle béton pour recevoir le four Roste

Nouvelle dalle béton pour recevoir le four Roste

 

3-Pose du 1er rang de briques 20 x 20 cm pour constituer la sole.

Elles sont juste posées à sec sur de la brique pilée pour se dilater à la cuisson sans générer de contrainte mécanique.

Pose du 1er rang de brique - Four Roste

Pose du 1er rang de briques – Four Roste

 

4-Le volume du four est généré par une forme en demi-poire

Elle s’inscrit dans une longueur de 1.6 m, sur une largeur de 1.2 m pour une hauteur de 48 cm.

 

5-En suivant la forme du socle, création d’un gabarit en sable

Ceci avec une finition plâtrée de 2 à 3 mm pour servir de support de forme aux briques qui vont constituer la chapelle.

 

6-Mise en place de  la 1ère voûte de la chapelle 

Les briques réfractaires s’appuient sur le gabarit et sont maçonnées avec la chaux aérienne Tradical® H 98 + sable fin + chamotte, avec un joint très fin. On démarre en posant les briques par la base, et on finit par la clé de voûte. Création d’un épis qui facilite la pose à la jonction des surfaces. Les briques sont bord à bord. Cette 1ère couche est d’une épaisseur de 22 cm

1ère voûte en briques réfractaires maçonnées avec Tradical H 98 + sable

 

7-Mise en place de la 2ème couche de briques de terre cuite traditionnelles de 22 cm. Le but est d’ajouter de l’inertie. L’épaisseur totale est de 45 cm..

2ème couche de briques traditionnelles maçonnées avec Tradical® PF 80 + sable

2ème couche de briques traditionnelles maçonnées avec Tradical® H 98 + sable

 

8-Après la fonction inertie, on constitue la fonction isolation du four avec la réalisation d’une forme de 20 cm d’épaisseur en Béton de Chanvre Tradical® appliquée sur la 2ème couche de brique de terre cuite. L’ensemble (les 2 épaisseurs de briques + le béton de chanvre) fait une épaisseur globale de 74 cm.

L’inertie du four combinée à ce système d’isolation retarde le refroidissement qui se fait sur 90 h. À partir du moment où on atteint la température adaptée, on retire les braises, et on fait cuire le pain. On dispose ainsi de 3 à 4 jours de cuisson sans avoir à alimenter le four.

 

9-En partie haute et face avant, création de l’enveloppe du four puis de l’avaloir en avant de 30 cm qui capte les fumées du four pour les diriger vers la hotte et le conduit de cheminée.

vue de l'enveloppe du four et de l'avaloir

vue de l’enveloppe du four et de l’avaloir

 

10-Mise en place d’un thermomètre sur la paroi pour indiquer la température du four. On monte en température, on enlève les braises. On ferme les portes pour que la chaleur s’uniformise. Les braises peuvent être réutilisée pour la barbecue d’à côté.

 

11-Pour compléter l’ouvrage nous avons conçu un plan de travail accolé au mur en retour. Les jambages sont en briques et pierres, et supportent une dalle en béton blanc. Dessus est intégrée une plaque de marbre pour accueillir le fruit de la cuisson. L’évier est en pierre de récupération.

Vue globale du four à pain, du barbecue et du plan de travail – Réalisation entreprise Roste


FICHE CHANTIER

  • Lieu : COURTENOT (10260-FR)
  • Entreprise Roste : 31 Rue des Deux Châteaux, 10270 Fresnoy-le-Château, France | Site internet : https://www.bruno-roste.com/
  • Tuilerie ROYER Soulaine Dhuys  : 8 Route de Joinville, 10200 Soulaines-Dhuys, France | Site internet :  https://www.latuilerieroyer.fr/
  • Applications :
    • Les briques de la chapelle sont hourdées avec la chaux aérienne Tradical® H 98
    • Le reste de l’ouvrage dont l’avaloir et les conduits de cheminées, est maçonné avec la chaux Tradical® Bâtir + sable


Crédit photo
: ©entreprise Roste


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les maçons de Troyes

Les 120 ans de la scop les maçons de Troyes

La scop Les maçons de Troyes date de 1898. Une telle longévité est unique, et pour partie liée à son modèle social. Ces éléments nous ont donné envie de découvrir les grandes lignes de son parcours avec Gilbert Gallet, son actuel gérant.

Interview de Gilbert Gallet, actuel gérant de la scop, par BCB, le 14 02 2020

 

BCB : 120 ans d’existence, le parcours est exceptionnel, mais il a surement été mouvementé !

G. Gallet : Les Maçons de Troyes, c’est une société coopérative dont les locaux se situaient originellement à Troyes. Il s’agit peut-être de la plus vieille scop de France. On y privilégiait la construction, en bâtissant des usines, des maisons d’habitation bourgeoises…en pierre et brique. Après-guerre par contre, nous ne sommes plus sur ce type de marché, nous faisons essentiellement de la rénovation.

Pour l’histoire, notre structure comme bien d’autres a subi les conséquences de la seconde guerre mondiale, certains de nos ouvriers ont ainsi été réquisitionnés pour construire les bunkers en Normandie. Notre scop a malgré tout survécu aux 2 guerres.

BCB : Sur quels types de chantiers intervenez-vous ?

G. Gallet : La structure comprenait à ses débuts jusqu’à 60 salariés. De nos jours, 10 personnes œuvrent en rénovation, restauration et ponctuellement en neuf.

Notre rayon d’action nous fait rester dans le département de l’Aube. Avec des chantiers techniques demandant des applications de béton de chanvre, remplissage de pans de bois, enduit terre, restauration de torchis et badigeons.

Pendant longtemps nous avons restauré jusqu’à 3 à 4 églises par an, de nos jours on intervient en moyenne sur un ouvrage de ce type sur une année. Et bien sûr nous disposons des qualifications requises avec notamment la Qualibat 2181 et 2182 pour la taille de pierre et la restauration du patrimoine.

Sur les 10 dernières années, on peut recenser la restauration de maisons pans de bois dans le centre ancien de la ville de Troyes (dpt de l’Aube), y compris le bâtiment d’entrée de l’espace Argence, quelques églises (à Buchères, Pouy-sur-Vannes, Feuges…), et beaucoup de chantier avec les particuliers…

 

BCB : Depuis 1898, pourquoi ce « format SCOP » ?

G. Gallet : Une coopérative est une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement.

Les valeurs fondamentales des coopératives sont la prise en charge et la responsabilité personnelle et mutuelle, la démocratie, l’égalité, l’équité et la solidarité. Fidèles à l’esprit des fondateurs, les membres des coopératives adhèrent à une éthique fondée sur l’honnêteté, la transparence, la responsabilité sociale et l’altruisme.

Plus de 120 ans d’existence pour cette entreprise SCOP, gérée par Gilbert GALLET, composée de 10 compagnons soucieux d’acquérir pour les uns, transmettre pour les autres, les gestes techniques de leurs aînés.

C’est un choix de société dans tous les sens du terme. Il en découle un partage des connaissances, des bénéfices, pas de transmission de père en fils mais entre professionnels qui se relaient. Ainsi, chaque nouveau gérant qui est élu tous les quatre ans par les sociétaires, apporte sa propre démarche pour renouveler ou compléter les orientations, les choix antérieurs.

Tous les sociétaires ont accès aux comptes et possèdent une part du capital. Ils contribuent à son augmentation tous les ans au travers d’un pourcentage du salaire qui y est attribué. En regard de cet investissement qui permet de constituer une réserve, chaque salarié dispose d’un intéressement.

 

Toutes les conditions sont réunies pour l’implication de chacun, aussi bien dans la conduite et réussite des chantiers que dans la vie de l’entreprise et donc sa pérennité.

 

 

Pour aller plus loin 

ENTREPRISE : Les Maçons de Troyes – 150, route d’Auxerre – 10120 Saint-André-les-Vergers | site web : http://www.les-macons-de-troyes.fr/

 

A lire aussi sur notre site
l’interview concernant la restauration d’une longère par les maçons de Troyes
https://www.bcb-tradical.com/la-chaux-pour-une-longere-auboise/

 

Pour tout contact
Yannic Santandreu, Responsable Technique Tradical®, tél : 06 76 45 09 15 / mail : yannic.santandreu@lhoist.com

BCB Tradical, votre expert en béton de chanvre et chaux aérienne.

béton de chanvre pour le collège Lucie Aubrac (77)

Collège de Lucie Aubrac – Montevrain (77)

Pour ce nouveau collège de 26 classes, construit dans l’éco-quartier de Montévrain, les logements de fonction bénéficient de l’utilisation du béton de chanvre, dont les qualités uniques assurent simultanément le remplissage des parois et l’isolation thermodynamique été/hiver, de l’ouvrage.

 

Interview de Sébastien Burin, entreprise Burin-Penet, par BCB Tradical® / Février 2020

 

Pour répondre à l’appel d’offre, différentes équipes se sont constituées. La construction a été attribuée à l’entreprise générale Verdoïa. Pour la partie concernant les logements de fonction, ce sont les échanges fructueux avec les sous-traitants  qui ont permis d’assurer la pleine efficacité des différents phasages.

 

La concertation entre Verdoïa, le charpentier Poulingues et l’entreprise Burin-Penet, pour le béton de chanvre, a permis d’optimiser la structure bois pour aller vers plus de rapidité quant à la constitution des parois béton de chanvre. L’ossature qui s’appuie sur une dalle Rdc en béton et des poteaux béton, est conçue pour recevoir des panneaux hauteur d’étage en intérieur et une finition extérieure constituée d’un bardage en zinc. La jonction mur/toiture est également optimisée pour une rapidité de pose sur site. La charpente façonnée en atelier, a été livrée sur place par camion grue avec assemblage des différents éléments à l’avancement.

A lire également : Se protéger du feu avec les bétons de chanvre tradical

L’objectif étant de réduire le coût global du système structure+isolation et de raccourcir les délais. Les logements ont été réalisés en dernière partie de chantier et leur réception a pu coïncider avec la date de livraison de la partie collège

 

La mise en œuvre s’est fait par travée. L’entreprise Burin-Penet a projeté ainsi le béton de chanvre par aire de mur, en étage puis Rdc. Une partie finie, l’échafaudage était déplacé sur la zone contiguë. La collaboration avec Verdoïa qui gérait l’aspect échafaudage a permis de gagner en efficacité. Dans ce même but, Burin-Penet est intervenu avec 2 machines à projeter le béton de chanvre pour les 3/4 du chantier. Ce qui a permis de traiter les 600 m² de béton de chanvre en une vingtaine de jours.

 

Suivre le portfolio réalisé par l’entreprise Burin-Penet

FICHE CHANTIER

 

Collège Lucie Aubrac

  • Lieu : Montévrain (77)
  • Superficie : 7547 m²
  • 26 classes
  • 300 élèves dans un 1er temps puis rapidement 800 élèves seront scolarisés sur ce site.
  • Démarche HQE certifiée, passeport bâtiment durable de niveau excellent

 

MAITRISE D’OUVRAGE

  • Conseil départemental Seine-et-Marne (77)

 

MAÎTRISE D’ŒUVRE

 

ENTREPRISE GÉNÉRALE

  • Verdoïa, filiale de VINCI Construction France

 

CHARPENTIER

  • Poulingues, Zone d’activité n°3, lieu-dit de la Carrellerie – 27210 Beuzeville

 

ENTREPRISE BÉTON DE CHANVRE

 

APPLICATIONS Béton de Chanvre

Mur isolant en béton de chanvre Tradical® :

  • Chaux Tradical® Thermo + chanvre
  • Surface : 600 m² environ
  • Épaisseur : 30 cm soit un R= 4 m².K/W (avec l = 0,076 W/m.k certifié)

 

Crédits photos : ©Burin-Penet

 

Pour tout contact :

Xavier Héron, Conseiller Technique Tradical®, tél : 06 37 79 13 62 / mail : xavier.heron@lhoist.com

BCB Tradical, votre expert en béton de chanvre et chaux aérienne.

Damien Blaise architecte

Portait d’architecte : Damien Blaise

Damien Blaise est l’architecte du projet de l’école maternelle de la Roseraie. Il y utilise le béton de chanvre sur les façades sud.

 

Interview de Damien Blaise BCB Tradical® / Février 2020

 

 

BCB : Quels sont les facteurs qui déterminent vos choix ?

Damien Blaise  « J’essaye de mettre le matériau le plus adapté à chaque partie d’un projet, pour être cohérent avec le site, ses contraintes et ses atouts et les objectifs en matière de performance énergétique et de couts de construction. Je n’ai pas de matériau privilégié »

 

« On sait que les bâtiments ont des durées de vie variables, suivant leur destination. Je privilégie la valeur d’usage : donc pas de place pour les derniers gadgets, il faut que l’ouvrage soit facile à utiliser faire fonctionner et à entretenir réparer. Il y a de la place pour le béton banché, les murs de paille, le chanvre, la pierre, le bois , le métal… »

 

«Il s’agit d’utiliser le meilleur matériau pour ses qualités de mise en œuvre, ses qualités économiques, de confort, d’aspect et de pérennité »

 

« Le bois par exemple, même si faire le choix d’une maison bois dans le sud-est n’est pas de la première évidence, je m’y suis intéressé très tôt, avant même qu’il ne prenne sa place sur le marché. Parce qu’on dispose là d’une solution légère, qui évite les surcharges et permet un chantier rapide, à haut niveau de précision. C’est ainsi idéal pour faire une extension…»

 

« Il n’y a pas de solution parfaite, mais notre métier consiste à créer de la valeur ajoutée en synthétisant toutes les données d’un projet (programme, budget, contexte règlementaire, planning,…) ».

A lire également : Yves Perret, construire et nourrir l’imaginaire

BCB : Quelle est l’origine de cette passion pour la matière ?

Damien Blaise : Je suis un amoureux de la chaux !  Ce qui m’a conduit à faire un stage (théorie et pratique) à l’Ecole d’Avignon pour redécouvrir toute les qualités de la chaux et le potentiel global de ce matériau qui tient une place essentielle dans notre patrimoine. À ma liste, il faut donc ajouter la chaux !

 

 

  • Damien Blaise architecte
    25 Rue Fontange – 13006 Marseille | site web : www.damienblaise.com
    Équipements | Hôtellerie | Industrie | Logement | Mobilier

 

A lire : Tout savoir sur l’enduit chaux chanvre

BCB Tradical, votre expert en béton de chanvre et chaux aérienne.

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