Architecture et prise de conscience environnementale

architecture et environnement

Alexis Monjauze, architecte DPLG en écoconstruction, voyageur engagé. Il nous emmène sur la route des matériaux sains comme le béton de chanvre. Sa destination finale: l’architecture en écoconstruction HQE. Embarquement immédiat !

Interview d’Alexis Monjauze le 13 06 2018 par BCB Tradical® lors de la 6ème Rencontre Régionale Tradical® – Sayat (dpt 63)

 

BCB : Votre formation et parcours professionnel ?

AM : Après un bac et un DUT Génie civil, j’ai fait une école d’architecture que j’ai interrompue par 3 années de chantiers et de voyages en Europe (Europe de l’est, Espagne, Italie…) Les voyages ont élargi ma culture architecturale. J’ai ensuite travaillé dans le milieu associatif (sensibilisation à l’environnement) à Lyon. Puis j’ai une expérience de 6 ans dans la maitrise d’ouvrages publiques à Puy-en-Velay (43).

J’ai ouvert mon agence en 2005 au même endroit. Aujourd’hui, nous sommes 5 !

 

BCB : qu’est ce qui a déclenché votre orientation vers l’écoconstruction ?

AM : Ce sont mes parents ! Ils étaient chefs d’entreprise. Ils m’ont transmis la notion de respect de l’environnement et le sens de la responsabilité individuelle (la conséquence de nos actes).

 

BCB : Architecture, pourquoi avoir choisi cette voie ?

AM : L’architecture m’a toujours beaucoup intéressé, c’était ma fibre à moi. Mais pas à n’importe quel prix ! La première évidence pour moi a été de voir que le bâtiment tel qu’il est aujourd’hui est néfaste pour l’environnement. Je n’ai pas envie de participer à cet égarement collectif généralisé ! C’est pour ça que j’ai fait pas mal de boulots avant de monter mon entreprise. Je n’envisage de travailler que dans un objectif d’écoconstruction HQE même si ce marché représente –de 10% dans le bâtiment.

« Les gens n’ont pas conscience de l’impact de leurs choix quand ils achètent, construisent… ce choix va favoriser une forme d’économie (gaspillage ou recyclage). On ne parle pas assez de l’impact des Eco matériaux sur le système de santé »

 

BCB : Comment avez-vous découvert le béton de chanvre ?

AM : Un jour un artisan m’a proposé de faire un dallage en béton de chanvre. J’avais gardé une documentation de l’école d’architecture qui m’avait bien plu., et je me suis penché sur le sujet. Je me suis essayé au béton de chanvre une première fois en 2007. Puis j’ai travaillé avec une entreprise qui maitrise bien ce matériau pour le proposer à un client en 2009.

 

BCB : Quelles sont les qualités du béton de chanvre qui ont attiré votre attention ?

AM : La simplicité ! On a qu’un seul matériau pour composer la paroi. Et son aspect complétement naturel aussi. A l’expérience c’est vraiment très agréable au niveau acoustique, très doux en terme d’ambiance.

« Il se dégage une chose de ce matériau béton de chanvre qui est inexplicable, c’est très apaisant »

 

BCB : Comment conseillez-vous ce matériau à vos clients ?

AM : Tout simplement je le propose et c’est assez souvent accepté ! J’ai du trouver des artisans pour le faire : Les chantiers ont parfois été difficiles car c’est un matériau qui n’est pas toujours bien maitrisé. Heureusement aujourd’hui de plus en plus d’entreprises sont formées et ont de l’expérience. Les premiers bétons de chanvre ont 30/40 ans c’est récent.

C’est sur ce matériau qu’on a les meilleurs retours clients en terme de satisfaction !

 

BCB : Une anecdote ?

AM : Oui, un jour j’ai rencontré des clients qui étaient intrigués par la réglementation thermique pour la construction de leur maison individuelle. Je leur ai expliqué qu’ils n’étaient pas du tout obligés d’avoir un chauffage central. Ils sont restés dubitatifs.

La morale de cette histoire, c’est qu’aujourd’hui la règlementation vous oblige à isoler mais pas assez pour supprimer le chauffage complètement ! Si on isole un petit peu plus notamment grâce au béton de chanvre, on réduit de façon importante le poste chauffage/climatisation !

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