Plein feu sur un partenaire

pierre de taille et enduit chaux Tradical®

Piam, la pierre de taille et le Palais des Évêques

La réparation de la pierre de taille, les enduits à la chaux, portrait d’un spécialiste, amoureux de la chaux aérienne.

Piam, c’est le nom d’artiste de ce professionnel qui a consacré une bonne partie de sa vie professionnelle à la restauration du patrimoine. Nous nous étions rencontré lors des Rencontres Régionales Tradical® à Mende, en 2015. Dernièrement en ce mois Décembre 2017, nous avons réévoqué son parcours et son implication dans le projet au long cours de la restauration du Palais des Évêques de Bourg-Saint-Andéol.

Interview 07 12 2017 : BCB Tradical®

 

BCB : Comment vous définiriez-vous ?

Piam : Je suis un passionné de la restauration. Mes axes de fonctionnement : comment redonner vie aux ouvrages de pierre, comment réparer, ou comment refaire ?

 

BCB : Quel type d’études avez-vous suivie ?

Piam : J’ai fait mes études de tailleur de pierre à Blois, avec le contenu classique du domaine : le débit de la pierre, le tracé, la taille, la stéréotomie. Suite à l’obtention de mon diplôme, j’ai œuvré au sein de nombreuses entreprises Monuments Historiques : Lagarde et Broussaille à Paris, puis Lagarde à Orléans, retour en Normandie où j’ai intégré des entreprises comme Puech, Quelin avec une longue période consacrée à la restauration de l’Abbaye Notre-Dame du Vœu, à Cherbourg.
Pendant une dizaine d’années, j’ai été sculpteur, à Honfleur. Et depuis 2005, je n’ai cessé de faire des chantiers pierre de taille.

 

BCB : Qu’est-ce qui fait que vous privilégiez la chaux aérienne ?

Piam : Je fais mon métier depuis plusieurs décennies. Donc j’ai suivi et quelquefois subi l’évolution des matériaux. À mes débuts, on éteignait la chaux aérienne, on la bâtardait quand on avait besoin de solutions plus hydrauliques. Le résultat était alors plus ou moins fiable et facile d’emploi. Ce qui m’a conforté dans le choix des chaux formulées Tradical®, ce sont 3 points que je considère cruciaux :

  • Le mortier laisse totalement respirer les supports
  • On peut parfaitement régler l’onctuosité, tout en restant gras, et avec une quantité d’eau modérée (ce qui facilite le séchage)
  • Et puis, le confort d’usage est incomparable

La meilleure illustration que je peux vous en donner au Palais des Évêques, c’est surement la restauration de l’espace que nous appelons le « laboratoire ». Les murs étaient très abimés du fait de la pose antérieure d’un enduit ciment. Quand nous avons tout décrouté, les murs étaient gorgés d’eau. 15 jours après réenduisage à  la chaux Tradical®, les parois étaient complètement sèches. Ça, c’est essentiel pour des ouvrages du patrimoine !

 

BCB : Et par rapport à votre pratique de tailleur de pierre ?

Piam : L’aspect réparation pose toujours question. Est-ce qu’il faut enlever toute la pierre ? Quand elle est abimée ponctuellement, comment je peux remettre la partie manquante ? Tout est possible. Mais il faut contenir le budget, il faut rester dans une durée d’intervention raisonnable, et puis à l’arrivée, l’ouvrage doit parfaitement s’intégrer. On ne peut pas juxtaposer des «rustines».
Une réparation réussie, c’est une réparation qui ne se voit pas !
Et là, Tradical® PF 60 répond à toutes ces contraintes. Avant d’utiliser cette chaux, soit j’ai formulé, soit j’ai utilisé du prêt à gâché. Mais sans la souplesse de fonctionnement que j’ai aujourd’hui. Pour les grosses recharges, je peux monter en épaisseur, sans problématique de retrait, je taille la réparation comme si c’était de la pierre.

De même, pour les réparations ponctuelles, je n’ai plus besoin d’ajuster des morceaux de pierre taillée, la jonction étant toujours difficile. J’utilise PF 60 en restituant la texture avec de la poudre de pierre au besoin. Je maîtrise le grain, la couleur avec une grande facilité. Ouvrage fini, il est difficile de détecter mon intervention tant elle est intégrée.

 

BCB : Vous avez également une passion : la formation

Piam : Oui, la formation est le moyen pour moi de transmettre les nombreuses connaissances que j’ai acquises. Au fil de la restauration du Palais des Évêques, nous avons mis en place 3 sessions de 1 mois environ pour chacune, avec des profils de stagiaires très différents. Des Bac pro, des BTS et des Bac+1 dans le cadre d’Erasmus. Et à chaque fois avec l’objectif de traiter un sujet dans son intégralité.

  • Ainsi dans le 1er stage, nous avons reconstitué une cheminée complète, en partant de blocs de pierre bruts et en intégrant le calepinage, la taille et la pose.
  • Le deuxième stage concernait davantage les enduits, et cet aspect est fondamental. Car c’est apprendre à intégrer différents ouvrages entre eux, c’est la maîtrise des textures, des couleurs, des patines, tous sujets étroitement liés à la pierre.
  • Et puis le dernier stage lui traitait de la recréation d’un meneau sur une fenêtre de la façade principale.

 

BCB : Comment définit-on le fil conducteur d’une restauration ?

Piam : On dira globalement que c’est le bâtiment qui commande la restauration. Pour le Palais des Évêques, dont l’histoire démarre au XIIIè s. on peut imaginer puis constater l’évolution d’un tel site. Les propriétaires et leur statut dans la société ont été multiples. Si l’on s’en tient à la période la plus récente, ce lieu emblématique était devenu une école. Et tout l’aspect patrimonial, voir historique avait été bien endommagé. De fait, entre la reconfiguration des circulations, des pièces et l’usage de matériaux inappropriés, le chemin a été long pour remettre à la vue de tous, la vraie valeur de cet ouvrage. Sur les 100 pièces que compte ce Palais, il a fallu carrément mener ce que j’appelle des « campagnes de dépollution » pour supprimer les enduits ciments et laisser de nouveau respirer les parois, et redécouvrir aussi en certains endroits une décoration murale et picturale unique.

 

BCB : Est-ce qu’on peut assimiler ce type d’intervention à de la haute couture ?

Piam : en termes de valeur on y est. Même quand on se programme pour restaurer telle ou telle partie, on découvre des passages obturés, et donc des cheminements qui donnent accès autrement, qui nous montrent la logique antérieurement pensée et mise en œuvre, et qui modifie nos priorités. Ainsi depuis l’origine de ce projet de restauration, il y a toujours une part d’enthousiasme qui nous fait avancer et une autre part combinant connaissances techniques et connaissances historiques. Chaque m² fait l’objet d’une réflexion approfondie pour réaliser une restauration digne de la valeur de ce bâtiment.

 

Prochain article sur le Palais des Évêques :
Interview du maître d’ouvrage : Mr Jacques Lextreyt,
À paraître sur la Newsletter de Janvier 2018.

Chape béton de chanvre Tradical en toupie

Toupie pour une chape béton de chanvre et chaux

Qui a dit que le biosourcé était un monde à part ?

Dans l’Indre, l’entreprise Kavinski a utilisé un camion toupie pour réaliser une chape en béton de chanvre. Les 16 m3 du chantier ont été réalisés en 4 passages sur une journée de mise en œuvre.

 

Les raisons du choix d’une chape en béton de chanvre

La maison en cours de rénovation se situe dans le PNR de la Brenne (36). Il y a sur ce secteur la volonté de mettre en place des solutions biosourcées. Quel que soit l’ouvrage à réaliser, il y a recherche systématique de solutions allant dans ce sens pour respecter la qualité architecturale et patrimoniale présente dans le Parc Régional.

Quels sont les atouts d’une chape de béton de chanvre ?

Sa parfaite compatibilité avec les matériaux anciens. Elle se pose autant en rdc qu’en étage, et là en rattrapant facilement les défauts de planéité. Bien que matériau  biosourcé, la chape  béton de chanvre est insensible aux rongeurs et autres nuisibles. Parfaite résistance au feu. Et en plus, elle apporte de la performance thermique.

Quels sont les avantages de cette chape pour l’applicateur ?

C’est une chape isolante ultra-légère, car on met en place seulement 65 kg/m², en 20 cm d’épaisseur. De plus, la chape est posée à l’avancement, en 1 seule couche, dans l’épaisseur requise. Donc très grande simplicité.

 

Pourquoi opter pour la toupie pour une chape béton de chanvre ?

L’expérience acquise au sein du réseau des partenaires Tradical® a permis  le transfert de compétence pour ce type de mise en œuvre. En effet, l’utilisation de la toupie se fait régulièrement et l’entreprise Kavinski a pu disposer des infos pratiques pour utiliser ce procédé. L’objectif essentiel étant de gagner en rendement.

 

Quelle différence dans la mise en œuvre par rapport à d’autres chapes ?

Pas de film polyane, pas d’armature, l’ouvrage en béton de chanvre est très facile à régler en surface, avec un grand temps ouvert au niveau de la prise du matériau, ce qui facilite l’organisation chantier.

 

Quel gain temps chantier pour une chape béton de chanvre entre une application toupie et une application classique ?

En moyenne, on va diviser par 2 le temps de réalisation de l’ouvrage. On pose avec la toupie environ 8 m3 par demi-journée. Cela inclut la préparation du béton de chanvre et sa pose sur chantier. Le temps a y consacrer étant très court, l’entreprise ne pénalise pas son planning.

 

Comment l’entreprise Kavinski a découvert cette application chape isolante en matériaux biosourcés ?

Tout simplement grâce à une formation béton de chanvre qui a permis de maîtriser l’ensemble des applications de ce matériau.

 

Quelles sont les domaines de prédilections de l’entreprise Kavinski ?

Cette entreprise fait autant du neuf que de l’ancien, sans être particulièrement spécialisée éco-construction. Mais elle connait ce domaine et peut répondre parfaitement à la demande. Dans les possibles réponses qu’elle peut apporter, il y a l’Enduit Chanvre, qui est aussi une évidence, car sa mise en œuvre est facile, maîtrisée dans l’entreprise. Et cette solution apporte un véritable plus esthétique et du confort de vie en rénovation du patrimoine.

Cédric Vercoutter spécialiste isolation bio-sourcée extérieure

Isolation bio-sourcée extérieure en milieu scolaire

ITE béton de chanvre, par un spécialiste qui vient de réaliser un chantier de rénovation sur la commune du Passage d’Agen.

L’entreprise Bâtisseurs d’Arcamont comprend une trentaine de personnes. Sa date de création remonte à 2007. La structure est basée à Roquelaure dans le Gers.

  • Rencontre avec Cédric Vercoutter : créateur et dirigeant de l’entreprise Bâtisseurs d’Arcamont
  • Interview 15 2017 : BCB Tradical®
BCB : Quels sont les domaines d’intervention de votre entreprise ?

Cédric Vercoutter : Nous sommes pluridisciplinaires et traitons l’ensemble des domaines qui permettent de bâtir ou restaurer. Maçonnerie, Charpente, Taille de pierre, Enduit, Isolation. Et nous utilisons des matériaux locaux, classiques et également bio-sourcés pour répondre  aux préoccupations et projets de nos clients et être aussi force de proposition.

BCB : Donc l’appel d’offre concernant la rénovation d’un self pour un groupe scolaire du Passage d’Agen (dpt 47) entrait dans vos compétences ?

Cédric Vercoutter : Bien sûr. Les appels d’offres de ce type sont encore rares. Nous y avons répondu parce que nous avons les compétences en interne. Nous maîtrisons parfaitement la préparation d’un tel chantier et la mise en œuvre. On n’est absolument pas dans de l’ouvrage expérimental !

BCB : Décrivez-nous le phasage type d’un chantier ITE béton de chanvre

Cédric Vercoutter : en termes de préparation de l’ouvrage ITE biosourcée, on reste sur des opérations classiques :

  • Lavage haute pression du support pour une application sur une surface fiable
  • Mise en place de l’ossature secondaire, pose de cadres bois dans l’épaisseur requise, autour des ouvertures fenêtres et portes
  • Ces pré-cadres ont reçu en applique de nouvelles fenêtres doubles vitrages conformes à la RT, et de nouvelles portes.

Puis vient ensuite la mise en place du béton de chanvre.

BCB : Est-ce qu’il y a des points singuliers dans l’ouvrage ITE chanvre et chaux ?

Cédric Vercoutter : il y a une garde au sol de 15 à 20 cm à respecter. À cet endroit, nous avons mis en place une solution liège. Et comme pour tout ouvrage ITE, nous renforçons les angles des murs à l’aide d’une trame rigide noyée dans l’enduit de finition. Finalement, la procédure reste simple !

D’autant que pour cette ITE, nous avons bénéficié de la configuration du toit qui se termine par une casquette béton au débord prononcé. Ce qui nous a évité toute modification de cet élément et a compté dans la simplicité de la préparation. Les 20 cm d’épaisseur du béton de chanvre sont donc bien protégés dans la partie haute des murs de façades. 

BCB : Le service technique de Passage d’Agen met en avant la rapidité du chantier, qu’en est-il ?

Cédric Vercoutter : Il s’avère que nous sommes sur des temps de pose très restreint. Concrètement, 2 personnes suffisaient pour la réalisation de l’ITE. Elles ont géré d’une part le remplissage de la machine à projeter le béton de chanvre et d’autre part la projection proprement dite.

L’équipe dédiée à ce biomatériau maîtrise sa mise en œuvre depuis de nombreuses réalisations, ce qui permet une pose efficace. Jusque dans la mise en place de l’épaisseur requise et le réglage de la surface. Globalement, on est presque plus rapide qu’avec une solution ITE classique !

BCB : Qu’est-ce qui singularise cette isolation bio-sourcée extérieure des autres solutions en extérieur ?

Cédric Vercoutter : on met en place un matériau en une seule passe, à l’avancement. On n’a pas comme pour d’autres solutions à gérer des découpes, du vissage, du collage, du marouflage. Finalement la présence chantier est plus homogène et le séquençage des applications plus facile à gérer.

BCB : Comment avez-vous découvert le béton de chanvre ?

Cédric Vercoutter : Nous intervenons beaucoup en rénovation. Je souhaitais proposer un matériau respirant car c’est une caractéristique essentielle. En effet dans notre région, nous avons un patrimoine bâti avec la terre crue ou la pierre. Donc des parois qui exigent la conservation des échanges hygriques. Je voulais également un matériau qui apporte de l’inertie. Et le béton de chanvre sur ces point est très efficace, voir unique.

BCB : De manière générale, dans quels cas proposez-vous cette isolation bio-sourcée extérieure ?  

Cédric Vercoutter : Globalement, je suis enclin à mettre en avant des solutions bio-sourcée. J’utilise des produits laine de bois par exemple. Mais le choix pour un chantier se fait davantage par rapport à l’aspect technique que par l’aspect coût. Je vais proposer la voie sèche pour le plafond ou les rampants, alors que pour les murs, je ne vais pas hésiter à mettre en avant le béton de chanvre. Il apporte une grande inertie à l’ouvrage, et en été c’est un plus majeur. Même s’il se pose en voie humide, la nouvelle chaux Tradical® Thermo que j’utilise pour ces bétons de chanvre, apporte un gain temps de séchage important.

BCB : Comment voyez-vous l’avenir du béton de chanvre ?

Cédric Vercoutter : Les machines à projeter sont fiables et permettent d’être compétitif. Ajoutez à cela l’aspect pratique : en restauration votre ouvrage en béton de chanvre s’adapte parfaitement aux imperfections de planéité des murs traditionnels. Il est très facile ainsi de les redresser. Vous n’amenez pas de surcharge sur les structures anciennes, donc pour moi, le béton de chanvre est maintenant une solution technique fiable, sécurisée que j’utilise ou mets en avant de manière standard. On fait de la chape également. Et je propose facilement le béton de chanvre pour faire une extension, une rénovation.

Le béton de chanvre entre dans une période de maturité.

 

construction chanvre formation MOOC

Construction chanvre et MOOC : se former facile

L’ouverture de ce Mooc Construction Chanvre marque une étape supplémentaire dans la vulgarisation des connaissances liées à ce matériau.

Le béton de chanvre s’utilise depuis plus de vingt ans. Auprès des auto-constructeurs au départ, puis des entreprises. Maintenant le relais est pris par les concepteurs qui peuvent l’employer pour toutes les typologies architecturales, avec des performances thermodynamiques uniques dans l’offre bâtiment.

  • Nous avons rencontré Rémy Chorda un des principaux acteurs de la conception de ce MOOC Construction Chanvre
  • Rémy Chorda (RC) : Maçon et Président de Construction Saine en Lozère et de l’Ecole Nationale du Chanvre
  • Interview 11 2017 : BCB Tradical®

 

BCB : Déjà, qu’est-ce qu’un Mooc ?

Rémy Chorda : C’est tout simplement une formation en ligne. Avec comme ambition de transmettre à tous des connaissances, des éléments d’analyse pour dans notre cas mener à bien un projet de construction ou de rénovation en béton de chanvre.

La formation Mooc construction chanvre est accessible pour tous les publics. Elle est gratuite.

 

BCB : Pourquoi un tel focus sur ce matériau ?

Rémy Chorda : Son utilisation depuis de nombreuses années m’a démontré son très grand potentiel dans l’apport de performances thermiques en rénovation tout en respectant les systèmes constructifs anciens. Avec d’autres artisans nous l’avons utilisé avec succès sur de nombreux chantiers, y compris en construction. Un maçon peut faire des murs, chapes, toitures, enduits  isolants pour livrer un ouvrage où à chaque fois les retours clients sont positifs au niveau du confort de vie. Rien de tel pour valoriser notre métier !

 

BCB : Quel est l’apport de l’ADEME dans ce projet MOOC ?

Rémy Chorda : Pour rappel l’ADEME est un acteur essentiel des politiques publiques dans le domaine du développement durable notamment. Cette institution a mis à notre disposition son infrastructure informatique déployant les ressources MOOC en France, et nous a soutenus financièrement. Nous bénéficions ainsi de sa visibilité, de sa crédibilité et de son expertise pour ce type de projet.

 

BCB : Qui a conçu le MOOC ?

Rémy Chorda : L’Ecole Nationale du Chanvre (ENC) pour un total de 2000 h de conception. Car les intervenants de l’ENC sont tous impliqués au quotidien dans l’acte de bâtir sain. C’est une démarche très forte en Lozère que j’ai initié il y a maintenant 6 ans.

 

BCB : D’ailleurs, quelles sont les raisons de votre engagement pour une pratique de votre métier respectueuse du bâti, de l’utilisateur et du professionnel ?

Rémy Chorda : À partir du moment où j’ai compris que je risquais de faire des rénovations non pérennes du fait de l’emploi de matériaux inadaptés, je me suis lancé dans la valorisation de solutions chanvre, paille et lin. Si au départ, le marché était balbutiant, il est maintenant mature pour aborder en construction et en rénovation, les solutions techniques basées sur l’emploi des matériaux biosourcés.

 

BCB : Quels sont les grands thèmes abordés par le MOOC ?

Rémy Chorda : l’ensemble des applications courantes du béton de chanvre : mur, chape, toiture, enduit. Mais on est dans le concret. Notre objectif est d’apporter les réponses aux situations rencontrées sur chantier. Par exemple quand on fait de la projection machine sur un mur : comment peut-on repérer au laser le nu de l’épaisseur à mettre en place ? Sujets connexes, mais au combien essentiel : quelles sont les finitions compatibles :

  • les enduits de chaux, traditionnels ou minces,
  • mais aussi les enduits de terre,
  • et les enduits de chanvre et chaux…

et bien d’autres contenus à découvrir.

BCB : Sous quelles formes ces connaissances sont-elles présentées ?

Rémy Chorda : Nous avons mis en place des vidéos présentant des extraits de formation en présentiel, ainsi que des témoignages d’applicateurs voulant partager leurs expériences, et divers tutoriels.

 

BCB : Combien d’heure de formation sont proposées ?

Rémy Chorda : Le Mooc permet à chacun de suivre son rythme et d’adapter le cours en ligne à sa disponibilité au rythme de 20 mm à ½ h, jusqu’à une heure par semaine. Pour faire le tour du sujet sur 4 semaines. En complément, la mise en place d’un forum permettra les échanges sur les points à préciser, en bénéficiant des connaissances d’un spécialiste aguerri.

 

BCB : Comment se positionne le MOOC Construction Chanvre par rapport aux formations en présentiel de l’Ecole Nationale du Chanvre ?

Rémy Chorda : Le présentiel, c’est passer de la prise de conscience ou d’un premier apprentissage à l’action. Je suis architecte et je conçois un projet pour un client. Je suis artisan/entrepreneur et j’ai signé un chantier…Comment réussir ?
De fait, sur notre site de Mende en Lozère, on est sur des cas de figure réels avec des ateliers pratiques pour :

  • Gérer la jonction plancher/mur
  • Anticiper la fixation de meubles aux murs
  • Calculer les épaisseurs de doublage isolant+finition
  • Réaliser la garde au sol de 20 cm pour l’isolation extérieure

Les détails, petits ou grands, sont nombreux. Et y être confronté « comme on le sera dans la réalité » permet de gagner très vite la maîtrise du sujet.

« En ligne ou sur place en Lozère, nous offrons des outils adaptés aux attentes ! »

 

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Trophée D’or Batirama 2016

Notre premier post sur Facebook en septembre 2016 mettait en avant l’entreprise partenaire de Tradical « Les Tailleurs de Pierre » à Bourge, pour la magnifique restauration du Château de Chappe.

Figurez-vous que Philippe Guérin, le dirigeant de cette entreprise vient d’être primé pour cette réalisation lors des Trophées Batirama, le 30 Mars 2017. La cérémonie avait lieu dans les locaux de la SMA à Paris. Savoir-faire, chantier de référence, chaux de référence et un brin de communication sont les éléments clés de cette réussite. Tradical® souhaite le meilleur à Philippe Guérin, ainsi qu’à son équipe de professionnels passionnés !

Pour mémoire « la fiche du chantier primé »

Plaidoyer pour une maison saine

« La maison est un poumon » Cette déclaration est plus qu’une allégorie, c’est une réalité cruciale aux implications insuffisamment ressenties et reconnues.

Ce constat a transformé la vie professionnelle, sociale et privée de Daniel Bayol, créateur du Bureau d’études DB Chanvre dans le Sud. Au point de reconsidérer totalement son métier et au-delà,…sa vision de la construction.

Un itinéraire étonnant et on l’espère contagieux qui mérite l’attention !

« Respirez vous êtes chez vous », un nouveau point de départ ?

J’ai toujours travaillé dans le Bâtiment, métreur, aide conducteur de travaux. Chez mon père tout d’abord pour apprendre la pratique, tout en suivant des cours à distance. Très vite j’ai créé ma première société de construction et de rénovation de maisons individuelles dans le Golfe de St Tropez…mais des constructions « conventionnelles », sans l’approche développement durable, pendant 12 ans

En 2006, j’ai compris que je ne pouvais plus construire de la même manière. Le déclic ? Devenir parent, peut-être, avec de nouvelles responsabilités, et certainement mon constat : la planète va mal ! (et l’avenir ne sera pas si lumineux !). J’ai l’intime conviction que chacun doit faire quelque chose et qu’il peut le faire au travers de son métier. Moi, c’est la construction.

Et l’on vit de façon permanente dans cette enveloppe qu’est le bâtiment.et que l’on y respire…plus ou moins bien.

Comment contribuer à une amélioration, quels leviers pouvais-je actionner ? Conception différente, matériaux et équipements écologiques…Au même moment je lisais dans la presse (oui, on lit dans le bâtiment !) un article passionnant sur le béton de chanvre…

Ensuite ? Un métier aux nouvelles fondations ? Tout recommencer ?

Il faut aller jusqu’au bout .Des décisions majeures s’imposaient. Changer de région pour aller en Périgord, une région plus ouverte à la culture de la construction bois, et de l’éco-construction, enrichir mes connaissances sur l’ossature bois, apprendre et maitriser le béton de chanvre notamment, les techniques et finitions de la chaux, les puits canadiens, découvrir les maisons TBCE…je suis donc passé par des stages de formations tels que ceux dispensés par l’Écocentre du Périgord.

J’ai réalisé là-bas des villas BBC et éco rénovations en béton de chanvre en créant mon bureau d’études DB-CHANVRE, avant de revenir dans ma région, en bord de mer, près de ma famille, et y transposer cette expérience de construction saine en délocalisant DB Chanvre.

Le béton de chanvre votre matériau de prédilection ?

« Mais bon sang mais c’est bien sûr ! » l’évidence du matériau. Il a presque tous les avantages du bois. Le béton de chanvre, c’est l’âme de la construction et la base d’une construction saine.

Il réunit de très nombreux atouts : Gestion de l’humidité, stockage du CO2, respect de la respiration du mur qui empêche par exemple le développement des moisissures (et bactéries), confort acoustique, confort thermique. Ce résultat est particulièrement important dans cette région chaude du Var car il permet de s’affranchir des climatisations, et du coût de refroidissement.

Il constitue une solution à la fois appréciable économiquement, écologiquement et sûr car encadrée par une assurabilité reconnue.

DB Chanvre : un bureau d’études nouvelle génération ? Pour une santé des bâtiments durable !

DB Chanvre est une véritable interface entre les architectes et les entreprises. J’apporte à ceux-ci ma connaissance du matériau et des constructions bioclimatiques mais aussi mon expérience de métreur, j’assure la conception des appels d’offres, la budgétisation, la planification des différentes étapes du chantier. Aujourd’hui dans le Var, et après avoir construit 2 maisons Passives en béton de chanvre, j’ai de nouveaux projets, notamment via mon réseau d’origine tant en réhabilitation qu’en neuf, comme par exemple le projet d’une extension avec structure métallique et béton de chanvre Tradical® pour une villa.

Vous êtes aussi un fédérateur, quels sont vos autres projets ?

La construction en béton de chanvre est sur la bonne voie : de plus en plus de professionnels et de particuliers s’y intéressent. De même, et c’est très important, le cadre règlementaire s’enrichit. Je m’investis dans l’information, la communication et la formation afin de promouvoir la filière dans la région Paca. Une formation des architectes adaptée est un enjeu majeur.

Il faut surtout que les particuliers et les professionnels réalisent que l’on doit aller vers une vie plus saine et que la maison saine est une priorité

Le site de Daniel Bayol

Des réalisations de DB Chanvre :   Maison Trijau /   Maison Vidauban

Un artiste du patrimoine

Voyage au centre de la pierre

Portrait de Philippe GUERIN, Les Tailleurs de Pierre.
Un entretien empreint d’humanité avec souvenirs, projets, parti pris…

De Felletin dans la Creuse aux six coins de l’Hexagone…

…pour un tour de France indépendant jusqu’à une «  formation  à la restauration et à la conservation du Patrimoine Architectural » sous l’égide du Conseil de l’Europe  centre de formation  ProvenetiaViva à Venise, le parcours de Philippe Guérin  est multi facettes et passion.

Né dans le bâtiment avec une forte hérédité artisanale (grand-père charpentier et père maçon), son attraction pour la pierre le conduit à aborder l’ensemble des aspects du métier.

Conception, études, dessin, connaissance des matériaux et usages régionaux, pose, autant d’approches maitrisées de cette profession !

Après des expériences en entreprises Monuments Historiques, dans une Marbrerie, il devient bientôt chef d’équipe et appareilleur (chef du chantier de taille de pierre).

En 1985 le temps était venu de développer une activité autonome d’abord au sein de l’entreprise paternelle puis à son compte.

Aujourd’hui Philippe Guérin est un homme toujours aussi admiratif et passionné par ce matériau, son expressivité, « un matériau qui me fait vibrer tant par ses qualités techniques qu’esthétiques ».

Quel est votre meilleur souvenir professionnel lors de votre périple de formation ?

La réfection d’un fenestrage dans une église  du village médiéval de Souvigny, dans l’Allier…un vrai challenge et une amicale compétition avec mon Maitre de l’époque qui avait rénové un premier élément  identique.  Redessiné, difficile à mettre en œuvre, j’ai réussi à l’installer en seulement trois semaines : une semaine de moins !

La pierre vous a toujours fasciné, pourquoi ?

Avant tout c’est un matériau naturel, qui vit vraiment…

Un bloc, c’est fabuleux  on l’étudie, on essaie de le comprendre, on le  transforme, on le taille et il devient un élément indispensable de l’édifice. Cela nous rappelle que l’on n’est jamais rien sans les autres…

Plus c’est compliqué, plus c’est passionnant. Le tracé d’une voute, qui semble si simple mais en réalité est très complexe, c’est remarquable.

Juste un trait et derrière, des connaissances, un travail fait de précision et une maitrise discrète aussi bien  pour de petits monuments que des constructions prestigieuses.

La chaux, une complémentarité logique ?

Nous, la chaux, on l’a toujours utilisée ! La chaux aérienne bien sûr, pour les maisons ou les cathédrales…Il y a toujours eu un lien direct avec la pierre, on ne peut pas la maçonner, l’exprimer sans chaux aérienne.

J’adore ce matériau doux au toucher, pour sa plasticité, sa polyvalence. On peut réaliser des fresques, protéger la pierre, faire des frises, des dessins.

Tailleur de pierre et applicateur  de béton de chanvre, un goût pour les matériaux naturels, une anticipation sur l’avenir ?

Ici on retrouve des techniques précédemment utilisées mais en plus contemporain. Le béton de chanvre est un matériau novateur qui a des qualités extraordinaires en termes de thermique, d’isolation. Il ne pollue pas, il ne sent pas mauvais, il démontre un vrai recyclage. Beaucoup de choses sont encore à faire en matière d’environnement. Il complète parfaitement la pierre en rénovation.

Votre atelier, un modèle du genre ?

Je l’espère mais surtout il est fonctionnel et convivial. Un des objectifs était de créer les meilleures conditions de travail pour mes compagnons afin  de proposer une vraie qualité de fonctionnement.

Isolé thermiquement et phoniquement  pour éviter les résonnances fatigantes, il est divisé en plusieurs activités distinctes (débit, taille, marbrerie), ce qui n’est pas l’usage, mais cela s’avère bien plus confortable ! Au-delà de la qualité des machines, l’atelier est équipé d’une cabine d’aspiration pour mettre hors poussière l’ensemble des intervenants du site.

Votre prochain chantier ?

La restauration d’un château du XVᵉ encore entouré de douves, dans le Loir et Cher. Une précédente restauration avait été effectuée avec des enduits à base de chaux hydrauliques inadaptées. Résultat : des remontées capillaires, des auréoles et dégradations peu esthétiques.

J’utiliserai d’ailleurs du Tradical® PZ de BCB dédié aux remontées capillaires mais il faudra beaucoup travailler, gratter, nettoyer…

Une anecdote ?

Une réflexion émouvante d’une cliente…qui m’a vraiment touché :

Un bel escalier en pierre sur 4 étages avait été sauvé et il fallait l’insérer dans un tout aussi beau château. Tâche difficile et formidable car l’escalier avait été conçu pour un volume ovoïde alors que le nouvel espace disponible était de forme carrée ! Un an après je suis retourné sur les lieux et la cliente m’a proposé gentiment «  Venez voir votre escalier !»  Cela ne s’oublie pas !

Exemple de référence chantier

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