Restauration béton de chanvre par un Maître artisan

Restauration béton de chanvre

Restauration béton de chanvre par un Maître artisan

Henri Boige a intégré le biosourcé comme une évidence dans cette restauration béton de chanvre. Ou comment marier gros-œuvre et isolation naturelle comme une évidence.

Interview de Mme Boige le 23 05 2018 par BCB Tradical® et intervention de Mr Henri Boige le 13 Juin à la 6ème Rencontre Régionale  Tradical® à Sayat (63)

 

BCB : Il s’agit ici davantage d’une reconstruction que d’une restauration

Henri Boige : On est parti d’un tas de pierre. On a déposé ce qui restait de la toiture de cette ancienne maison vigneronne. On a réutilisé ses pierres en les complétant avec des pierres de démolition.

 

BCB : La place de la chaux dans cette aventure ?

HB : On a tout rebâti à la chaux. Et quand il ne s’agissait pas de murs, on a utilisé du béton de chanvre en toiture, en Doublage intérieur, en extérieur.

Chaque solution à la chaux trouve sa place pour bâtir ou isoler

BCB : Le registre de votre intervention est donc très étendu sur ce chantier

HB : On a reconstruit des murs, posé des têtes de murs, modifié ou créé des ouvertures, en respectant les modes opératoires locaux. On a également recréé une génoise sur 3 rangs en gérant l’arrondi pour passer de la façade principale à la façade latérale. On réalise même de la fausse pierre avec une formulation « maison » à base de ciment, que nous retaillons à la boucharde, et dont le résultat est à s’y méprendre ! Technique employée pour cette maison au niveau des chaines d’angles et du poteau présent sur la terrasse.

BCB : Vous innovez également pour la partie Restauration béton de chanvre ?

HB : Pour apporter le meilleur confort thermique à la maison, nous avons mis en place un plancher béton standard mais pour lequel nous avons réalisé un hourdi en béton de chanvre. L’objectif étant d’éviter la perte de chaleur à l’étage. Ce principe permet aussi d’isoler le vide sanitaire.

 

BCB : Vous avez intégré le béton de chanvre pour d’autres phases du chantier ?

HB : On l’a utilisé en toiture. De fait, quand nous avons réalisé la charpente, on a posé des lambris pour faire office à la fois de sous-face finie et de coffrage perdu pour recevoir l’isolation toiture en béton de chanvre.

Nous avons utilisé ce même matériau biosourcé pour isoler par l’extérieur certains murs des façades recevant une finition à la chaux. De même en intérieur où quelques parois recevaient un doublage isolant béton de chanvre, tandis que d’autres murs étaient jointoyés ou enduits.

 

BCB : Que représente ce chantier pour vous ?

HB : Le chantier s’est déroulé sur 3 à 4 années. On en a fait la vitrine de nos savoir-faire en utilisant de très nombreuses techniques ajustées aux ouvrages à réaliser. À noter que le béton de chanvre en projection machine se planifie comme n’importe quelle autre opération.

 

Fiche chantier Restauration béton de chanvre

  • MOA : privé
  • MOE : AML ARCHITECTURE  – Anne Marie LOPEZ
  • Entreprise : Henri Boige | www.boigehenri.com
  • Travaux réalisés :
    • Maçonnage : Tradical® PF 55 + sable local | Chaux de classe FL B 5, conforme à la norme des chaux de construction NF EN 459.
    • Isolation thermique : Béton de chanvre Tradical®.
    • Tradical® Thermo + Chanvribat® | masse volumique 280 kg/m3 |λ = 0.076 W/m.k |classement au feu B-S1, d0 (valeurs certifiées).
    • Enduit à la chaux : Tradical® PF 80 + sable local | Chaux de classe FL A 2 , conforme à la norme des chaux de construction NF EN 459.

Pour aller plus loin : Portrait de Henri Boige

Votre contact
Mickaël Sartout : Conseiller Technique Tradical®, tél 06 07 40 61 06, mickael.sartout@lhoist.com

formation continue béton de chanvre

Formation continue béton de chanvre

Rien n’arrête l’ENC : après le MOOC, mise en place d’une formation continue béton de chanvre. Ce diplôme sera reconnu par l’état.

L’Ecole Nationale du Chanvre se lance dans la formation continue avec la création d’une formation diplômante niveau titre 4 dans le domaine du béton de chanvre. Une reconnaissance supplémentaire pour cette filière.

Présentation du projet : Sophie Barrial | chargée de projets à l’ENC  | 06 2018

BCB : Pouvez-vous nous présenter cette innovation dans le domaine de la formation béton de chanvre, qui fait franchir une nouvelle étape chanvre ?

Sophie Barrial : L‘Ecole Nationale du Chanvre met actuellement à la disposition des professionnels du bâtiment une offre de formation structurée autour de modules courts (1 à 3 jours). Face au développement de l’utilisation du chanvre par les professionnels, nous élaborons actuellement un parcours de formation conduisant à une certification professionnelle et permettant de préparer à l’exercice du métier d’opérateur en construction chanvre. Car celui-ci requérant la mise en œuvre de techniques et d’équipements spécialisés. Ce parcours de formation continue béton de chanvre comprendra des modules portant sur les savoir-faire techniques nécessaires à l’exercice du métier (réalisation de murs banchés, application chaux-chanvre en finition, …) ainsi que des modules portant sur des compétences communes à différents métiers du bâtiment (travail en sécurité, organisation et préparation de chantier, …) et des modules favorisant l’employabilité des candidats (habilitation électrique, CACES, travail en hauteur, …).

 

BCB : Quels sont les constats menant à la création de ce titre ?

SB : La mise en place du titre professionnel « Opérateur Pro-Chanvre » répond à plusieurs constats réalisés par les artisans du secteur :

  • Les jeunes sortant de CAP ne sont, pour beaucoup, pas encore prêts pour être directement opérationnels en entreprise avec les matériaux biosourcés. Et notamment sur la construction chanvre. Il leur faut respecter le niveau de qualité attendu par les clients en application des règles professionnelles en vigueur,
  • Les entreprises peinent à s’ouvrir le marché de la construction chanvre. Car elles n’ont pas en interne les compétences et les effectifs formés à ces procédés constructifs
  • Les parcours de formation et de certifications, ne répondent pas exactement aux besoins émergents des entreprises artisanales face aux enjeux climatiques et environnementaux,

 

BCB : Comment c’est traduit cette analyse ?

SB : Les professionnels du secteur ont donc exprimé leur souhait que soit mis en place un parcours de développement des compétences adapté, qui mène à une certification professionnelle.

Cette certification doit :

  • Etre conçue à partir
    • des règles professionnelles,
    • des pratiques de la profession,
    • de la transmission de savoir-faire
    • des besoins en compétences des entreprises artisanales
  • permettre une articulation avec les diplômes existants (CAP, BP, …). Ceux-ci restent une priorité dans le cadre de l’accès des jeunes aux métiers,
  • valider une maîtrise des fondamentaux du métier tel qu’il est exercé dans l’entreprise artisanale. Avec la prise en compte les différents modes d’utilisation du chanvre, en isolation intérieur, extérieur, toiture, plancher bas, en finition
  • permettre une évaluation de cette maîtrise technique en situation réelle de travail par des professionnels en exercice.

 

BCB : A qui s’adressera ce titre professionnel ?

SB : Ce titre s’adressera indifféremment à des :

  • jeunes, par exemple en complément d’un parcours de formation initiale (post CAP ou BP)
  • salariés en poste et qui présentent des besoins en matière de développement des compétences autour de la construction chanvre
  • adultes en recherche d’insertion ou de reconversion professionnelle dans le domaine de la construction durable,
  • chefs d’entreprise souhaitant s’ouvrir au marché de la construction durable

 

BCB : Quand va démarrer cette nouvelle formation continue béton de chanvre et à quel rythme ?

SB : Nous souhaitons que la première formation puisse démarrer en octobre 2018, avec un effectif pouvant aller de 6 à 10 stagiaires.

Nous souhaiterions trouver une vitesse de croisière en organisant en région Occitanie, une session par an. Au-delà du travail réalisé sur la région Occitanie, ce projet aura une dimension nationale. Nous développerons en effet cette formation sur toute la France.

La formation continue béton de chanvre se déroulera sur 13 semaines et comprendra 3 semaines de stages en entreprise.

A l’issue de la formation, les apprenants ayant réussi à l’ensemble des épreuves d’évaluation pourront alors détenir un titre reconnu par l’Etat de niveau 4.

 

Votre contact : Ecole Nationale du Chanvre | http://ecolenationaleduchanvre.com/

Pour aller plus loin loin : Portrait de Sophie Barrial

amélioration acoustique

Amélioration acoustique et béton de chanvre

Le béton de chanvre pour l’amélioration acoustique d’une cantine scolaire. Guillaume Thoinet a restauré de main de maître cet espace que l’on sait d’ordinaire bruyant, en conservant sont cachet unique.

6è Rencontre Régionale Tradical® : intervention de Guillaume Thoinet, le 13 Juin 2018

 

BCB : Comment se présente le lieu ?

Guillaume Thoinet : Dans cette école de Riom, la cantine est composée de 3 salles distinctes. Le lieu est classé

 

BCB : Quel avantage apporte le béton de chanvre par rapport à d’autres solutions ?

GT : On a tout simplement pu s’adapter avec une grande facilité à la géométrie des pièces. Si on avait mis en place un faux plafond classique, on aurait fait disparaitre les voutes. De plus le positionnement des plaques de plâtre aurait contraint à modifier les ouvertures. Bref que des points négatifs, avec une perte d’identité pour conséquence.

 

Avec le béton de chanvre, respect parfait des formes, des ouvertures

 

BCB : le choix de la solution arrêté, quel a été le déroulé du chantier ?

GT : Nous avons traité 220 m² en doublage isolant béton de chanvre, en 8 cm d’épaisseur, puis complété par 3 cm d’enduit hygrothermique. Le doublage isolant s’est fait en Décembre sur 3 semaines (de la préparation à la mise en place), en projection mécanique. Puis nous avons enchainé la finition en Janvier.

 

BCB : Avez-vous rencontrez des difficultés particulières ?

GT : Il nous a fallu procéder à un réglage précis de la machine pour la projection du béton de chanvre sur les voutes, afin de disposer d’une adhérence parfaite du mélange sur le support.
En dehors de ce point, tout est simplifié au contraire, puisque ce matériau nous permet d’épouser les formes et enlève du coup toute les contraintes dimensionnelles qu’on aurait pu rencontrer avec des solutions classiques.

 

BCB : Quels sont les retours concernant l’amélioration acoustique ?

GT : On a constaté à la réception de l’ouvrage une très forte amélioration dans ce domaine. La livraison est récente, donc on attend avec impatience un retour après ces quelques mois d’utilisation.

Pour en savoir plus sur Guillaume Thoinet : son portrait 

Fiche chantier

  • MOA : public
  • Entreprises : Guillaume Thoinet – 63410 Manzat – son Facebook
  • Avec l’appui de l’entreprise de Laurent Seguin
  • Isolation thermique et phonique : Béton de chanvre Tradical® en Doublage isolant
    • Tradical® Thermo + Chanvribat® | masse volumique 280 kg | l : 0,076 W/m.k | classement au feu B-s1, d0 (valeurs certifiées)
    • Enduit hygrothermique : Tradical® Bâtir + Chanvribat® | classement au feu A2-s1, d0 (valeur certifiée)
architecture et environnement

Architecture et prise de conscience environnementale

Alexis Monjauze, architecte DPLG en écoconstruction, voyageur engagé. Il nous emmène sur la route des matériaux sains comme le béton de chanvre. Sa destination finale: l’architecture en écoconstruction HQE. Embarquement immédiat !

Interview d’Alexis Monjauze le 13 06 2018 par BCB Tradical® lors de la 6ème Rencontre Régionale Tradical® – Sayat (dpt 63)

 

BCB : Votre formation et parcours professionnel ?

AM : Après un bac et un DUT Génie civil, j’ai fait une école d’architecture que j’ai interrompue par 3 années de chantiers et de voyages en Europe (Europe de l’est, Espagne, Italie…) Les voyages ont élargi ma culture architecturale. J’ai ensuite travaillé dans le milieu associatif (sensibilisation à l’environnement) à Lyon. Puis j’ai une expérience de 6 ans dans la maitrise d’ouvrages publiques à Puy-en-Velay (43).

J’ai ouvert mon agence en 2005 au même endroit. Aujourd’hui, nous sommes 5 !

 

BCB : qu’est ce qui a déclenché votre orientation vers l’écoconstruction ?

AM : Ce sont mes parents ! Ils étaient chefs d’entreprise. Ils m’ont transmis la notion de respect de l’environnement et le sens de la responsabilité individuelle (la conséquence de nos actes).

 

BCB : Architecture, pourquoi avoir choisi cette voie ?

AM : L’architecture m’a toujours beaucoup intéressé, c’était ma fibre à moi. Mais pas à n’importe quel prix ! La première évidence pour moi a été de voir que le bâtiment tel qu’il est aujourd’hui est néfaste pour l’environnement. Je n’ai pas envie de participer à cet égarement collectif généralisé ! C’est pour ça que j’ai fait pas mal de boulots avant de monter mon entreprise. Je n’envisage de travailler que dans un objectif d’écoconstruction HQE même si ce marché représente –de 10% dans le bâtiment.

« Les gens n’ont pas conscience de l’impact de leurs choix quand ils achètent, construisent… ce choix va favoriser une forme d’économie (gaspillage ou recyclage). On ne parle pas assez de l’impact des Eco matériaux sur le système de santé »

 

BCB : Comment avez-vous découvert le béton de chanvre ?

AM : Un jour un artisan m’a proposé de faire un dallage en béton de chanvre. J’avais gardé une documentation de l’école d’architecture qui m’avait bien plu., et je me suis penché sur le sujet. Je me suis essayé au béton de chanvre une première fois en 2007. Puis j’ai travaillé avec une entreprise qui maitrise bien ce matériau pour le proposer à un client en 2009.

 

BCB : Quelles sont les qualités du béton de chanvre qui ont attiré votre attention ?

AM : La simplicité ! On a qu’un seul matériau pour composer la paroi. Et son aspect complétement naturel aussi. A l’expérience c’est vraiment très agréable au niveau acoustique, très doux en terme d’ambiance.

« Il se dégage une chose de ce matériau béton de chanvre qui est inexplicable, c’est très apaisant »

 

BCB : Comment conseillez-vous ce matériau à vos clients ?

AM : Tout simplement je le propose et c’est assez souvent accepté ! J’ai du trouver des artisans pour le faire : Les chantiers ont parfois été difficiles car c’est un matériau qui n’est pas toujours bien maitrisé. Heureusement aujourd’hui de plus en plus d’entreprises sont formées et ont de l’expérience. Les premiers bétons de chanvre ont 30/40 ans c’est récent.

C’est sur ce matériau qu’on a les meilleurs retours clients en terme de satisfaction !

 

BCB : Une anecdote ?

AM : Oui, un jour j’ai rencontré des clients qui étaient intrigués par la réglementation thermique pour la construction de leur maison individuelle. Je leur ai expliqué qu’ils n’étaient pas du tout obligés d’avoir un chauffage central. Ils sont restés dubitatifs.

La morale de cette histoire, c’est qu’aujourd’hui la règlementation vous oblige à isoler mais pas assez pour supprimer le chauffage complètement ! Si on isole un petit peu plus notamment grâce au béton de chanvre, on réduit de façon importante le poste chauffage/climatisation !

Béton de chanvre entreprise Thoinet

Béton de chanvre: une belle rencontre

Guillaume Thoinet (entreprise Thoinet maçonnerie) est un amoureux de la pierre et des matériaux naturels. Il a rencontré le béton de chanvre en 2015 et depuis il ne cesse de faire évoluer ces chantiers grâce à ce matériau ! Rencontre avec un passionné au parcours bien tracé :

 

Interview de G. Thoinet le 13 06 18 par BCB Tradical ® lors de la 6ème Rencontre Régionale Tradical® – Sayat (dpt 63)

 

BCB : Racontez-nous votre parcours professionnel :

GT : J’ai un BEP et un CAP maçonnerie, puis j’ai obtenu un CAP de carreleur que j’ai passé en candidat libre. J’ai également un bac pro en gros œuvre et j’ai un BTS bâtiment. Ce BTS m’a permis d’apprendre à gérer des équipes et obtenir des compétences pour être conducteur de travaux.

Après mes études, j’ai travaillé deux ans dans une entreprise Monument Historique sur Clermont Ferrand et j’ai ensuite décidé de m’installer à mon compte en 2008 : j’ai embauché tout de suite une personne car j’ai eu très vite beaucoup de travail !

 

BCB : Vous avez plusieurs cordes à votre arc, où en êtes-vous aujourd’hui ?

GT : Récemment j’ai fait une demande de qualification de « maitre artisan d’art » à la chambre des métiers, je croise les doigts pour l’obtenir cette année. C’est une qualification qui compte beaucoup dans mon métier.

Et je suis aussi revenu à mes « premiers amours » : c’est-à-dire la pierre, c’est un travail artisanal qui me tient à cœur.

 

« Le bâtiment c’est une passion, j’ai toujours su que je travaillerais dans ce domaine, je suis manuel depuis tout petit »

 

BCB : votre activité principale ?

GT : Aujourd’hui on fait 90% bati et pierres ; nous sommes 5 à travailler dans l’entreprise. On travaille a 20km a la ronde environ mais il nous arrive d’aller plus loin lorsqu’on a des chantiers en béton de chanvre.

Ce que l’on fait quotidiennement : rénovations d’habitations, entretien de monuments historiques, mais aussi des fontaines, des croix… c’est différent tous les jours !

 

BCB : Votre rencontre avec le béton de chanvre, c’était comment ?

GT : Je travaille avec ce matériau depuis 2015, j’avais une demande spécifique de la part d’un client. C’est Mickaël Sartout (BCB Tradical®) qui a su démontré que le béton de chanvre répondait aux attentes de mon client.

J’ai donc fait des formations sur les chantiers jusqu’en 2017. Ensuite, j’ai suivi un stage à l’ENC (Ecole Nationale du Chanvre) pendant 3 jours. Cette formation m’a permis de compléter les connaissances acquises sur le terrain. Surtout le cadre réglementaire et l’aspect et théorique que je ne connaissais pas!

 

BCB : Aujourd’hui, c’est un matériau indispensable pour vous. Quelles sont ses qualités ?

GT : Oui, c’était la suite logique que je recherchais pour mon activité de restauration du patrimoine. Ce produit est naturel, noble et au moins centenaire ! Il a des qualités acoustiques et écologiques incroyables.

J’aime beaucoup la technicité du béton de chanvre : ça me correspond totalement. Au final, on revient à ce que nos ancêtres faisaient…

 

BCB : Pourquoi vous aimez travailler le béton de chanvre ?

GT : Ce que j’aime c’est qu’on apporte au client un produit entièrement fini (contrairement à du placo). On a à la fois l’isolation et la finition, on revient au respect du bâtiment. Et c’est recyclable et durable !

« Et puis en 1 an, nous avons multiplié notre chiffre d’affaires par 4 de chaux/chanvre,»

 

BCB : Vous utilisez une machine à projeter le béton de chanvre ?

(démonstration lors des Rencontres Régionales Tradical®)

GT : Le gros de notre activité c’est l’isolation au mur, donc oui nous utilisons une machine pour projeter le béton de chanvre : c’est un vrai gain de temps et en plus ça permet de respecter le compagnon qui l’utilise (moins de fatigue physique qu’à la main). A la main, il faudrait une organisation plus importante avec un rendement nettement inférieur et la qualité et le rendu thermique seraient légèrement moins bons.

 

BCB : Vos chantiers en cours ?

GT : Une rénovation d’un bâtiment en pierre et un chantier neuf d’une maison ossature bois : on s’adapte à tous les types de chantier.

passion bâtiment et vignoble
L'ENC

L’ENC: formation et engagement pour les biosourcés

L’Ecole Nationale du Chanvre (L’ENC) se développe à vitesse grand V et Sophie Barrial y est pour quelque chose ! C’est elle qui est responsable des projets et elle les conduit de A à Z. Zoom sur cette jeune femme, investie et dévouée dans les projets de L’ENC

Interview de Sophie Barrial le 13 06 18 par BCB Tradical® ,lors de la 6ème Rencontre Régionale Tradical® – Sayat (dpt 63)

 

BCB : L’ENC – Ecole Nationale du Chanvre – et vous ?

SB : L’ENC est un organisme de formation. J’en coordonne tous les projets depuis sa création (en 2016). Le Président, Rémy Chorda est la personne référente techniquement en tant que formateur à l’ENC.

Je travaille également à la CAPEB : je représente les artisans. J’ai aidé R. Chorda à faire connaitre le béton de chanvre aux architectes, particuliers et formateurs…

 

BCB : quelles sont les actions que vous avez menées ?

SB : J’ai travaillé sur 2 axes : la demande et l’offre.

La demande : Il m’a fallu communiquer autour de l’excellence du chaux/chanvre. On a fait des démonstrations chantiers, organisé des portes ouvertes, invité des particuliers et architectes…

En parallèle pour que la demande prenne conscience de la qualité du matériau il fallait proposer des artisans formés. On a donc travaillé sur la formation des artisans.

 

BCB : comment les formations ont-elles été mises en place au sein de l’Ecole Nationale du Chanvre ?

SB : l’ENC a participé au programme PACTE (Programme d’actions pour la qualité de la construction et la transition énergétique) qui était un appel à projet du ministère du logement. Nous avons été lauréat sur l’aspect professionnalisation des entreprises du bâtiment.

Au sein de cet appel à projet nous avons défini des formations courtes (3 à 9 jours), et des formations en ligne (MOOC) – grâce à la plateforme ADEME –  Le MOOC a été un vrai succès : 1 500 participants dont une majorité d’architectes (prescripteurs)

 

BCB : la prochaine étape de l’ENC ?

SB : On travaille sur la 3eme étape : l’élaboration d’un titre professionnel « opérateur en chanvre » qui demande des compétences spécifiques. Cette formation s’adresse à des jeunes qui sortent de l’école, à des reconversions professionnelles, et aussi à des professionnels qui souhaitent valoriser leur démarche chaux/chanvre.

 

BCB : Racontez-nous-en plus sur vous :

SB : J’ai un master en management d’entreprises. J’ai intégré la CAPEB en 2009 où j’ai été secrétaire jusqu’en 2015.

Depuis 2015 je partage mon temps entre la CAPEB et l’ENC !

A la CAPEB, on accompagne les artisans sur toute leur gestion quotidienne (normes, droit…)

A l’ENC, l’ingénierie pédagogique c’est quelque chose de complétement nouveau pour moi, c’est hyper passionnant et ça m’apporte de nouvelles compétences.

 

BCB : Une anecdote ?

SB : J’en ai une qui m’a beaucoup fait sourire ! Je me rappelle d’un salon national à Paris, auquel l’ENC a participé. Un représentant de l’ordre nationale des architectes nous a demandé : « l’Ecole Nationale du Chanvre se situe dans quel arrondissement ? », je lui ai répondu « nous sommes basés en Lozère » : il avait l’air très surpris.

Tout ça pour dire que même dans des territoires très ruraux il se passe de belles choses ! (rires)

climatiseurs et CO2

Comment les climatiseurs réchauffent la planète

Cet article du Monde évoque le paradoxe des coûts énergétiques en période chaude et donc des émissions de CO2 qui sont en très forte hausse, pour cause de climatisation en Chine, en Inde…lorsque l’augmentation du niveau des revenus de tout un chacun permet enfin d’améliorer ses conditions de vie. Mettant à mal les gains énergétiques obtenus de haute lutte grâce à l’amélioration des performances thermiques de l’habitat en période froide.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2018/05/15/comment-les-climatiseurs-rechauffent-la-planete_5299213_3234.html

Avec une construction en Bétons de Chanvre Tradical®, il n’y a pas besoin de climatiser…voir les articles :

isoler ses combles

Isoler ses combles pour être au frais naturellement

La toiture est source de perte d’efficacité thermique en hiver et en été. Donc isoler ses combles est l’acte premier à réaliser en rénovation. Avec comme conséquence immédiate de réduire fortement le coût énergétique en supprimant le besoin de climatisation en été.

Nous avons échangé sur le sujet avec Dominique Burg, un spécialiste de la rénovation écomatériaux, établi aux portes du Quercy. Ce territoire préservé écologiquement l’a amené tout naturellement sur les solutions bétons de chanvre, pour être en phase avec l’engagement de ses clients.

Il construit également. La maison en cours est l’occasion pour lui de tester différents modes opératoires pour gagner en efficacité chantier avec ce type de matériau.

  • 1/2 Entreprise SEE Burg
  • Interview de Dominique Burg le 14 05 2018 : BCB Tradical®

 

BCB : Pourquoi vous accordez une telle importance à la qualité d’isolation des combles ?

Dominique Burg : Dans notre région, le facteur ensoleillement est important avec des températures moyennes en été autour de 30°C. Donc pour gagner en confort, je milite pour la mise en place d’une isolation efficace en cette période qui soit capable de neutraliser la surchauffe.

Bénéficier de combles aménagés confortables à vivre est un vrai plus pour un propriétaire. Et ma démarche consiste justement à proposer une solution sans impact environnemental, et sans coût énergétique.

Le béton de chanvre dans ces conditions est la réponse idéale pour isoler ses combles.

 

BCB : Vous aviez essayé d’autres solutions sur de précédents chantiers ?

DB : J’ai utilisé effectivement des isolants légers, ouate, laine…mais cela ne fonctionne pas en été. Si on ne dispose pas de climatisation, les combles aménagés ne sont pas utilisables. En sachant que la climatisation demande un entretien important. Et climatiser implique de la consommation énergétique.

On ne peut pas consommer plus d’énergie en été qu’en hiver. La question qui se pose est bien celle du comment refroidir. Les gens cherchent une qualité de vie dans le bâti.

Et le béton de chanvre est aussi efficace en été qu’en hiver

 

BCB : Comment organisez-vous la mise en œuvre ?

DB : Nous profitons de ce chantier pour tester des modes d’applications différents. Toujours dans l’objectif de l’efficacité chantier. Ainsi nous avons comparé les temps de mise en œuvre entre une solution projection machine du béton de chanvre et une préparation en centrale à béton mobile + mise en place avec un godet télescopique.

 

BCB : Quelles différences notoires ressortent de ces 2 process ?

DB : Pour la projection machine nous avons mis le matériel en hauteur afin de diminuer la longueur de tuyau et de le laisser le plus horizontal possible. Et ce, afin de disposer du meilleur rendement possible qui est de 3 m3/h.

Pour la centrale à béton mobile, on fonctionne complètement différemment puisqu’on prépare une grosse quantité de béton de chanvre, jusqu’à 40 m3 à l’heure. Le mélange chaux Tradical® + chanvre Chanvribat® + eau est très qualitatif. Le rendement réel étant cadencé ici par le rythme de mise en place du béton de chanvre en toiture

 

BCB : Comment traitez-vous l’aspect coffrage perdu ?

DB : Là aussi, j’en profite pour tester 2 solutions bien différentes. Dans un cas j’ai un coffrage perdu réalisé avec des panneaux type panneau hauteur d’étage. L’avantage est qu’on peut réaliser directement la finition sur ces supports. Dans le 2è cas, j’ai fait mettre en place des voliges en peuplier. Ce support est plus résistant, et présente également l’avantage de dissocier la finition du coffrage perdu et donc de la mise en œuvre du béton de chanvre

 

BCB : Vous vous êtes également programmé pour les autres composantes de la maison ?

DB : Nous allons comparer les 2 types de mises en œuvre également pour la réalisation des murs isolants sur 120 m² et des chapes isolantes en béton de chanvre Tradical®. Nous mettrons en place une finition extérieure enduit chaux + sable. En intérieur, nous allons panacher enduits chanvre hygrothermique et enduits terre + chaux. Le chauffage sera assuré par un poêle de masse.

Et la maison sera bientôt prête pour démontrer toute son efficacité aussi bien cet été que dans les saisons à suivre

 

Fiche Chantier 

  • MOA et MOE : Dominique Burg
  • Commune : Saillagol (dpt 82)
  • Surface : 160m2,
  • Altitude : 300 m
  • Zone climatique : H2c
  • Isolation : Béton Chanvre Tradical® application Toiture / Mur / Chape
    • Avec Tradical® Thermo + Chanvribat®
      • Couple de matériaux validé et conforme aux exigences performantielles demandées par les règles professionnelles
      • Classement au feu certifié
      • Lambda certifié de 0.056 W/m.k pour isoler ses combles et 0.076 W/m.k en mur

 

Pour aller plus loin avec l’entreprise SEE Burg

Pour toutes précisions

  • Entreprise SEE Burg – Saillagol (dpt 82) – www.burg-construction.com
  • Contact Tradical® : Frank de Barros, Conseiller Technique, tél : 06 71 93 81 32
Valoriser des solutions écologiques comme le béton de chanvre

Valoriser des solutions écologiques

Dominique Burg a positionné son entreprise sur le marché de l’écorénovation avec le béton de chanvre. Valoriser des solutions écologiques, ou comment répondre à un marché tourné résolument vers la préservation du patrimoine et de la qualité d’habiter dans un territoire préservé

  • 2/2 Entreprise SEE Burg
  • Interview de Dominique Burg le 14 05 2018 : BCB Tradical®

 

BCB : Comment avez-vous découvert le béton de chanvre ?

Dominique Burg : Nous sommes aux portes du parc des Causses du Quercy. Il n’y a pas de maisons construites à la chaine ici. Les gens cherchent les solutions qui conviennent par rapport au bâti ancien. Et c’est au travers d’actions menées par Maisons Paysannes de France que j’ai découvert le chanvre

 

BCB : C’était en quelle année ?

DB : En 2002. J’ai réalisé à cette époque mon 1er chantier en béton de chanvre banché. Puis j’ai fait d’autres chantiers auprès de clients fidèles et d’amis. J’exerce depuis 1990, en ayant pris la suite de l’activité de mon père. Donc cette antériorité sur le territoire m’a permis de tisser des liens de confiance auprès des Maîtres d’Ouvrages.

 

BCB : Quels sont les arguments pour faire valider des solutions bétons de chanvre ?

DB : Dans ma région, où la rénovation est le marché principal, un client sur deux est demandeur de ce type de solutions. Et qui dit rénovation, dit réaménagement des combles sur la plupart des chantiers. Le béton de chanvre est alors la solution idéale pour s’inscrire dans l’existant, avec un fonctionnement qui change du tout au tout la qualité de vie à l’intérieur du bâti : qualité sanitaire, habitat tempéré…

 

BCB : Est-ce que ces solutions d’écoconstruction ou écorénovation évoluent ?

DB : Les procédés et les matériaux s’améliorent. Donc nous avons conforté nos connaissances au travers d’une formation, à Mende, au sein de l’Ecole Nationale du Chanvre, en Janvier 2018. C’est dire notre engagement.

 

Pour aller plus loin avec l’entreprise SEE Burg

Pour toutes précisions

  • Entreprise SEE Burg – Saillagol (dpt 82) – www.burg-construction.com
  • Contact Tradical® : Frank de Barros, Conseiller Technique, tél : 06 71 93 81 32